
Décidément, le président du Collège de l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications en RD-Congo -ARPTC-, Christian Katende, se montre déterminé à matérialiser la vision du Chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Celle-ci vise notamment à permettre aux RD-Congolais opérant dans ce secteur d’avoir voix au chapitre, en renforçant leur présence dans les différentes filières des télécommunications et des Nouvelles technologies de l’information et de la communication -NTIC. L’objectif est notamment d’éviter que certains domaines d’activité restent entre les mains exclusives des opérateurs étrangers. D’autant plus que le secteur des télécommunications couvre aujourd’hui pratiquement tous les domaines d’activité, notamment l’économie numérique, le commerce, les transports, la sécurité et la défense.
Les télécommunications sont ainsi devenues un levier important pour l’avenir, à même de stimuler la croissance économique, tout en favorisant la création de richesses et d’emplois. Pour ce faire, le président du Collège de l’ARPTC a pris l’initiative d’ouvrir davantage le marché de ce secteur aux opérateurs économiques désireux d’investir dans le domaine des télécommunications. C’était lors d’un récent échange entre Christian Katende et le nouveau directeur général de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé -ARSP-, Juan Ted Beleshayi. Cette rencontre avait pour objectif de passer en revue les matières que leurs secteurs respectifs peuvent traiter ensemble, notamment dans le domaine de la sous-traitance. Selon le président du Collège de l’ARPTC, il s’agissait de revoir avec son hôte les différents points sur lesquels les deux institutions étaient parvenues à un accord, afin de faire avancer leur collaboration et, surtout, de veiller à la promotion la plus large possible de la sous-traitance par les RD-Congolais dans le domaine des télécommunications.
Christian Katende est allé plus loin en évoquant la communication électronique, devenue aujourd’hui un vaste secteur aux multiples facettes, notamment le numérique, le commerce électronique et de nombreuses autres activités. Pour sa part, le Directeur général de l’ARSP a affirmé que les deux institutions souhaitaient parvenir à une compréhension commune, disposer des mêmes outils de travail juridiques et mettre en commun leurs équipes respectives. La sous-traitance, a-t-il rappelé, ne concerne pas uniquement le secteur minier, mais également d’autres secteurs, notamment celui des télécommunications. Plusieurs difficultés empêchent encore de nombreux RD-Congolais d’accéder à une part suffisante du marché. C’est pourquoi, avec l’appui et l’accompagnement du président de l’ARPTC, le DG de l’ARSP entend favoriser une meilleure participation des RD-Congolais dans ce secteur. Celui-ci devra ainsi s’ouvrir davantage aux entrepreneurs RD-congolais, sans pour autant perturber le climat des affaires ni la régulation technique assurée par l’ARPTC.
Lubumbashi: les opérateurs satisfaits
Selon des informations parvenues à notre rédaction en provenance de Lubumbashi, les opérateurs économiques de cette ville actifs dans le secteur des télécommunications se sont déclarés satisfaits de l’initiative du président du Collège de l’ARPTC visant à favoriser la levée des mesures restrictives qui avaient paralysé les activités liées à la fibre optique dans la capitale du cuivre. Victimes de la mesure de suspension des travaux d’installation de la fibre optique prise par la mairie de Lubumbashi, les opérateurs économiques du secteur des télécommunications se sont félicités de l’initiative du président du Collège de l’ARPTC visant à créer un cadre de concertation interinstitutionnelle et à favoriser une meilleure collaboration avec les autorités urbaines. En effet, ayant constaté une dégradation de la voirie consécutive à l’installation de la fibre optique par les opérateurs du secteur des télécommunications, la mairie de Lubumbashi avait décidé de suspendre les travaux y relatifs. Une décision motivée par des impératifs d’assainissement urbain et de régulation de l’occupation du domaine public.
Cette mesure avait cependant engendré des effets négatifs sur la continuité des services des opérateurs, l’extension des services numériques, les interventions, les investissements en cours et futurs, sans oublier les contraintes liées à la maintenance des réseaux dans cette partie du territoire national. Il faut également reconnaître que cette mesure avait gravement porté préjudice aux opérateurs du secteur et à leurs clients, entraînant une baisse des recettes versées au Trésor public à travers les impôts et taxes. Une situation d’autant plus préoccupante en cette période où l’État RD-congolais a particulièrement besoin de ressources pour faire face à la guerre, alors que le pays est confronté à l’agression et à l’occupation illégale d’une partie de son territoire dans l’Est par le Rwanda et ses supplétifs de l’AFC-M23. Cette situation n’a pas laissé indifférent le président de l’ARPTC, saisi par les exploitants de la fibre optique en RD-Congo, particulièrement dans la ville de Lubumbashi.
En vue de résoudre ce problème préjudiciable à l’ensemble des parties, le président du Collège de l’ARPTC a pris l’initiative de dépêcher en urgence une délégation dans la capitale du cuivre, munie d’un ordre de mission, afin de rencontrer les autorités urbaines et administratives de la ville et d’obtenir la levée des mesures restrictives qui entravaient les activités des opérateurs de télécommunications. Déjà, le 2 juin 2026, une équipe de l’ARPTC s’était rendue sur le terrain en vue de pallier les difficultés rencontrées par les opérateurs et de mettre en place un meilleur cadre de collaboration interinstitutionnelle.
Poursuivant le principal objectif de sa mission, consistant à échanger avec les différents services et institutions concernés ainsi qu’avec certains exploitants du secteur de la fibre optique en RD-Congo, la délégation de l’ARPTC avait notamment pour mission de collecter les informations pertinentes sur ces faits; obtenir la levée des mesures restrictives à tous les niveaux; mettre en place ou redynamiser un cadre de collaboration interinstitutionnelle; proposer des recommandations adéquates pour la coordination des travaux de déploiement entre les gestionnaires des infrastructures routières et les opérateurs de télécommunications.
Au terme des échanges, les opérateurs ont unanimement salué l’initiative de l’ARPTC visant à instaurer un cadre permanent de concertation entre les différentes parties prenantes impliquées dans le déploiement des infrastructures de télécommunications dans la ville de Lubumbashi et ses environs. Ces discussions ont permis de relever plusieurs difficultés communes auxquelles sont confrontés les opérateurs, notamment la suspension des travaux de déploiement décidée par les autorités urbaines; la multiplicité des intervenants administratifs et techniques dans les procédures d’autorisation; l’absence d’un mécanisme formel de coordination entre les gestionnaires des infrastructures routières et les opérateurs de télécommunications. C’est pourquoi, afin de favoriser la reprise harmonieuse des travaux et de garantir la protection des infrastructures existantes, les parties se sont accordé leurs violons sur un certain nombre de points. Dans la foulée, l’ARPTC poursuivra son rôle de coordination et de facilitation entre les opérateurs, les autorités urbaines, les services techniques de l’État ainsi que les gestionnaires des infrastructures concernés. Bien plus, une mission conjointe de terrain sera organisée sur les axes concernés, notamment sur le tronçon Lubumbashi-Kasumbalesa, en vue d’identifier les emprises respectives et de prévenir les conflits liés aux travaux d’aménagement routier.



