
Institué initialement pour contribuer à la stabilité et à la protection des frontières, le Corps de production et de construction du Xinjiang -CPCX- est devenu l’un des principaux moteurs du développement de cette vaste province du Nord-Ouest de la Chine. Plus de septante ans après sa création, cette institution apparaît aujourd’hui comme un puissant levier de développement économique, social et territorial dont les réalisations façonnent profondément le quotidien de millions d’habitants du Xinjiang. La semaine dernière, à la faveur d’une réunion d’échanges avec des journalistes d’Afrique francophone invités par le Centre international de presse et communication de Chine -CIPCC- dans la ville d’Urumqi, Huang Xiaohu, membre du groupe dirigeant du parti communiste chinois et directeur adjoint du Bureau des affaires étrangères du Corps, est revenu sur la mission et les différentes réalisations du CPCX depuis sa création. D’une manière succincte, il a cité entre autres les autoroutes traversant les montagnes du Tianshan, les établissements scolaires modernes, les grandes exploitations agricoles, les industries agroalimentaires et les entreprises de haute technologie.
Créé en 1954 à la suite de la démobilisation d’une partie des troupes de l’Armée populaire de libération stationnées au Xinjiang, le Corps de production et de construction constitue aujourd’hui une organisation unique en Chine. Il combine des fonctions administratives, économiques, sociales et de développement territorial. Présent sur près de 70.000 kilomètres carrés, il administre 14 divisions, 13 villes de niveau comtal, 79 bourgs et 179 fermes régimentaires, tout en assurant la surveillance d’environ 2.019 kilomètres de frontière. Au-delà de sa mission historique de maintien de la stabilité, le CPCX participe activement à l’urbanisation, au développement industriel, à la modernisation agricole et à l’amélioration des services publics. Les autorités chinoises considèrent cette institution comme un outil stratégique destiné à favoriser l’intégration régionale, les échanges entre les différentes communautés ethniques et la réduction des disparités de développement.
Selon les statistiques fournies par les autorités locales, en 2025, le produit intérieur brut du Corps a progressé de 6,3%, tandis que les investissements en immobilisations ont augmenté de 8,7%. Les recettes budgétaires ont, quant à elles, enregistré une hausse de 10,5%, illustrant une économie en pleine expansion. L’une des illustrations les plus visibles de cette transformation réside dans les infrastructures. La 11ème Division, spécialisée dans le génie civil, est devenue l’un des principaux constructeurs de la province du Xinjiang. Avec une production annuelle de plus de 45 milliards de yuans dans le secteur du bâtiment, elle emploie près de 16.000 ingénieurs et techniciens et dispose d’un important réseau de centres de recherche consacrés aux nouveaux matériaux et aux technologies de construction.
Sa filiale, Xinjiang Beixin Road and Bridge Group, intervient dans la réalisation d’autoroutes, de ponts, de tunnels, de lignes ferroviaires, d’infrastructures minières et énergétiques. Lors d’une visite dans ses installations, les responsables de cette entreprise ont renseigné que ses réalisations dépassent désormais les frontières chinoises, avec des projets menés en Asie centrale et en Afrique, notamment en Angola et en Algérie. Cependant, le projet le plus emblématique demeure le Tunnel de la Victoire du Tianshan. Long de 22,13 kilomètres, cet ouvrage est l’un des plus longs tunnels autoroutiers au monde. Il permet de réduire le trajet entre les villes d’Urumqi et de Korla de plus de sept heures à environ trois heures, tandis que la traversée de la chaîne des Tianshan ne prend plus qu’une vingtaine de minutes. Par ailleurs, selon le CPCX, cette infrastructure fluidifie les échanges commerciaux, renforce le tourisme, facilite les déplacements des habitants et rapproche davantage les populations du Nord et du Sud du Xinjiang.
L’agriculture moderne, moteur de prospérité rurale
Le développement du Xinjiang passe également par une profonde modernisation de son agriculture. Dans la 2ème Division, située autour de la ville de Tiemenguan, plusieurs générations de travailleurs ont progressivement transformé les terres arides du désert de Gobi en vastes oasis agricoles. Grâce aux systèmes d’irrigation et aux aménagements hydrauliques, cette région produit aujourd’hui du coton de haute qualité, des poires parfumées de Korla, des piments et de nombreux fruits. La zone de démonstration consacrée aux célèbres poires parfumées de Korla illustre cette évolution. «En quelques années, les rendements ont été multipliés plusieurs fois grâce à l’introduction de techniques agricoles modernes. Chaque travailleur exploite en moyenne une vingtaine de mu de vergers et perçoit un revenu annuel avoisinant 120.000 yuans, contribuant à une nette amélioration du niveau de vie des familles rurales», a fait savoir Wang Xiu Qin, responsable technique du champ de culture des poivres parfumées. Une véritable industrie de transformation s’est développée autour de cette production agricole.
Le Groupe Guannong, entreprise publique cotée en bourse, transforme notamment les tomates, le coton, les betteraves sucrières ainsi que différents produits biologiques. Leader national dans plusieurs secteurs agroalimentaires, il contribue à créer des emplois tout en augmentant la valeur ajoutée des productions locales. Par ailleurs, le développement industriel constitue un autre pilier du modèle porté par le CPCX. La 12ème Division, située au cœur de la métropole d’Urumqi, concentre plusieurs plateformes logistiques, des zones franches, des parcs industriels ainsi que des infrastructures de commerce international. Cette position stratégique lui permet de jouer un rôle central dans les échanges commerciaux entre la Chine et les pays situés le long de la ceinture économique de la Route de la soie. Parmi les entreprises phares figure Xinjiang Tianrun Dairy, l’un des leaders chinois de l’industrie laitière.
L’entreprise couvre toute la chaîne de production, depuis l’élevage jusqu’à la transformation et la commercialisation des produits laitiers. Dotée de plusieurs plateformes nationales de recherche et forte de 82 brevets, elle investit massivement dans l’innovation scientifique afin d’améliorer la qualité de ses produits et la compétitivité de la filière. Le CPCX met également l’accent sur l’éducation comme moteur de progrès social. Fondée en 2020, l’École secondaire n°2 de Huashan accueille près de 2.000 élèves dans un vaste campus moderne. L’établissement mise sur une éducation globale associant les sciences, le sport, la musique, les arts, la culture traditionnelle et les activités pratiques. Les élèves y développent aussi bien leurs compétences scolaires que leur autonomie et leur sens des responsabilités.
Les nombreuses distinctions nationales obtenues par les enseignants et les élèves témoignent de cette volonté de bâtir un système éducatif tourné vers l’innovation et la formation des talents de demain. À travers ces différentes réalisations, le Corps de production et de construction du Xinjiang entend démontrer que le développement économique, la modernisation des infrastructures, l’amélioration des services publics et la création d’emplois constituent les fondements d’une stabilité durable. Pour le Corps, cette stratégie vise à bâtir une région qui garantit à la fois la croissance économique, la cohésion sociale, l’intégration territoriale et l’amélioration du bien-être des populations. Ainsi, à travers les infrastructures, l’industrialisation, l’agriculture moderne et l’investissement dans le capital humain, le Corps de production et de construction fait du Xinjiang un territoire de développement partagé, connecté aux grands corridors économiques de la Chine et ouvert sur les échanges internationaux.
Olitho KAHUNGU, de retour de Xinjiang


