
Vendredi 13 mars, la Société nationale d’électricité -SNEL- a dépêché une mission de haut niveau à Lusaka pour tenter de mettre un terme à un différend énergétique qui paralyse certains territoires frontaliers depuis huit ans. À la tête de la délégation : l’ingénieur Teddy Lwamba, directeur général de la SNEL, entouré du rapporteur de la Commission Infrastructures de l’Assemblée nationale et d’élus des zones concernées.
Objectif affiché: rencontrer le secrétaire exécutif du Southern African Power Pool -SAPP- et le directeur général de ZESCO afin de négocier une solution durable au litige et sécuriser l’alimentation des cités frontalières de Sakania, Mokambo, Kasenga et Pweto. Ces localités, fragilisées par des ruptures récurrentes, sont au cœur des préoccupations sociales et économiques de Kinshasa. La démarche répond à une stratégie claire: faire de l’échange d’énergie un pilier d’intégration régionale plutôt qu’une rustine ponctuelle. L’interconnexion transfrontalière est présentée comme un filet de sécurité -nécessaire mais secondaire- pour garantir la continuité du service lorsque les capacités locales sont mises à l’épreuve.
Pour Teddy Lwamba, il s’agit autant de restaurer l’ordre que d’affirmer la souveraineté énergétique de la République Démocratique du Congo. La mission veut conjuguer impératifs sociaux -améliorer durablement le bien-être des populations frontalières- et ambitions politiques, en sortant d’années d’impasse par la voie diplomatique.
La présence d’élus locaux dans la délégation souligne l’enjeu territorial de ces négociations: il ne s’agit pas seulement de contrats entre opérateurs, mais de services publics essentiels pour des communautés entières. Les discussions à Lusaka doivent préciser les modalités techniques et institutionnelles d’un accord viable. Après huit ans de blocage, la SNEL engage une offensive de négociation qui pourrait redessiner la coopération énergétique régionale. Les prochains jours de pourparlers à Lusaka seront déterminants pour savoir si Kinshasa parviendra à transformer cette dynamique en résultats concrets pour les territoires frontaliers.


