
Le Centre de Recherches en Finances Publiques et Développement Local -CREFDL- traverse une zone de turbulences. Au cœur de la tourmente: une grave mésentente entre co-fondateurs, des accusations de gestion opaque et un blocage total des comptes bancaires de l’organisation. En toile de fond, un climat de méfiance et de rupture entre les anciens piliers de cette structure spécialisée dans la gouvernance locale.
Le coordinateur national, Valery Madianga Bakutweni, est accusé par plusieurs co-fondateurs, dont Olivier Masini et Patrick Bintene, de faux en écriture, exclusion abusive de membres et gestion autoritaire des finances de l’ONG, selon les informations de Chronik’Eco. Ces accusations ont conduit à une réquisition judiciaire ordonnant le gel de tous les comptes bancaires du CREFDL, après qu’un co-signataire a émis une opposition bancaire. «Le coordonnateur a écarté tous ceux qui ne lui étaient pas favorables, y compris des co-fondateurs reconnus par les statuts. Il a organisé le système pour que seuls lui et son épouse aient la signature bancaire. C’est devenu une gestion de type familial», dénonce un membre mécontent.
Selon les plaignants, les tensions ont éclaté dès l’arrivée du premier financement de partenaires internationaux. Le coordonnateur aurait, sans consulter l’Assemblée générale comme l’exigent les statuts, modifié la liste des signataires officiels, falsifiant au passage un procès-verbal de réunion pour valider ses décisions. Le climat interne s’est rapidement détérioré, avec des accusations de centralisation du pouvoir, de suppression unilatérale de fonctions statutaires, et d’un manque total de transparence dans la gestion des fonds.
«Il prône la bonne gouvernance dans les discours, mais ne l’applique pas dans sa propre organisation», ironise un autre co-fondateur. Face à cette impasse, les co-fondateurs dissidents ont saisi le parquet compétent, et des actions judiciaires sont désormais engagées. Ils réclament que la justice examine les faits et tranche en toute impartialité. En droit congolais, le faux en écriture constitue une infraction pénale passible de lourdes sanctions, conformément aux articles 124 à 127 du Code pénal. Il s’agit d’une altération frauduleuse de la vérité dans un document écrit, dans le but de nuire ou d’en tirer un avantage illégal.
À propos du CREFDL
Créé par un collectif d’experts congolais, le Centre de Recherches en Finances Publiques et Développement Local est une ASBL active depuis près d’une décennie. Sa mission principale: promouvoir une meilleure gouvernance financière à l’échelle locale, en particulier dans le suivi des fonds publics transférés aux provinces et entités territoriales décentralisées -ETD. Par des analyses, formations et plaidoyers, le CREFDL se veut un cadre de réflexion et d’action citoyenne pour renforcer la redevabilité des pouvoirs publics et replacer l’humain au centre de l’action publique. La crise actuelle, si elle n’est pas résolue, pourrait lourdement affecter sa crédibilité et son avenir.