
Accusé dans une pétition signée par 265 députés, le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, a surpris la plénière par sa démission qualifiée de volontaire. Vital Kamerhe a justifié sa décision pour des raisons de cohésion nationale et d’harmonie institutionnelle, en vue de préserver la stabilité et l’unité du pays. Cette annonce ex abrupto a perturbé la plénière, dont l’ordre du jour portait essentiellement sur l’examen et l’adoption du rapport de la Commission spéciale et temporaire, chargée de statuer sur les pétitions visant le speaker de la Chambre basse et quatre autres membres du bureau.
Face à cette évolution de la situation, la plénière, présidée par le premier vice-président de l’Assemblée nationale, Jean-Claude Tshilumbayi, a donné la parole au président Vital Kamerhe pour présenter solennellement sa démission aux députés. Dans un discxours clair et concis, Kamerhe a été très direct.
Face à la tension croissante observée entre députés et aux irrégularités relevées mais non sanctionnées par la commission spéciale, Vital Kamerhe a pris la décision patriotique de se retirer, en soumettant sa démission à la plénière souveraine, afin de préserver la cohésion nationale et l’harmonie institutionnelle. Vital Kamerhe a fait remarquer que le débat sur la déchéance éventuelle de quelques membres du bureau de l’Assemblée nationale avait fini par occulter les défis prioritaires auxquels le pays est confronté.
«Ce sont pourtant des défis qui cristallisent l’attente du peuple que nous représentons et qui donnent à notre action toute sa substance patriotique: l’unité et la cohésion nationale, la défense de la souveraineté et de l’intégrité territoriale, le progrès économique et social. Voilà ce qui devrait capter toute notre énergie», a souligné le désormais ex-président de l’Assemblée nationale. Vital Kamerhe a fait une révélation troublante: «Une lecture minutieuse de cette pétition montre que l’essentiel des préoccupations soulevées porte sur le traitement à réserver aux honorables députés».
VK a clairement révélé que la pétition initiée contre lui n’est pas uniquement l’œuvre des députés, mais également des non-députés, comme en témoigne la signature d’un non-élu se trouvant au numéro 42 de la liste des pétitionnaires. En réalité, face à une pétition entachée de nombreuses irrégularités, le président Kamerhe a fait savoir que cette démarche parlementaire initiée contre lui devrait être annulée.
«D’aucuns soutiennent que ma personne constitue un blocage à l’amélioration des conditions de travail et de bien-être des députés nationaux. Bien au contraire, dans un contexte marqué par des défis sécuritaires consécutifs à la guerre de l’Est, une mesure de réduction du train de vie des institutions avait été prise par le gouvernement pour mieux soutenir l’effort de guerre. Il va de soi qu’une telle mesure ne pouvait épargner notre institution», a relevé le speaker de la Chambre basse sortant.
«Le vote attendu ici, quel qu’en soit le résultat, porterait immanquablement un coup dur aux acquis auxquels j’ai contribué et que nous sommes tous appelés à préserver», a-t-il martelé.
