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RDC: Elebe dresse le profil du prochain président de la CENI

La RD-Congo est plongée dans une sérieuse crise sanitaire causée par l’expansion exponentielle de la pandémie Coronavirus qui frappe le monde entier. Cette crise qui plonge le peuple et toutes les institutions du pays dans la psychose. L’Assemblée nationale et le Sénat qui avaient ouvert leurs sessions ordinaires de mars le 15 dernier, ont décidé de la suspendre à cause de cette maladie. Mais cela n’efface pas les autres questions d’importance nationale qui restent pendantes et qui, du reste, font couler encre et salive. Notamment, la question de la restructuration de la centrale électorale, confondue ou assimilée par certains à celle de la réforme de la CENI. Principale préoccupation: Quel profil pour le prochain président de la Commission électorale nationale indépendante?

Contacté au téléphone par «AfricaNews», le Révérend Delphin Elebe Kapalay, président de la Commission d’intégrité et médiation électorales -CIME-, a d’abord replacé cette question dans le contexte politique actuel. Il a rappelé que la RD-Congo est dans une configuration politique particulière, au lendemain sa première alternance politique démocratique et pacifique depuis son accession à la souveraineté nationale et internationale, le 30 juin 1960. En effet, il y a au sommet de l’Etat, le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo qui ne dispose pas d’une majorité propre à l’Assemblée nationale, au Sénat et dans la plupart des Assemblées provinciales. Voilà qui a conduit à la coalition entre sa plateforme, le CACH, et le FCC de l’ex-Président de la République Joseph Kabila. Les deux forces, aujourd’hui partenaires, peuvent ne pas rester dans cette coalition à l’approche des scrutins de 2023. A cela, il faut considérer la présence des autres forces, dont LAMUKA et ses différents leaders, acteurs non négligeables dans le prochain processus électoral. «On n’a pas forcément besoin d’avoir un expert électoral à la tête de la prochaine administration électorale», lâche le Révérend Elebe. Rappelant les élections de 2006 et la complexité des enjeux à l’époque, le Président de la CIME fait remarquer un détail: «En 2006, l’abbé Malumalu, président de la Commission électorale indépendante -CEI-, choisi dans la Société civile du Nord-Kivu à la faveur des Accord de Sun City, n’était pas encore un expert électoral. C’était un intellectuel, politologue, religieux,… qui a réussi à monter tout le processus électoral». Puis: «Au vu de la sensibilité des prochaines élections qui devront consolider les acquis démocratiques de l’alternance pacifique des élections de décembre 2018, le président de la CENI à venir doit surtout avoir une bonne maitrise des notions de démocratie, de bonne gouvernance et de la matière électorale. Mais il doit aussi avoir une bonne connaissance du jeu, des enjeux, et des forces politiques et sociales en présence», martèle ce médiateur qui a travaillé dans la prévention et la gestion des conflits électoraux au cours du dernier processus électoral passé. Engagé dans l’accompagnement du processus démocratique depuis des années à travers la plateforme des confessions religieuses et dans la promotion de l’intégrité avec ses compères religieux au sein de la CIME depuis près de six ans, Elebe estime que le président de la CENI et les différents membres du bureau doivent être des personnalités éthiquement peu reprochables.

Faut-il changer la composition des membres du bureau de la CENI?

Pour ce pasteur, représentant légal premier suppléant chargé du patrimoine de l’Eglise kimbanguiste, changer la composition des membres du bureau de la CENI n’augmentera en rien la confiance des parties prenantes dans le processus électoral. Il fonde son point de vue sur l’expérience de différentes CENI. En 2006, appuie-t-il, la CEI sortie des Accords de Sun City était composée de différentes composantes et entités ayant participé à ces assises. Le bureau de cette dernière avait à sa tête l’abbé Malumalu, choisi pour le compte de la Société civile du Kivu. Mais cela n’a pas empêché la contestation des résultats assortie d’une grave crise sécuritaire à Kinshasa. «En 2011, les résultats des élections organisées par la CENI composée essentiellement des délégués des parties politiques avec à leur tête le Pasteur Ngoy Mulunda, venu de la majorité présidentielle, n’ont pas non plus été exempts de contestation. Et la réforme de 2013, où l’on a vu la Société civile revenir dans la composition du bureau de la CENI, aux côtés des parties de la Majorité présidentielle et de l’Opposition, n’a pas forcément augmenté la confiance en la CENI. Les résultats des élections présidentielles et législatives de décembre 2018 ont également été contestés», martèle-t-il. Et de préciser: «à notre avis, nous de la CIME, la composition actuelle du bureau de la CENI est la plus équilibrée». Il se pose cependant un problème de confiance des parties prenantes en la Centrale électorale. Pour lui, le prochain management de la CENI devra donc, dans sa vision électorale, particulièrement travailler pour -r- établir cette confiance, notamment utilisant efficacement les différents mécanismes de transparence existants dont des cadres de concertation entre elle et les parties prenantes au processus, et d’autres à imaginer dans un esprit de communication proactive.

Elections locales, municipales et urbaines. Urgence ou nécessité?

Depuis 2006, ces élections sont toujours laissées pour compte. Pour le Révérend Elebe, «elles sont nécessaires au parachèvement du cycle électoral». Cependant, dans le contexte actuel, avec d’un côté la pandémie Coronavirus qui met à genoux le monde entier, et de l’autre, le fait que le bureau sortant de la CENI ait déjà déposé son rapport à l’Assemblée national, l’on peut considérer que le cycle électoral a été bouclé. Ce sera donc à la nouvelle CENI de régler, en priorité, ce problème des élections locales, municipales et urbaines. 

Christian BUTSILA

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