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Finances publiques: la démonstration de force de Doudou Fwamba

C’est l’image que l’équipe Suminwa II voulait pour son An 1. Pas un ministre qui se défend, mais un ministre qui démontre.

Invité du grand oral «Redevabilité – Où va l’argent de l’État ?» sur la RTNC, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi est arrivé avec ses graphiques face à Willy Kalengayi et Élysée Odia. L’exercice est devenu rituel, mais cette fois l’argentier national a voulu clore une polémique: celle des eurobonds et d’une République Démocratique du Congo qui s’endetterait trop.

Sa réponse tient en un chiffre projeté à l’écran, clair dans sa simplicité. Alors que les économies de la SADC affichent un ratio d’endettement moyen de 55 à 60% du PIB, la République Démocratique du Congo, même après sa récente émission obligataire, reste à 20,4%. Mieux, le service de la dette pèse moins de 10% de ses recettes internes. Pour le ministre, assis à côté de son collègue des ITP, John Banza Lunda, le constat est donc inverse à celui de ses détracteurs. «Nous avons des moyens. Le taux de change est maîtrisable grâce à la stabilité du cadre macroéconomique. Il est révoltant d’avoir cette marge et de ne pas agir», a-t-il lancé.

La route comme assiette économique

C’est là que le ministre fait le lien entre dette et transformation. Pour Doudou Fwamba, s’endetter n’a de sens que si l’argent emprunté finance ce qu’il appelle les assiettes économiques. Et la première de ces assiettes, c’est la route.

Dans un pays-continent où le coût de transport peut représenter jusqu’à 40% du prix final d’un produit agricole, l’absence de routes est un impôt invisible sur la croissance. Relier les bassins agricoles du Kasaï, du Kwilu ou du Haut-Katanga aux centres de consommation, c’est mécaniquement baisser l’inflation, augmenter le revenu du paysan et créer un marché intérieur.

À cela s’ajoutent les autres infrastructures de base qui changent l’équation économique. L’énergie d’abord, sans laquelle aucune usine de transformation ne peut tourner. L’eau et les infrastructures sanitaires, qui sont un investissement direct en capital humain. Les corridors logistiques et les ponts, qui désenclavent des provinces entières.

Pour le ministre, ces infrastructures ne sont pas des dépenses, mais des multiplicateurs. Chaque kilomètre de route bitumée génère des externalités positives: des emplois directs sur les chantiers, des emplois indirects dans le transport et le commerce, et surtout la fin de ce qu’il nomme le chômage de masse, ces millions de jeunes actifs sans productivité faute d’accès au marché.

C’est cette vision qui justifie le recours à l’endettement pour l’An 1, établit Fwamba dans cet exercice de transparence conçu par son collègue de la Communication et Médias, Patrick Muyaya.

La deuxième partie de sa démonstration touche au cœur du quotidien des Congolais: l’inflation. Là aussi, la courbe parle d’elle-même. D’un pic à 23,8%, l’inflation est retombée à 11,7% puis à moins de 7% en septembre 2025. En glissement annuel, elle flirte aujourd’hui avec les 2,3%. Un niveau que le pays n’avait plus connu depuis la période 2012-2014. Le ministre y voit le fruit de quinze mois d’efforts conjoints avec la Banque centrale du Congo -BCC- pour stabiliser le franc congolais. «Ce type d’inflation n’arrive pas tous les dimanches», a-t-il insisté.

Reste le dernier verrou, celui de la crédibilité internationale. Doudou Fwamba a pris soin de retracer le long cheminement de la notation souveraine, entamé autour de 2020 avec Citibank et l’actuel directeur général d’Equity-BCDC. Si son prédécesseur avait déjà fait franchir au pays le cap de CCC à B- avec perspective stable, son équipe revendique désormais le passage à B- avec perspective positive chez Standard & Poor’s. Ce renforcement, fruit selon lui de six mois de travail dans le silence et d’un roadshow à travers les capitales financières pour «présenter la République Démocratique du Congo qui n’est pas celle qu’on raconte», est le sésame qui a rouvert les portes des marchés.

Au final, la doctrine Fwamba pour l’An 1 du gouvernement Suminwa II est assumée: la République Démocratique du Congo n’est plus un pays sous assistance qui craint la dette, c’est un pays qui, fort de ses fondamentaux, choisit de s’endetter pour construire les routes et les infrastructures qui doivent porter sa diversification. Les chiffres sont posés et l’Exécutif travaille à les rendre visibles sur le terrain.

KISUNGU KAS

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