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RDC – Covid-19: Les recettes des scientifiques pour renforcer la riposte

La commission scientifique mise sur pied par le ministre de la Recherche scientifique et Innovation technologique, José Mpanda, pour appuyer la riposte contre le Covid-19 a rendu ses premières pistes de solution dans le cadre de cette lutte, a rapporté mardi le site en ligne Congovirtuel. Pendant un peu plus de deux semaines, en effet, cette commission pluridisciplinaire, composée d’éminents professeurs et scientifiques d’universités et autres chercheurs indépendants, a travaillé aussi bien sur la prévention, les méthodes alternatives d’appui à la prise en charge, le dépistage que l’information stratégique. Au terme de cogitations, la commission scientifique a formulé une série recettes à l’attention aussi bien de la population que du gouvernement.

Nouvelles alternatives aux mesures d’hygiène

A la population, les recommandations portent essentiellement sur de nouvelles alternatives aux mesures d’hygiène pour se prémunir. Les scientifiques proposent, entre autres, que la population prépare elle-même des solutions 1% de l’eau de javel pour le lavage des mains et la désinfection des surfaces; l’utilisation, à défaut du savon, des cendres; la consommation des tisanes ou plantes à essence -citronelle, feuille d’eucalyptus, aloe verra, Lipia mutiflora -bulukutu, Nyemba lubwitsi- et des aliments riches en antioxydants -thé, fruits et légumes. Elle recommande aussi de pratiquer les fumigations en utilisant les plantes aromatiques et/ou leurs huiles essentielles, telles que la citronnelle -Sinda-, l’eucalyptus, Lippia multiflora -bulukutu-, Alchonea cordifolia -Mbunzi mbuzi-, Ocimum sp -lumba lumba, Mazuluzulu-, Cinnamomum verum -Arbre à bonheur-, etc. Quant au gouvernement, la commission lui a formulé 15 recommandations portant sur la prévention, le dépistage, la prise en charge et l’information stratégique. Il est question, pour le dépistage par exemple, de continuer à faire respecter les gestes barrières à travers la sensibilisation/communication communautaire; la sensibilisation à la fabrication locale des masques en tissu dont le port doit être rendu obligatoire; la promotion et le financement du lave-mains à pédales conçu par Honoré Yoka ou encore du distributeur automatique des solutions hydro-alcooliques de NTIC Business. Pour le dépistage, la commission suggère, entre autres, l’extension du dépistage par RT-CPR aux structures hospitalières, universitaires et de recherche équipées d’unités de biologie moléculaire axées sur l’espèce humaine; l’acquisition, au profit des hôpitaux et centres de recherche, des machines RT-PCR; le renforcement en équipements analytiques des laboratoires des universités, centres et institutions de recherche à travers le pays, etc. Pour la prise en charge, les recommandations portent, notamment, sur l’autorisation des essais cliniques pour les protocoles qui recevront un avis favorable du Comité d’Ethique; l’encouragement, par la sensibilisation, de la pratique de fumigation avec les plantes aromatiques et la consommation des aliments riches en antioxydants ou ceux ayant des effets sur l’hémoglobine; la réglementation du secteur de médicine traditionnelle; la disponibilisation des fonds pour réaliser des études dont les données et résultats vont permettre des prises des décisions efficaces, etc. José Mpanda est au four et au moulin. A travers sa commission scientifique, le ministère de la Recherche scientifique placé sous sa responsabilité poursuit des réflexions visant à protéger la population RD-congolaise, réaliser un dépistage rapide dans les zones de confinement ou pas et prendre en charge efficacement les cas de contamination confirmés.

Examiner en urgence les protocoles des chercheurs du pays

Mais avant cela, la commission scientifique a formulé toujours dans le cadre de ses premières réflexions, un certain nombre de projets ou propositions telles que, pour la prévention, le contrôle qualité des désinfectants des mains vendus dans le pays, en vue d’écarter de la circulation ceux de mauvaise qualité ou la formulation des solutions hydro-alcooliques classiques à durée de validité d’au moins 12 mois et les désinfectants des mains à base de plantes médicinales; la fabrication locale de solutions antiseptiques, etc. Sur la recherche des méthodes alternatives d’appui à la prise en charge, la commission a proposé des schémas alternatifs à base des molécules, médicaments et pratiques ayant été utilisés dans les essais cliniques réalisés à travers le monde pour faire à la pandémie de Covid-19. Les dossiers de Protocole de prise en charge prenant en compte des molécules déjà utilisées pour plusieurs autres pathologies doivent faire l’objet d’une demande d’essais cliniques pour le Covid-19, au Comité d’Ethique. Ainsi, par exemple, le protocole BELA-UNILU 20 -professeurs Ekwalanga Michel et Lungu Philomène- et celui de docteur Vangu Lutete, intégrant les recommandations de la Commission Scientifique, peuvent être examinés en urgence au niveau du Comité d’Ethique pour une autorisation d’essais cliniques sur les patients Covid-19. Quant aux produits issus de la médecine traditionnelle RD-congolaise, la Commission scientifique a établi un critérium pour la sélection des dossiers soumis. A ce stade des travaux, seul le produit Doubase CTM utilisé contre le VIH par CREPPAT LAB sarl a été retenu. Et au sujet de l’information stratégique, la Commission Scientifique estime que les résultats des études rapides, combinant les approches qualitative et quantitative et utilisant les nouvelles technologies de l’information et de la communication; ainsi que les données de l’impact de la pandémie du point de vue social, économique, sécuritaire, environnemental, etc. sont nécessaires pour soutenir les prises de position des décideurs par le biais du ministère de la Recherche Scientifique et Innovation Technologique, en vue d’éradiquer la pandémie en République Démocratique du Congo. La commission a ainsi proposé deux projets, à savoir: les enquêtes CAP et qualitatives dont le budget s’élève à  283.380 dollars et les évaluations d’impact pour un montant d’exécution de 319.500 dollars.

Avec Jonas Eugène KOTA

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