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Sud-Kivu: la frontière Uvira-Gatumba rouvre ses portes

Le poumon économique entre la RD-Congo et le Burundi respire à nouveau. Lundi 23 février 2026, le poste frontalier de Kavimvira-Gatumba a officiellement repris ses activités, mettant fin à plus de deux mois d’une fermeture imposée par l’instabilité sécuritaire. C’est une ambiance de soulagement qui a régné dès l’aube aux abords de la rivière Ruzizi. Sans faste ni ruban coupé, mais avec une efficacité pragmatique, les services migratoires de deux pays ont rétabli le passage.

Cette décision, confirmée la veille par le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi Sadiki, intervient après une période de vide sécuritaire critique provoquée par l’incursion des rebelles de l’AFC/M23 dans la ville d’Uvira en décembre dernier. Désormais, le poste est ouvert quotidiennement de 08h00 à 17h00. Maurice Mbonimpa, commissaire général des migrations du Burundi, a toutefois rappelé que la vigilance reste de mise. «Le passage est strictement conditionné à la présentation de documents de voyage valides et de visas en règle», a-t-il souligné.

Pour les populations riveraines, cette fermeture était devenue, insupportable. À Uvira, les prix des produits de première nécessité s’étaient envolés, tandis qu’à Bujumbura, de nombreux petits commerçants burundais se trouvaient privés de leurs principaux débouchés. «Je fais le petit commerce à Uvira, je pars acheter mes marchandises à Luvumera dans la capitale Bujumbura, après je vais retourner aujourd’hui, comme d’habitude», a témoigné une commerçante RD-congolaise, visiblement émue de retrouver le chemin du marché burundais.

La fermeture, décidée le 10 décembre 2025 par les autorités burundaises, visait à prévenir toute contagion de l’instabilité après la prise éphémère d’Uvira par la coalition AFC/M23. Bien que les rebelles se soient désengagés de la ville dès la mi-janvier, Gitega exigeait des garanties de sécurité durables avant de lever les barrières. Cette reprise des échanges marque donc une étape clé vers la normalisation des relations bilatérales et la stabilisation de cette zone transfrontalière névralgique pour la sous-région des Grands Lacs.

Hénoc AKANO

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