
La coalition AFC-M23 pose comme préalable l’abrogation de la résolution de l’Assemblée nationale du 8 novembre 2022 contre le brassage ou l’intégration des groupes armés au sein des forces de défense et de sécurité pour entamer toute discussion avec le gouvernement, Kinshasa quant à lui exige leur retrait pur et simple des territoires et villes jusque-là occupés…
Pendant que la délégation de la coalition RDF-AFC-M23 avait boycotté la rencontre de Luanda avec le gouvernement RD-congolais, on a vu Paul Kagame, Président rwandais et Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, son homologue de la RD-Congo, réunis à Doha, à l’initiative de l’Emir du Qatar. Un communiqué sanctionnant cette rencontre a réaffirmé la volonté des parties de s’inscrire dans la logique des Accords de Luanda et de Nairobi pour résoudre la crise dans l’Est de la RD-Congo. Kinshasa accuse le Rwanda d’agresser la RD-Congo et à soutenir les rebelles de l’AFC-M23.
Plusieurs rapports des experts des Nations unies ont attesté la présence de plus de 4000 soldats rwandais sur le sol RD-congolais au point que des sanctions internationales ont visé non seulement des proches de Paul Kagame au Rwanda, mais également quelques hauts cadres du M23. Puisque le vœu de tous est de voir le gouvernement RD-congolais associer l’AFC-M23 aux discussions et ne pas seulement parler avec le régime de Kigali, on signale la présence des délégations de Kinshasa et de l’AFC-M23 à Doha, au Qatar, pour entamer des discussions directes. Mais jusqu’ici, rien de concret, car chaque camp pose des conditions et reste camper sur sa position.
Selon des informations en provenance de Doha, la coalition AFC-M23 pose plusieurs préalables pour avant toute entame de discussion avec le régime de Kinshasa. Actuellement, la coalition RDF-AFC-M23 occupe actuellement les villes de Goma et Bukavu ainsi que plusieurs territoires de deux provinces du Nord-Kivu et Sud-Kivu, dans la partie Est de la RD-Congo. A Doha, les rebelles de l’AFC-M23 ont posé plusieurs conditions préalables qu’ils considèrent comme «mesures de confiance» pour entamer des négociations avec le gouvernement RD-congolais.
«Ces conditions visent à créer un environnement propice aux pourparlers de paix, facilités par Doha, dans le cadre de la médiation pour résoudre la crise sécuritaire dans la région», estiment les rebelles, cités par un média international.
Dans leurs mesures, l’AFC/M23 demande une déclaration solennelle du Président Félix Tshisekedi s’engageant publiquement pour le dialogue direct avec l’AFC/M23, l’abrogation de la résolution de l’Assemblée nationale du 8 novembre 2022 contre le brassage ou l’intégration des groupes armés au sein des forces de défense et de sécurité et aussi l’annulation des condamnations à mort, des poursuites et les mandats d’arrêt contre les dirigeants et les cadres de l’AFC/M23, ainsi que la libération des détenus civils et militaires arrêtés ou accusés de connivence avec l’AFC/M23.
Sans répondre à la demande des rebelles, Kinshasa exige, pour sa part, un cessez-le-feu sans condition et notamment le retrait AFC/M23, de Bukavu, Goma et autres territoires occupés. Selon un analyste, les préalables posés par l’AFC-M23 restent les mêmes que ceux posés dans le temps par le RD-Congo, le CNDP et le même M23 avant sa défaite en 2013. «Ce sont des stratégies d’infiltration. Dans les rangs de l’AFC-M23, il y a des militaires rwandais. Le gouvernement RD-congolais ne peut pas revenir sur ce préalable de mixage, brassage et intégration des rebelles dans les rangs des forces RD-congolaises de défense et sécurité», a indiqué cet analyste.
Il souhaite que les rebelles intègrent le programme de démobilisation et désagrément et que leur place n’est pas dans les services de défense. «On ne peut pas donner une prime de guerre aux rebelles. Qu’ils viennent siéger dans les institutions et restés impunis. Non, la RD-Congo mérite une justice transitionnelle pour que les auteurs des crimes de guerre et crimes contre l’humanité ainsi que des violations massives des droits humains puissent répondre de leurs actes. Tout le monde s’attelle à la Résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU en rapport avec la crise sécuritaire dans l’Est de la RD-Congo. Personne ne voudrait de l’impunité.


