Elikya Mbokolo contre un 3ème mandat de Kabila

L’historien Elikya Mbokolo a, lors d’une interview à «Radio Okapi», indiqué qu’il se retirera du Front Commun pour le Congo -FCC- si Joseph Kabila brigue un troisième mandat. «Il y a un préalable: c’est la question constitutionnelle. Est-ce que le Président Kabila sera candidat ou non, la Constitution le lui interdit. Est-ce qu’il y aura des manœuvres pour qu’il se présente quand même?», s’est interrogé le Professeur Elikya Mbokolo. Et de rappeler: «vous savez que dans tous les pays, même ceux les plus démocratiques, la règle d’or des hommes politiques est qu’une bonne magouille vaut mieux que de mauvaises élections». Pour cet historien, si Joseph Kabila dépose sa candidature au 8 août prochain, beaucoup de membres du FCC qui pensent que le deuxième mandat suffit pour lui, sortiront de ce grand regroupement politique qui soutient le candidat unique de la Majorité présidentielle -MP- à la présidentielle de décembre 2018. Le dépôt des candidatures pour la présidentielle et les législatives au Bureau de réception et traitement des candidatures -BRTC- de la Commission électorale nationale indépendante -CENI-  se tiendra du 25 juillet au 8 août 2018.

M’bokolo sceptique par rapport à la tenue des élections

Contrairement à ce que le Président de la République Joseph Kabila a déclaré dans son discours du jeudi 19 juillet sur l’état de la nation, que le cap des troisièmes consultations électorales, fixées en décembre prochain, reste maintenu et que la RD-Congo va seule financer les élections, Elikya M’bokolo a exprimé ses doutes sur la tenue des élections à la date prévue par le calendrier électoral. Il a indiqué, lors de l’émission «Equipe nationale» diffusée sur les antennes de plusieurs télévisions émettant en RD-Congo, que le pays de Lumumba a de problème financier pour organiser les élections le 23 décembre 2018. «Nous sommes au mois de juillet, les dispositions pratiques ne sont pas réunies. Ça ne se passe pas comme ça. Si une mère souhaite que ses enfants mangent à midi, elle fait son marché le matin à 7 heures, prépare et coupe les oignons à 9 heures. Nous voulons manger demain, mais, aujourd’hui, nous ne savons pas ce que nous allons manger. Nous n’avons même pas la braise», a-t-il illustré en lingala au cours de la même émission. Et d’expliciter: «je ne doute vraiment pas, mais de ce que je vois, ce sera difficile. Nous n’avons pas d’argent. Où irons-nous trouver l’argent? On s’est disputé avec tout le monde, l’Union européenne, les Américains, etc. Où trouverons-nous l’argent?… Si Nangaa dit que tout va bien, ce qu’il ne dit pas ce qui est conforme à la réalité». Elikya Mbokolo pense qu’il n’est pas tard pour trouver de financement. Pour lui, la RD-Congo peut emprunter de l’argent, car elle a des garanties à donner.

L’historien confiant envers le FCC

Le Professeur Mbokolo a signé le 14 juillet 2018 la Charte constitutive du FCC. «La Charte pour moi s’inscrit dans une série d’activités que je fais. C’était d’abord les Concertations nationales ensuite le Conclave de la cité de l’Union africaine. Donc, le FCC c’est la poursuite normale des activités qui visent à instaurer une véritable réconciliation de l’ensemble des RD-Congolais. Réconciliation ne veut pas dire que tout le monde pense la même chose. Mais ça veut dire pour débattre, on débat dans des espaces prévus pour cela», a expliqué le Professeur à «Actualite.cd». L’historien souhaite l’extension du FCC à travers tout le pays, espérant que la plateforme va défendre la souveraineté de la RD-Congo. «Il faut que nous arrêtions avec l’émiettement de petits partis qui se disputent sur les problèmes mineurs. Nous devons arriver à une large plateforme qui réunit le plus grand nombre de RD-Congolais qui s’inscrivent dans la dynamique actuelle de la préparation des élections et qui ont des objectifs politiques. Ceux qui militent pour l’indépendance du pays pour le respect de notre souveraineté. Ceux qui ont des objectifs économiques de développement», a proposé Elikya Mbokolo. Et de rassurer: «je crois que le FCC c’est une dynamique qui va faire tâche d’huile. Nous commençons ici à Kinshasa. Elle va faire tâche d’huile dans l’ensemble du Congo probablement aussi dans la diaspora pour que les choses commencent à changer réellement dans le respect de la souveraineté et de notre identité».

Tino MABADA

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