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RDC : L’enjeu va au-delà de Malonda

A l’approche de la date du 9 juillet 2020, la tension monte à Kinshasa et sans d’autres grandes villes. Messages de mobilisation, mots d’ordre, tracts, les menaces,… pour les 9, 13, 19… juillet, se multiplient sur les réseaux sociaux. Les jours difficiles promis par le Cardinal Ambongo, le 30 juin, sont là. L’enjeu dépasse la controverse autour de l’entérinement de Ronsard Malonda comme délégué des Confessions religieuses. C’est l’avenir de la coalition FCC-CACH qui se joue. C’est également le sort des institutions, particulièrement celui de l’Assemblée nationale qui se joue. «Les jours prochains seront difficiles. Et je tiens ici à demander au peuple de se tenir en ordre de marche. Lorsque le moment viendra, lorsqu’ils s’obstineront à faire passer ses lois et ce personnage à la tête de la CENI, il faudra qu’il nous trouvent sur leur chemin», prêchait, si on peut le dire, le Cardinal Ambongo. Le défi a été ainsi lancé à l’Assemblée nationale et à la coalition CACH. L’Eglise Catholique s’engage dans une joute avec l’Etat RD-congolais. La preuve se trouve dans ses propos d’Ambongo: «On ne peut pas continuer, après 60 ans de l’indépendance du pays, à diriger par défi, par mépris du peuple, par mépris de l’Eglise Catholique et de l’Eglise protestante». Bien que le pays soit un Etat laïc comme le consacre l’article 1er de la Constitution, Ambongo estime que sa confession et l’ECC se confondent au peuple et ont plus de légitimité que les institutions établies. Les 6 autres Confessions religieuses ne sont rien. «60 ans après l’indépendance, les églises des colonisateurs tiennent encore des discours du temps de la colonisation. C’est malheureux!», s’exclame un observateur choqué.

L’état RD-congolais ploiera-t-il?

Tous les observateurs trouvent normal que Lamuka, le CLC, Filimbi, etc. répondent à l’appel du Cardinal comme en 2018 avec le Cardinal Monsengwo. Déjà, les rencontres de Mike Hammer avec le Cardinal et les autres leaders de Lamuka laissent supposer des actions préparées conjointement. Ce qui étonne, c’est l’entrée en danse de l’UDPS, parti présidentiel et membre de la coalition au pouvoir. Le parti a prévu une marche pacifique le jeudi 9 juillet. Certaines sources avancent que, blessé dans son orgueil, Jean-Marc Kabund chercherait à régler des comptes à ce Parlement qui l’a déchu du poste de 1er vice-président. Ce qui est plausible. D’autres estiment que sa démarche revient à scier l’arbre sur lequel son parti et le Président de la République sont assis. «Si l’UDPS va dans la rue et s’oppose à Ronsard, cela signifierait que Kabund reconnaît la victoire de Martin Fayulu. Et donc le Président devrait démissionner, les députés aussi, ceux de l’UDPS en premier», lâche-t-on. Le même 9 juillet, le PPRD et d’autres mouvements citoyens annoncent des marches pour soutenir les institutions, pour le premier, et soutenir Malonda, pour les autres. De sources bien informées justifient cette agitation par le fait que la Communauté internationale, exclue du dernier processus électoral dernier, entendent reprendre leur place et peut-être financer les élections prochaines. Voilà qui leur conférait un pouvoir sur la suite. Wait and see.

HRM

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