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Etienne Tshisekedi: rapatriement incertain

A la veille de la commémoration de la date du 30 juin marquant l’accession de la RD-Congo à la souveraineté nationale et internationale, l’Union pour la démocratie et le progrès social -UDPS- fait savoir que la promesse du gouvernement de rapatrier le corps de son ancien président, Etienne Tshisekedi, décédé à Bruxelles le 1er février 2017, «est un lapin blanc et un poisson d’avril». Il y a trois mois, Henri Mova Sakanyi, vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et Sécurité, avait annoncé le retour en RD-Congo de la dépouille mortelle d’Etienne Tshisekedi avant fin juin 2018. Le premier semestre tire à sa fin et rien de concret n’est réalisé dans ce sens. Il y a un dialogue des sourds entre les parties en présence, à savoir la famille biologique et politique de l’illustre disparu ainsi que le gouvernement RD-congolais. Basile Olongo, vice-ministre de l’Intérieur et Augustin Kabuya, secrétaire général adjoint de l’UDPS ont été interrogés sur ce rapatriement par Radio Okapi. 
 
Décédé à Bruxelles des suites d’une embolie pulmonaire depuis le 1er février 2017, le corps d’Etienne Tshisekedi n’est toujours pas rapatrié en RD-Congo. Les discussions entre la famille du défunt et le gouvernement RD-congolais ne connaissent pas encore une issue favorable à cause de la persistance des divergences des vues.
Pendant qu’au mois d’avril 2018, Henri Mova avait annoncé avec fracas le retour en RD-Congo de la dépouille d’Etienne Tshisekedi avant fin juin, le sixième mois tend à sa fin et «rien n’est fait depuis cette déclaration d’intention», a confié mercredi 27 juin, à Radio Okapi, Augustin Kabuya, secrétaire général adjoint de l’UDPS en charge de la communication, mobilisation et implantation.
«Je pense qu’au stade actuel, le gouvernement RD-congolais n’a rien fait. Ce n’était qu’un lapin blanc et un poisson d’avril. Puisque la signature est intervenue au mois d’avril, c’est pourquoi j’appelle ça poisson d’avril», a fustigé Augustin Kabuya. Selon lui, l’UDPS et le gouvernement avaient eu une réunion de travail, au cours de laquelle, Henri Mova «avait annoncé à la face du monde, devant la presse tant nationale qu’internationale que le corps sera rapatrié avant le 30 juin». Le SGA de l’UDPS a également évoqué la rencontre avec le vice-ministre de l’Intérieur quant à ce.
«Après cette annonce, nous nous sommes retrouvés avec son adjoint, le vice-ministre de l’Intérieur, Basile Olongo. Il nous a laissé entendre que comme son titulaire était en déplacement au
Katanga, c’est lui qui pouvait ordonner toutes les dépenses, et qu’à son retour tout sera exécuté. Nous lui avons fait confiance. Depuis ce temps-là jusqu’à ce jour, rien n’est fait
», a regretté Augustin Kabuya. Des propos qui laissent transparaitre que c’est l’Exécutif qui serait à la base du blocage de ce rapatriement.
Optimisme de Basile Olongo pour une suite heureuse
Pour sa part, intervenant sur cette question, Basile Olongo, vice-ministre de l’Intérieur s’est abstenu de toute polémique en annonçant que la dépouille de feu Etienne Tshisekedi sera bel et bien rapatriée et inhumée en RD-Congo, sa terre natale. Pour Olongo, dans les prochains jours, une rencontre entre le gouvernement, la famille, ainsi que le parti du disparu se tiendra à nouveau pour une évaluation des données techniques autour du rapatriement du corps de l’ancien premier ministre honoraire. «Moi, je pense que ce qui est important et la question à laquelle je suis pressé de répondre, c’est de savoir: est-ce que les trois parties vont encore se rencontrer pour travailler? Je dis rapidement oui», telle est a été sa réponse. Basile Olongo a déclaré que toutes les personnes concernées par ce dossier sont à Kinshasa, et que la reprise des réunions s’impose «pour enfin obtenir les données techniques qui manquaient et permettre au vice-Premier ministre d’engager le gouvernement afin de trouver les moyens le plus rapidement possible et avancer».
Et d’ajouter: «Je ne peux pas me hasarder à avancer une quelconque date. Mais ce qui est important, c’est de savoir qu’on regarde dans la même direction. La dépouille de feu Etienne Tshisekedi sera rapatriée au Congo. Il sera enterré dans son pays, la terre natale».
Les parties prenantes campent sur des convergences parallèles 
A la mort du sphinx de Limete, le problème s’est posé au sujet de l’endroit de l’organisation de ses obsèques et de son enterrement. Les combattants ont souhaité qu’au regard de son combat politique, Etienne Tshisekedi soit enterré au Palais du peuple où devait être érigé un mausolée en son honneur. Une proposition rejetée par le gouvernement au point d’amener le gouverneur de la ville de Kinshasa à réserver une place au cimetière de la Gombe. Refus catégorique des combattants de l’UDPS. La fille aînée de l’Opposition a entamé les travaux de construction du mausolée en son siège national sis, petit boulevard, 10 rue, Limete résidentiel. Ce chantier n’a jamais abouti, le gouvernement ayant opposé son véto.
En avril 2018, un accord a été signé entre le gouvernement représenté par Henri Mova d’une part, et Jean-Marc Kabund au nom de l’UDPS et Mgr Mulumba représentant de la famille biologique d’autre part. Cet accord prévoyait la prise en charge par le gouvernement de tous les frais relatifs à l’organisation des obsèques d’Etienne Tshisekedi partant du rapatriement du corps depuis Bruxelles à l’inhumation à Kinshasa. Il a été convenu que le défunt soit enterré dans une concession familiale dans la commune de la N’Sele et que les obsèques officielles soient organisées au Palais du peuple pour lui rendre les derniers hommages. Jusqu’à ce jour, cet accord souffre d’application.
Octave MUKENDI

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