
C’était l’un des moments attendus de l’opération «Redevabilité» organisée par le ministre de la Communication et Médias Patrick Muyaya et diffusée sur la RTNC. Face aux journalistes Sandra Nyangi et Blaise Bokokia, la ministre de la Jeunesse et de l’Éveil patriotique Grâce Kuthino et le ministre de la Formation professionnelle Marc Ekila Likombo ont présenté, à leur tour, le bilan de leur première année au sein du gouvernement Suminwa II. Deux ministères différents, mais une même cible: les jeunes.
Kuthino: du Village aux centres de réinsertion
Pour Grâce Kuthino, tout part du Village des opportunités. Lancé à Kinshasa puis à Lubumbashi, ce forum itinérant se veut un guichet unique où le jeune trouve formation, stage et financement. Le bilan chiffré: plus de 2 000 jeunes formés, plus de 1 000 placés en stage, une trentaine financée pour lancer son activité. La ministre assure que des contrats d’embauche ont déjà été signés à l’issue de ces rencontres.
Mais c’est sur le numérique que porte l’annonce la plus massive: 250 000 jeunes à former aux métiers du numérique et de la cybersécurité grâce à un partenariat avec Cisco et Cybastion. Une première vague de 121 formateurs a été certifiée. Airtel, partenaire du programme, s’est engagé à fournir cinq ans de connexion gratuite aux apprenants et aux formateurs. Autre mesure sociale: la Carte Avantage Jeune. Réservée aux 15-35 ans, elle doit offrir des réductions dans les transports, la santé, les loisirs et l’accès à l’emploi. Son déploiement est annoncé avant fin 2026.
Enfin, le volet le plus sensible: la réinsertion. Cinq centres pilotes sont annoncés pour début 2027 à Kinshasa, Mbuji-Mayi, Kalemie, Lubumbashi et au Kongo Central, pour accueillir les jeunes en rupture, notamment ceux impliqués dans le phénomène Kuluna. Au programme: formation professionnelle et accompagnement psychosocial, avant une extension progressive aux 26 provinces.
Ekila: la fin du mythe de la main-d’œuvre non qualifiée
Pour Marc Ekila Likombo, le diagnostic est connu: on entend partout que «la main-d’œuvre congolaise n’est pas qualifiée». Sa réponse: la certifier. Longtemps sous tutelle de l’EPST, son ministère est autonome depuis près de dix ans. Pour la première fois, il s’est doté d’une Politique nationale de formation professionnelle sur dix ans.
Son outil: le document «145 territoires de la formation professionnelle». Chaque territoire a ses besoins: maçon au Kwilu, électricien au Lualaba, transformateur agricole à l’Équateur. L’objectif est de former au plus près du lieu de vie. Conséquence: la construction de centres publics modernes. Exemple phare cité: l’ITA Mont Ngafula à Kinshasa et un premier centre dédié aux métiers miniers à Dilala, dans le Lualaba.
Le ministre a aussi mis en avant la Validation des acquis de l’expérience (VAE) pour reconnaître les compétences de l’informel, avec déjà 22 000 inscrits, ainsi que la formation de plus de 7 000 dépendants de militaires et policiers. Au centre de Mombele à Kinshasa, 800 jeunes ont été accompagnés vers l’entrepreneuriat, avec 55 entreprises créées à la clé.



