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RDC: les Forces alliées à l’UDPS font bloc derrière le dialogue national

Sans surprise, les Forces politiques alliées à l’UDPS/Tshisekedi -FPAU- se rangent derrière le Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État. Dans une déclaration politique rendue publique mardi 1er septembre, cette plateforme membre de l’Union sacrée de la Nation -USN- a salué à la fois l’initiative mais aussi et surtout la méthode du Président de la République. Réunies le même jour à leur quartier général de la Gombe, sous l’autorité de leur coordonnateur général, Elysé Bokumwana Maposo, les forces alliées du parti présidentiel ont vu en ce Dialogue format Tshisekedi une «rupture» avec les mécanismes habituels des concertations politiques qui ont jalonné l’histoire politique de la RD-Congo.

Au cours d’une adresse à la Nation le 27 août, le Président de la République avait fixé les contours de cette table ronde qui devrait durer trois mois au maximum, traçant en même temps des lignes pour des assises qu’il a refusé d’ériger en prime pour les «fossoyeurs de la Nation». La grande différence de ce forum national est son principe ascendant, partant de la base avant de parvenir au sommet. Une démarche que les alliés ont saluée, y voyant une volonté de rompre avec des échanges entre quelques responsables réunis à Kinshasa pour ainsi arriver à un processus dont la légitimité serait construite progressivement à partir des communautés.

«Le Chef de l’État inverse la pyramide», se réjouissent-ils dans leur déclaration, saluant une méthode qui doit permettre de remettre la représentativité politique à l’épreuve du terrain. «Nul ne devrait désormais prétendre représenter une communauté, une province ou une composante politique sans que cette représentativité ne puisse être confrontée à la réalité de sa base», soutiennent-ils. Une manière, selon eux, de revenir aux «sources et aux souches de la légitimité populaire». Cependant, le processus est voulu «inclusif». «Aucun RD-Congolais ne devait être exclu en raison de ses opinions, de ses critiques, de son appartenance politique, de son origine provinciale, de sa langue, de son ethnie ou de sa religion», a insisté le Président, écartant cependant l’idée de transformer les conquêtes militaires en légitimité politique.

Un point qui écarte les groupes armés et leurs soutiens et qui fait craindre à certains opposants un manque d’inclusivité, au point de rejeter l’initiative du Président. Mais pour les alliés de l’UDPS, le vrai problème des opposants est ailleurs. Elysé Bokumwana et ses pairs prennent clairement position contre ceux qui pourraient rejeter le format du Président. «Ceux qui rejetteraient, par principe, une telle démarche, devraient expliquer au peuple RD-congolais pourquoi ils redoutent une légitimité construite et vérifiée à partir de la base», lit-on dans la déclaration.

Pour les alliés du parti au pouvoir, le refus du dialogue ne devrait pas devenir un réflexe politique, au risque de « nourrir l’impression d’un agenda caché ou d’une crainte d’être désavoué par sa propre base ». Pour éviter tout préjugé, les FPAU espèrent voir les forces politiques et sociales, les confessions religieuses, la société civile, les jeunes, les femmes et l’ensemble des forces vives s’approprier le processus.

Oui à la réconciliation, mais pas l’impunité

Tout en soutenant l’initiative présidentielle, les FPAU s’opposent cependant à tout blanc-seing. Pour elles, il faut tracer une démarcation claire entre «réconciliation» et «oubli». Cela, soutiennent-elles, dans le but de «tourner la page des violences», sans pour autant faire du dialogue un outil qui efface les responsabilités liées aux crimes commis dans le pays. Pour y arriver, la RD-Congo pourrait s’inspirer de l’Afrique du Sud qui, en 1996, à travers la Commission vérité et réconciliation, a pu trouver le juste milieu entre le pardon et le tribut de l’apartheid. «La réconciliation ne devrait signifier ni oubli, ni impunité», insistent-elles. Et d’ajouter: «Le dialogue ne saurait devenir un mécanisme de blanchiment des actes commis contre la Nation et contre les populations. Chacun doit répondre de ses actes conformément aux lois de la République et aux principes de justice. La paix durable ne peut se construire au prix du sacrifice de la vérité et de la justice».

Cette exigence donne une autre dimension à leur soutien au processus. Le dialogue est présenté à la fois comme un outil de sortie de crise et comme une occasion de refonder le rapport entre les citoyens, l’État et ceux qui prétendent les représenter. Exactement comme le veut Félix Tshisekedi qui espère faire de ce forum national le dernier et ainsi mettre fin au cycle des violences et aux velléités de prise de pouvoir par les armes.

Pour les FPAU, la convocation du dialogue est une nouvelle preuve de l’esprit d’ouverture du Président de la République qui prône la «politique de la main tendue» depuis ses premiers jours au Palais présidentiel. «Le Congo doit désormais se reconstruire de la base vers le sommet, et non plus exclusivement du sommet vers la base», insistent cependant les alliés de l’UDPS, convaincus de la pertinence de la méthode Tshisekedi, alors que les deux ordonnances relatives au dialogue sont plus que jamais attendues.

WIDAL

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