
Le projet de 56 930 milliards de francs passe la première haie. Croissance à 5,8 %, 20 % pour la guerre, et la sortie de la liste grise du Gafi brandie comme un trophée. Deux jours de débats parfois houleux et une longue séance de réponses ont suffi pour que le Budget 2027 franchisse son premier obstacle. L’Assemblée nationale a déclaré recevable, vendredi, le projet de loi de finances défendu par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka. Montant: 56 930 milliards de francs congolais, soit 24,8 milliards de dollars. Soit encore +12 % par rapport au budget rectificatif 2026, et près du triple du premier budget du quinquennat Tshisekedi. Le symbole d’un pays qui veut voir grand.
Face aux députés, la Première ministre a joué la carte de l’écoute. «Nous avons entendu vos interrogations, vos analyses, vos suggestions», a-t-elle lancé dans l’hémicycle. «Nous les considérons non pas comme de simples observations sur un document budgétaire, mais comme l’expression légitime des aspirations de nos populations». Ce budget est-il crédible? A cette question pertinente, Suminwa a dégainé ses chiffres: 5,8 % de croissance attendue en 2027 contre 5,6 % en 2026, et 15,5 % de recettes courantes en plus grâce aux réformes fiscales.
Et, en ce temps de guerre à l’Est, 20 % des recettes courantes iront à la défense, à la diplomatie et à ce que le gouvernement appelle la «communication de guerre». Au menu: 20 000 militaires et 18 000 policiers à recruter l’an prochain.
Du social et un satisfecit international
Le social n’a pas été oublié. Le texte prévoit la mécanisation de 50 000 agents non payés, le départ à la retraite de 30 000 autres, et 825 milliards de francs pour le PDL-145T. Et puis, l’annonce qui a fait mouche: la République Démocratique du Congo sort officiellement de la liste grise du Gafi, le gendarme mondial anti-blanchiment. Une victoire diplomatique et financière que Suminwa a vendue comme la preuve de la crédibilité retrouvée.
«Car un budget n’est pas simplement un document de prévisions et d’autorisations de dépenses. C’est, avant tout, un contrat de confiance entre l’État et le peuple», a-t-elle conclu. Le contrat part désormais en commission. L’Écofin a quinze jours pour éplucher, amender, enrichir. Avant le retour devant les députés pour l’épreuve du vote final.






