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Affaire Rebo: l’Auditeur général des FARDC aux trousses des agresseurs

L’alerte est officiellement lancée. Dans un communiqué officiel, publié lundi 20 avril 2026, le ministre d’État en charge de la Justice et Garde des sceaux, Guillaume Ngefa, a annoncé avoir été saisi par un lanceur d’alerte concernant une vidéo documentant des violences graves. D’après ce document, les faits, qualifiés de «violations graves des droits fondamentaux», se seraient déroulés dans la nuit du 18 au 19 avril dernier, aux alentours de 4 heures du matin, dans le quartier Pigeon, dans la  commune de Ngaliema, à Kinshasa.

Face à la gravité des images montrant des individus, dont certains portent l’uniforme, s’en prendre physiquement à des victimes, le ministre d’État Ngefa a ordonné à la justice militaire de se saisir du dossier. L’Auditeur général des Forces armées de la RD-Congo -FARDC- a reçu l’injonction d’identifier formellement les auteurs de ces actes et d’engager des poursuites pour torture et coups et blessures volontaires.

Une polémique impliquant la chanteuse Rebo Tchulo

Cette affaire prend une ampleur particulière car, le nom de la chanteuse Rebo Tchulo est directement cité. Les violences auraient éclaté à son domicile. Une vidéo, largement relayée sur les réseaux sociaux et ayant suscité une vive indignation, montre un jeune homme recevant des coups de fouet de la part de militaires. Selon les premiers témoignages circulant en ligne, la star aurait accusé le jeune homme du vol d’une somme de 50 dollars américains. Le refus de ce dernier de reconnaître les faits aurait provoqué une vive altercation verbale.

La situation aurait ensuite dégénéré avec l’intervention d’hommes en uniforme, présentés comme des éléments des FARDC, venus faire usage de la force. Le serveur aurait été violemment pris à partie dans l’enceinte de la parcelle, sous les yeux de plusieurs personnes présentes. Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent un jeune homme en détresse, images dont l’authenticité n’a toutefois pas encore été vérifiée de manière indépendante.

Contrairement aux versions circulant initialement, une source proche de la chanteuse affirme que le vol porte sur des bijoux en or et en diamant, des objets de valeur non spécifiés, le passeport de l’artiste ainsi qu’une somme en espèces dépassant les 8 000 dollars américains. «Il ne s’agit pas de 50 dollars. Cette somme, Rebo peut la donner à n’importe qui», a soutenu cette source pour balayer la version d’un litige dérisoire. Selon l’entourage de la star, le suspect aurait fini par passer aux aveux après avoir subi des violences infligées par au moins cinq hommes en uniforme intervenus sur place.

Le patron de la Justice RD-congolaise a tenu, à travers ce communiqué, à rappeler que ces actes, s’ils sont confirmés, constituent une violation flagrante de la Constitution RD-congolaise et des engagements internationaux du pays en matière de respect de la dignité humaine. «Ces faits ne sauraient rester impunis», a martèle le document, réaffirmant la volonté du gouvernement de lutter contre l’impunité au sein des forces de l’ordre. L’opinion publique attend désormais les premiers résultats de l’enquête de l’Auditorat général.

Hénoc AKANO

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