
La session d’octobre 2025 au Conseil économique et social -CES- appartient, depuis le lundi 1er décembre dernier, au domaine du passé. C’est devant les conseillers de la République et plusieurs invités que le président de cette Assemblée consultative, Jean-Pierre Kiwakana Kimayala, entouré de tous les membres du bureau, a prononcé son discours de clôture. Auparavant, la plénière avait procédé à vider les autres points inscrits à son ordre du jour, notamment la validation des procès-verbaux des séances plénières du jeudi 27 et du vendredi 28 novembre derniers, relatives au programme du Couloir vert Kivu-Kinshasa et à la réduction de la dépendance économique de la RD-Congo pour un développement endogène.
À l’entame de son discours de clôture, le président du CES s’est fait fort de rappeler le thème sous lequel était placée la session d’octobre, à savoir: «La RD-Congo face aux enjeux du moment», soulignant également le contexte de douleur marqué par la guerre imposée à la RD-Congo par le Rwanda. Il a noté avec satisfaction que c’était une session laborieuse, de par l’abondance des matières traitées. Ce dont il n’a pas manqué de féliciter les conseillers de la République pour leur dévouement et leur participation au travail pendant ces deux mois.
Dans la foulée, 17 plénières, 13 réunions du bureau, 2 conférences des présidents, 3 séances académiques, sans oublier une série d’avis majeurs adoptés sur l’agriculture, l’enseignement, les frontières, les télécommunications, l’aquaculture ou encore la conservation faunique. À cela s’ajoutent la mise en place d’une commission ad hoc chargée d’élaborer le Règlement intérieur, ainsi que plusieurs autres actions menées, à l’instar des voyages effectués au Brésil et au Cameroun. Le numéro 1 de cette institution a laissé entendre que certaines autres matières se trouvent au niveau des commissions spéciales, attendant d’être vidées lors de la session de décembre prochain.
Dans le chapitre consacré à l’évaluation de la situation nationale, Jean-Pierre Kiwakana a pointé du doigt toutes les fragilités structurelles du pays, dans un constat clair et sans équivoque. «Notre pays tire sa principale source de revenus de l’exploitation minière. La surexposition de l’économie de la RD-Congo au secteur primaire est une source d’inquiétude. Ce rappel sonne comme un électrochoc, à l’idée qu’il est difficile de bâtir une prospérité durable lorsque l’économie resteprisonnière d’un seul pilier», a-t-il signifié.
Tout en déplorant certains maux qui continuent à tirer le pays vers le bas, notamment la corruption, il a fustigé le fait que ce fléau soit toujours «notre mode de fonctionnement». De ce fait, il a appelé à une prise de conscience collective, sensibilisant chacun à jouer sa partition et à cesser de parler du pays en mal. Il a peint le tableau on ne peut plus sombre de tous les secteurs de la vie nationale, tels que l’économie, fixant le délabrement de son tissu dès les pillages de 1991, situation qui ne s’améliore toujours pas. Mais également les finances, affectées par la guerre de l’Est, et les infrastructures, elles aussi touchées par la précarité malgré les efforts du gouvernement.
Jean-Pierre Kiwakana a appelé à une transformation en profondeur, portée par l’État et soutenue par des politiques publiques cohérentes. Il a plaidé pour «des investissements publics conséquents, couplés de profondes réformes dans les secteurs identifiés comme étant des secteurs-clés, susceptibles de provoquer un choc positif de nature à recréer un environnement propice à la croissance économique, à l’entrepreneuriat et au développement». Avant de clore son allocution, il a lancé un appel en ces termes: «Aimons, soutenons et défendons notre pays», plaidant aussi pour «le respect de nos vraies valeurs sociales et culturelles». Et ce n’est pas tout, car il a en outre exhorté à avoir une image toujours positive de la RD-Congo.

