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Elections des sénateurs et gouverneurs: à leur tour, les évêques catholiques de Kisangani alertent sur les soupçons de corruption

Des soupçons de corruption entachent de plus en plus les élections des gouverneurs et sénateurs. Ce sujet continue de faire couler beaucoup d’ancres et de salives tant les dénonciations ne cessent de fuser. La dernière aux cendres encore chaudes est celle des évêques catholiques de l’Archidiocèse de Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo.

A la faveur de l’Assemblée épiscopale provinciale de Kisangani -ASSEPKIS-, tenue du 7 au 9 mars 2019, les évêques de cette province ecclésiastique sont montés au créneau pour fustiger le monnayage des voix pour l’accession au sénat ou au sommet des exécutifs provinciaux. Pour eux, c’est une autre forme de tricherie.

«On assiste aujourd’hui à une autre tricherie: celle qui consiste à monnayer l’accès au gouvernorat et au Sénat. Cette vaste campagne de corruption est une force de destruction massive pour tout le tissu national», a estimé l’abbé Archange Kampi, secrétaire exécutif de l’ASSEPKIS, au terme de ces assises tenues au centre Mgr Grison de Simi-Simi, avant de s’interroger: «que pourrait-on attendre de la part des responsables politiques qui, sans honte, auraient acheté les voix de leurs électeurs?».

Avant les évêques, d’autres personnalités, candidates à ces élections, ont, haut et fort, dénoncé cette pratique éhontée. Elles ont dû se retirer de la course, refusant d’emprunter un chemin qui mène à l’immoralité. Parmi ces personnalités, Adam Bombole, Vidiye Tshimanga, Luzolo Bambi, etc. Le dernier cité est allé jusqu’à saisir le Procureur général de la République, Flory Kabange Numbi, lui demandant de diligenter une enquête à la suite des allégations persistantes de corruption.

Contre la volonté du PGR, la CENI confirme les élections

Suite à la persistance des soupçons de corruption, le PGR a, dans sa correspondance du 9 mars 2019, sollicité du Président de la Commission électorale nationale indépendante -CENI-, Corneille Nangaa, le report des élections des sénateurs et des gouverneurs, respectivement programmées le 15 et 26 mars 2019. «… les rumeurs de plus en plus persistante font état jusqu’à cet instant de corruption intense des électeurs par les candidats…, je vous demande de reporter les dates des tenues desdites élections», a sollicité le PGR, tout en alertant le président de la CENI sur «le fait que la tenue de ces élections dans ces conditions ouvrirait grandement la voie à des contestations et violences meurtrières».

A cette sollicitation, la CENI a réservé une fin de non lieu, confirmant «la tenue des élections conformément à son calendrier électoral». «Avant toute décision de culpabilité rendue par un juge, tous les députés provinciaux sont présumés innocents. Par conséquent, il n’y a pas lieu de leur priver l’exercice de leurs prérogatives», a expliqué la CENI via son compte Twitter.

Patrick NZAZI

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