
En douze mois, Marie Nyange Ndambo a voulu poser les fondations. Invitée de l‘exercice de redevabilité du gouvernement Suminwa II, animé par Oscar Mbal de la RTNC et Mamina Masengu de B-One TV, la ministre de l’Environnement et Développement durable a défendu un bilan qu’elle résume en une ligne: rénover les forêts tout en améliorant la vie des populations, selon la vision du président Tshisekedi. Quatre chantiers émergent.
Le premier est structurel. La politique forestière, qui fixe les grandes orientations de la gouvernance, a été finalisée. Le Code forestier, qui en réglemente l’exploitation, est sur le point de l’être. «Nous avons pu finaliser la politique forestière et le Code forestier est en phase de finalisation. Nous pensons qu’à la session de septembre, ce Code arrivera au niveau du Parlement pour être voté», a-t-elle expliqué.
Le deuxième est diplomatique. Pour redorer l’image de la République Démocratique du Congo, souvent écornée, son ministère a organisé la première Semaine du climat. Un rassemblement de tous les acteurs de la gouvernance forestière dont la feuille de route, présentée à Belém, a «reçu un écho très favorable et contribué à améliorer l’image du pays».
Le troisième est le plus stratégique: la bataille du carbone. La Banque mondiale évalue les forêts congolaises à 230 000 milliards de dollars. Pour transformer ce capital vert en financement, la ministre porte une stratégie de valorisation et de monétisation adossée à deux piliers, le registre carbone souverain et les dispositifs MRV. Une architecture qui exige une loi.
«Ce qui fait que nous avons travaillé sur la loi sur le marché carbone que nous sommes en train de finaliser. Elle a déjà été validée parmi les matières d’habilitation du Gouvernement et nous sommes en phase de finalisation pour que le Président de la République puisse prendre l’ordonnance-loi qui consacrera cette réforme fondamentale et cruciale pour la République», a-t-elle détaillé.
Avec une dimension sociale assumée. Depuis son arrivée, elle dit avoir validé cinq projets sur les paiements pour services environnementaux et quatre autres sur les services écosystémiques. La règle est issue de l’Accord de Paris: «Lorsque vous avez vendu des crédits carbone, 20 % des bénéfices sont d‘abord défalqués pour les communautés locales».
Quatrième chantier, le recyclage des plastiques. «Les déchets plastiques font partie des éléments qui dégradent énormément notre environnement. C’est d’ailleurs pour cela que le Président de la République a pris l’initiative de mettre en place une task force», rappelle-t-elle. La doctrine a évolué: le déchet devient matière première. «Les déchets plastiques, au-delà d’être des déchets, sont aussi des matières premières pour la transformation», insiste la ministre, qui revendique déjà douze projets signés dans la transformation des déchets solides et liquides.
Un fil rouge relie ces chantiers: la collaboration permanente avec le ministère des Mines, via arrêtés interministériels et commissions mixtes. «En tout cas, la collaboration avec les Mines est vraiment permanente, parce qu’on ne peut pas faire autrement. J’ai déjà approché le ministre des Mines pour qu’ensemble nous menions la pédagogie nécessaire afin que tous les acteurs miniers s’alignent», conclut-elle.


