
C’est le dossier que l’ancien ministre des Finances n’a jamais évoqué dans ses leçons de rigueur. Pour achever les immeubles du Centre financier de Kinshasa, le ministère des Finances sous Nicolas Kazadi a contracté une dette totale de 150 millions de dollars. Deux prêteurs. Un même taux. D’un côté, la TDB, la Trade and Development Bank basée à Nairobi. De l’autre, Frontera Capital Group Ltd -et pas Fujiri comme écrit précédemment. Montant cumulé: 150 millions. Taux contractuel: 11,5%.
L’addition est lourde. Et elle tombe vite: 26 millions de dollars remboursés chaque semestre par le Trésor public congolais. Soit 52 millions de dollars par an, prélevés sur les caisses de l’Etat, pour financer des bureaux. Le chiffre tranche avec tout le discours porté depuis. L’homme qui dénonçait, le mercredi 2 septembre dans le Space de Stanis Bujakera, le taux de 9% du premier Eurobond congolais comme «insoutenable» et dangereux pour les générations futures, avait lui-même contracté une dette qui fait payer 11,5% aux générations actuelles et futures.
Le parallèle est implacable. D’un côté, le gouvernement Suminwa II, sous l’impulsion du Président Félix Tshisekedi, lève à 9% sur dix ans pour du productif: la centrale de Katende qui attend depuis des décennies, des routes nationales, des aéroports.
De l’autre, un emprunt à 11,5% sur du court terme, à remboursement semestriel écrasant, pour du béton administratif. Entre celui qui emprunte à 9% pour produire des mégawatts et celui qui a emprunté à 11,5% pour des bureaux climatisés, qui est le bon gestionnaire ? L’affaire TDB et Frontera Group ne relève plus de la rumeur. Elle voit le jour. Et elle inverse la charge de la preuve.
KISUNGU KAS


