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RVA: l’intérim retiré à Pambu Pambu

Via une correspondance, le PCA de la RVA, en plus de faire part à la ministre d’Etat au Portefeuille de la décision unanime du Conseil d’administration de retirer l’intérim du Directeur général à Pambu Pambu, a sollicité le remplacement de ce dernier

Fini le règne de William Pambu Pambu à la Régie des voies aériennes -RVA. C’est la conséquence logique de la décision unanime du Conseil d’administration de cette entreprise publique, prise mercredi 2 juin 2021 à la faveur d’une réunion tenue à la Villa Kimia. «Le Conseil d’administration a décidé à l’unanimité par vote à main levée, de retirer l’intérim du Directeur général confié à Monsieur Pambu Pambu William depuis le 27 novembre 2020», a écrit Bienvenu Liyota, Président du Conseil d’administration de la RVA, dans un courrier adressé à la ministre d’Etat en charge du Portefeuille, Adèle Kayinda. Motif: manquements graves dans l’exercice de ses fonctions.

Pour étayer ce motif, Liyota a fait accompagner sa missive d’un rapport axé sur la gestion du DG ai Pambu Pambu. Lequel rapport tente de décrire «la situation préoccupante qui prévaut actuellement à la RVA suite à la gestion déplorable» du DG ai. Avant tout, rappelons que l’intérim a été confié à Pambu Pambu à la suite de l’incarcération à la prison de Makala du DG Abdallah Bilenge. Et ce, en appui des dispositions légales et statutaires relatives à l’Acte uniforme des droits des sociétés commerciales et de groupe d’intérêt économique de l’OHADA.

Particulièrement, la disposition qui accorde au Conseil d’administration le pouvoir d’organiser l’intérim du Directeur général en cas d’empêchement de celui-ci. Arrêtée lors de sa réunion du 27 novembre 2020, la décision du Conseil d’administration de la RVA autorisant, à titre intérimaire, à Pambu Pambu de diriger la RVA, a été assortie d’une série de mesures d’encadrement. Celles-ci ont systématiquement été bafouées par le remplaçant temporaire d’Abdallah Bilenge.

Alors qu’une de ces mesures lui interdisait de procéder au mouvement du personnel, Pambu Pambu s’est permis de faire une mise en place quasi-générale des cadres sans se référer, au préalable, au Conseil d’administration, ni lui tenir informé formellement. En dépit d’un rappel à l’ordre du Conseil d’administration du 28 mai 2021, il a fait la tête de mule au point de s’attirer la foudre de l’autorité hiérarque qui a résolu de lui retirer l’intérim et de solliciter, auprès d’Adèle Kanyinda, son remplacement.

Des relations empoisonnées

Pourquoi Pambu Pambu a-t-il violé les mesures d’encadrement du Conseil d’administration? Ce dernier a expliqué: «Dès que toutes ces mesures lui firent signifier, le DG ai s’est montré immédiatement méfiant à l’égard du Conseil d’administration qu’il a accusé, à tort, de soutenir l’ancien Directeur général». Et de poursuivre: «le DG ai, tout en acceptant l’intérim lui confié, a rejeté en bloc les mesures d’encadrement de son intérim au point de créer une situation irrégulière. Il va dès lors se comporter en électron libre, ne conformant ses actes que sur son bon vouloir et refusant ainsi de se soumettre aux recommandations et orientations du Conseil d’administration».

Conséquence: les relations entre les deux autorités hiérarchiques ont été empoisonnées. Il s’est installé dans l’entreprise «un climat de suspicion, voire chaotique, caractérisé par le trafic d’influence, la politisation de l’entreprise, l’instauration d’une direction de terreur, l’incapacité de travailler en équipe, la diffamation en la personne du PCA sous prétexte qu’il sape les actions du Chef de l’Etat».

Le rapport du Conseil d’administration a en outre noté qu’au-delà des problèmes d’ordre organisationnel, la gestions «cavalière» de Pambu Pambu a été à l’origine des «dysfonctionnements techniques constatés et relevés à plusieurs reprises par les différentes missions d’inspection du Conseil d’administration». Il ressort de cette gestion qu’au bout d’un peu plus de 6 mois de gestion, le désormais ex-DG ai, selon le même rapport, n’a relancé aucun chantier des travaux de modernisation des infrastructures aéroportuaires ni renforcer les capacités des instruments d’aide à la navigation aérienne moins encore assurer la formation des techniciens par rapport à l’évolution technologique. «C’est le cœur de l’objet de la RVA qui n’est pas pris en compte par le DG ai», a fustigé le Conseil d’administration qui, pourtant, n’a cessé de tirer la sonnette d’alarme.

Laurent OMBA

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