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RDC: La BCC gère mal le dossier MECRECO

La Mutuelle d’épargne et de crédit du Congo -MECRECO- court le gros risque de disparition. Les sociétaires attribuent la faute à la Banque centrale du Congo -BCC- qui a mis en place, en 2016, un Comité d’administration provisoire -CAP- avec mission de redresser la MECRECO, alors en difficultés de liquidités. Trois ans après, le CAP se montre incapable de remplir la mission lui confiée. Cette léthargie a poussé le collectif des membres pour la sauvegarde de la MECRECO à sortir de son silence pour dénoncer «la volonté cachée du CAP de liquider systématiquement cette mutuelle d’épargne notamment par des ventes des maisons et parcelles, des licenciements massifs du personnel, ainsi que des fermetures de certaines mutuelles d’épargne et de crédit et agences».

Ce collectif l’a fait savoir au Premier ministre Ilunga Ilunkamba via une correspondance. Pour cette structure, la déclaration du président du CAP, Bope Mishamien, témoigne qu’il est loin de redresser la MECRECO malgré plus d’un USD million déjà injecté par la BCC dont le dernier décaissement d’USD 200 mille s’est fait au mois de janvier 2020 et dont la traçabilité reste floue d’autant plus que cette somme ne serait pas arrivée aux MECRE. En clair, rassure-t-on, le CAP est dans la logique de liquider cette œuvre, pourtant initiative d’un RD-Congolais, comme il l’avait fait avec la Coopérative IMARA. «Il ne fait l’ombre d’aucun doute qu’il est difficile de renverser la tendance actuelle des agrégats si les efforts de redressement ne sont pas poursuivis, lesquels nécessitent des moyens financiers conséquents», a laissé entendre le président du CAP, dans une note adressée au gouverneur de la BCC le 29 août 2018.

Le CAP dirigé par des gens cupides

Un aveu, selon le collectif, qui prouve à suffisance que le CAP est dirigé par des gens cupides ne pouvant jamais redresser la MECRECO, tout comme la BCC ne pourra jamais redresser une seule institution financière avec des telles pratiques d’opérations-retour. «Ce qui constitue un frein à la promotion de la classe moyenne dans le pays car la BCC continue à s’en prendre à d’autres institutions de micro-finance qu’elle ferme intempestivement au lieu de laisser le ministère des PME et celui de Finances les accompagner pour en faire des solutions de promotion de la classe moyenne dans le pays», a fait remarquer le collectif.

Réagissant à cette alerte du Collectif des membres pour la sauvegarde de MECRECO, le ministre des Classes moyennes, Petites et moyennes entreprises, Justin Kalumba Muana Ngongo, a plaidé pour cette micro-finance en ces termes: «Je considère que la situation actuelle de MECRECO mérite l’attention des pouvoirs publics, vu le rôle indéniable que votre institution a joué dans la réalisation de l’inclusion financière et le financement de petits entrepreneurs et des entreprises de petite taille».

Le Collectif des membres pour la sauvegarde de MECRECO est convaincu que le redressement de cette structure est possible dans le contexte actuel si elle est remise à ses propriétaires, de surcroît entrepreneurs RD-congolais. Il a indiqué que le problème de liquidités connu par leur mutuelle, n’était pas dû à la mauvaise gestion, mais aux retraits massifs des épargnants en 2016, craignant les troubles de suite de non organisation des élections et préférant garder leur argent au Rwanda et en Ouganda. Aussi, a-t-on expliqué, ces retraits massifs étaient dus à la mauvaise gestion de la monnaie électronique par la Banque centrale du Congo. «En effet, les institutions de micro-finance et les sociétés de transfert d’argent avaient brutalement perdu leurs clients. Comme la STC était établie dans les MECRE, les membres avaient retiré leurs épargnes, croyant que les MECRE étaient en cessation de paiement», a renseigné le collectif. Et de renchérir: «Mais le contexte ayant complètement changé, MECRECO peut être redressée du fait qu’elle dispose d’un patrimoine immobilier de plus d’USD 8 millions et des dettes auprès de tiers de plus d’USD 17 millions que le CAP ne parvient pas à recouvrer».

En 2016, la BCC a placé sous sa gestion la MECRECO. Pour cause: la Mutuelle a connu un sérieux problème de liquidités et ne savait plus servir ses membres. Et pour essayer de remédier à cette crise de la trésorerie, la BCC a mis en place un Comité d’administration provisoire -CAP-, composé de 7 experts, dont 6 basés à Kinshasa et 1 à Goma, en remplacement de 104 dirigeants de MECRECO disséminés à travers le pays. Ainsi installé en octobre 2016, le CAP a eu pour mission de redresser en 45 jours la MECRECO en difficultés. Trois ans et trois mois après, le CAP n’arrive pas à redresser cette structure de micro-finance.

Olitho KAHUNGU

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