Christian Lusakweno: «16 ans après, nous sommes loin d’avoir accompli ce qu’on attend de nous»

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Après des essaies techniques conclus, c’est le 14 juillet 2003 que la «Radio Top Congo Fm» a donné son premier signal depuis Kinshasa, la capitale RD-congolaise. Le 16ème anniversaire tombé hier dimanche 14 juillet 2019 a été célébré un jour avant, soit samedi 13 juillet, sous le signe de la réflexion, de partage et de la réjouissance. C’est la salle de spectacles «Show Buzz» qui a servi de cadre pour cet événement voulu grandiose, ayant attiré beaucoup de personnes, parmi elles des fidèles auditeurs de cette radio qui fait la fierté de la RD-Congo. Deux moments forts ont caractérisé la première étape de cette cérémonie. D’abord, le panel économie dont les spécialistes ont exposé sur la création d’entreprises et sur la culture d’épargne en RD-Congo. Puis, le panel presse, qui avait pour thème: «Quels médias pour un Etat de droit en RD-Congo?». Ici, des journalistes de formation invités ont débattu en direct sur «Top Congo Fm» autour de plusieurs questions qui ne permettent pas aux médias RD-congolais d’offrir ce qu’on attend d’eux. En réaction à la question posée dans le thème, Jean Robert Efalema, président a.i de l’Observatoire des médias congolais -OMEC-, a estimé que la RD-Congo a besoin d’une presse orientée vers le journalisme de qualité, une presse qui incite la population vers les valeurs, un journalisme de renforcement des capacités. Dans son exposé, il a évoqué aussi la viabilité économique des médias. A l’en croire, le journaliste en RD-Congo est pauvre, misérable. «Nous devons réunir les patrons de presse pour un débat. Sensibiliser les journalistes sur leurs droits en tant que travailleurs. Il faut aussi appuyer les organisations professionnelles des médias et assurer leur encadrement», a-t-il proposé en termes des pistes de solution pour sortir les professionnels des médias de cette situation. Ancien Directeur général de l’Office zaïrois de radiodiffusion et de télévision -OZRT- et de la chaine privée Canal Congo télévision -CCTV-, Stéphane Kitutu s’est inscrit dans la logique d’un soutien nécessaire et conséquent aux médias, pour leur permettre de donner le meilleur d’eux-mêmes. Selon lui, la pluralité d’opinion en RD-Congo prouve qu’il faut développer les médias qui existent et non penser à les supprimer. Il a invité l’Etat à intervenir à travers l’aide à la presse qui est une disposition constitutionnelle. «Nous devons avoir des médias libres, indépendants et auto-suffisants», a-t-il indiqué.

Intervenant en sa qualité de Directeur exécutif de Freedom of journalist, Désiré Israël Kazadi a, lui, déclaré qu’il n’y a pas suffisamment de liberté de la presse en RD-Congo, parce que la loi ne le permet pas. Pour ce défenseur des droits des journalistes, la loi d’avril 1981 portant statut de journaliste RD-congolais, renferme des germes liberticides qui ne permettent pas aux journalistes d’exercer la profession d’informer.

Equilibrisme, c’est le principe pour la rédaction Top Congo Fm

L’autre temps forts de cette cérémonie, c’est la conférence de presse qu’a animée le patron de la «Radio Top Congo Fm», dans l’après-midi. Christian Lusakweno a parlé de sa radio, depuis sa création à ce jour. En dépit des prouesses enregistrées par cette station en termes de programmes, contenus, audimat et autres, le Directeur général Lusakweno a estimé que la «Radio Top Congo Fm» est loin d’avoir accompli ce qu’on attend d’elle. «16 ans d’une radio que nous avons voulu utile à l’information pour le développement de la RD-Congo mais aussi plus particulièrement à l’amélioration du vécu quotidien. Avec beaucoup de ses artisans, Top Congo a, pendant 16 ans, été d’une richesse de quotidien. Nous sommes surtout loin d’avoir accompli ce qu’on attend de nous. Aujourd’hui, je devais animer un débat face à face avec les secrétaires généraux du MLC, Alexis Lenga, et de l’UDPS, Peter Kazadi. Malheureusement, une information que nous avons d’abord apprise par des médias interposés et qui s’est confirmée ce matin seulement. Alors que nous venions au Show Buzz, le MLC n’a pas répondu positivement à l’invitation de Top Congo FM. Le débat avait pour thème pourtant très intéressant: ‘’Alternance ou continuité?’’», a laissé entendre Christian Lusakweno, avant de révéler que le principe pour sa rédaction, c’est l’équilibrisme. En d’autres termes, c’est de toujours veiller à ce que tous les sons de cloche soient diffusés.

Relayée par 213 radios à travers le pays, «Top Congo Fm» tire ses ressources financières à partir de ses annonceurs. «Notre métier est très difficile à exercer. Avant d’avoir la publicité, les annonceurs trainent le pas. Nous avons eu des difficultés d’ordre financier et politique aussi. Les politiques n’aiment pas tout entendre. Concernant les finances, déterminés à ne pas courber l’échine, je vous assure que nous avons créé des émissions qui ont attiré des annonceurs. Aujourd’hui, Top Congo Fm n’accuse aucun arriéré de salaire pour son personnel», a-t-il souligné. Christian Lusakweno a promis, même en son absence, que la «Radio Top Congo Fm» aura des journalistes qui vont la tenir jusqu’au-delà de 30 ans. Il a indiqué que Top Congo se situe dans l’information, avec le désir d’expliquer les choses. «C’est dans ce cadre qu’a été créée l’émission ‘’Le débat’’, dans le but de donner et expliquer l’information. Aussi, pour permettre aux sans voix d’avoir de la voix», a-t-il dit, avant de conclure que son soucis est que les médias RD-congolais ne soient plus envahis par ceux de l’étranger. Au Show Buzz, dans la commune de Kintambo, la fête s’est poursuivie dans la soirée avec plusieurs productions musicales et théâtrale. Félix Wazekwa de l’orchestre Cultura pays vie, Nyoka Longo de Zaïko Langa Langa et le comédien Lady Esobe étaient parmi les artistes programmés pour agrémenter cette soirée.

Olitho KAHUNGU

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