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Bemba choisit la rue et le boycott

Lundi 3 septembre 2018, l’arrêt de la Cour constitutionnelle est tombé. Jean-Pierre Bemba Gombo, président national du Mouvement de libération du Congo -MLC- est inéligible suite à sa condamnation pour subornation par la Cour pénale internationale -CPI. Tollé! Dans les rangs du MLC, l’on n’a pas tardé pour fustiger cet arrêt en attendant la déclaration officielle du parti intervenue mardi 4 septembre sous la signature de son secrétaire général, Eve Bazaiba Masudi.
Pour le MLC, l’invalidation de la candidature de son leader, obtenue de manière «arbitraire» et «irrégulière», est une «imposture de mauvais goût qui plonge à coup sûr la RD-Congo dans une situation de chaos».
Bemba et les siens ont ainsi choisi d’investir la rue. Objectif: «amener le peuple RD-congolais à reconquérir ses droits souverains confisqués par un groupe de prédateurs». Première étape, la mise en place d’un comité de crise qui va travailler en collaboration avec les autres forces de changement pour élaborer un agenda d’actions citoyennes. «A ce jour, personne ne pourra lui -MLC, NDLR- reprocher une inclinaison active vers des actions citoyennes de grande envergure», a fait savoir Eve Bazaiba dans sa déclaration du 4 septembre, avant d’appeler toutes les forces vives à «demeurer mobilisées et unies pour arracher une véritable alternance à la suite d’un processus électoral inclusif et crédible pour un Congo nouveau».
 
Cour constitutionnelle et CENI à la solde du Pouvoir
A scruter sa déclaration de ce 4 septembre, le MLC a fait un constat selon lequel la CENI et la Cour constitutionnelle sont à la solde du régime de la part de qui elles reçoivent des injonctions. Il a ainsi dénoncé «l’inféodation totale de la CENI constituée totalement des agents au service du régime en place» et «l’instrumentalisation du pouvoir judiciaire en général et de la Cour constitutionnelle en particulier qui rend des arrêts sur commande politique».
Intervenant sur les antennes de «France 24», mardi 4 septembre, Jean-Pierre Bemba, qui accuse la justice RD-congolaise d’être «instrumentalisée», s’est dit ne pas être surpris par la confirmation de son invalidation par la Cour constitutionnelle. «On a instrumentalisé la justice pour m’écarter comme d’autres candidats de l’Opposition», a estimé le chairman du MLC. Puis: «Tout le monde se rend compte que c’est une stratégie pour que le candidat du pouvoir ne puisse pas avoir des candidats sérieux devant lui». Bemba est convaincu qu’au 23 décembre 2018, la RD-Congo va assister à une «parodie d’élections, car le pouvoir choisit ses opposants» suite, notamment à la présence de six millions d’électeurs fictifs et de la machine à voter qu’il qualifie de «dispositif douteux».
 
La mise en garde de Mende
Jean-Pierre Bemba est d’avis que la CENI et la Cour constitutionnelle ont obéi aux ordres du régime afin de déclarer invalide sa candidature. Un avis que ne partage nullement Lambert Mende Omalanga, ministre de la Communication et des médias et porte-parole du gouvernement, qui l’invite à témoigner du respect vis-à-vis de la justice de son pays. «Il faut absolument qu’il ait du respect pour nos instances judiciaires», a insisté Mende, signifiant que c’est l’amertume qui fait parler Bemba. «Pour autant qu’il ait voulu exercer la magistrature suprême, la première chose qu’il devrait faire, c’est de montrer du respect pour la Constitution du pays qui consacre l’indépendance du pouvoir judiciaire et qui fait qu’un homme politique n’a pas à porter des jugements de valeur sur un arrêt de justice, pris surtout au niveau de la plus Haute cour de son pays», déclare Mende. Et de trancher: «la Cour a décidé. Il doit s’incliner. C’est ça, l’Etat de droit».
L’option levée par Bemba et le MLC d’investir la rue n’a pas laissé indifférent le ministre Mende qui prévient: «plus personne ne fera parler les armes impunément en RD-Congo». Pour Mende, il y a une vie en dehors de la fonction présidentielle.
Laurent OMBA

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