
À Pékin, la Journée internationale du dialogue entre les civilisations a été célébrée autour d’un colloque organisé le vendredi 5 juin au Centre académique V02 de l’Université de la Communication de Chine -CUC. Ce salon d’échanges et de réflexions a réuni des journalistes venus de plus de cinquante pays d’Afrique et d’Asie. Dans le cadre de l’Initiative pour la civilisation mondiale, tant prônée par les autorités chinoises, des échanges sous forme de tables rondes ont eu lieu durant ce colloque afin d’expliquer le rôle des médias dans la promotion du dialogue entre les civilisations. Dans son allocution, le vice-président de l’Université de la Communication de Chine, Ren Mengshan, a invité les journalistes à renforcer leur rôle de passerelle entre les cultures. Il a souligné que les médias ne sont pas de simples diffuseurs d’informations, mais des «bâtisseurs de ponts», des «fédérateurs de consensus» et des «gardiens de la vérité».
Face à un monde en mutation rapide, marqué par des transformations technologiques profondes, l’essor de l’intelligence artificielle, la persistance de conflits géopolitiques et d’inégalités causant des fractures culturelles, le vice-président de la CUC a plaidé pour un journalisme favorisant la compréhension mutuelle, le respect des différences et la coopération internationale. Ainsi, Ren Mengshan a mis en avant trois missions majeures pour les médias du XXIème siècle. D’abord, être des «bâtisseurs de ponts» entre les civilisations. «Chaque culture possède ses singularités, mais aucune n’est intrinsèquement supérieure ou inférieure à une autre. Les journalistes ont le devoir de dépasser les préjugés et les stéréotypes pour offrir une image fidèle et respectueuse des différentes trajectoires culturelles et des aspirations des peuples. En donnant voix à la diversité des perspectives, ils favorisent l’échange, le respect mutuel et la compréhension profonde», a-t-il indiqué.
Ensuite, les médias doivent se faire «fédérateurs» du consensus mondial. De l’avis de Ren Mengshan, les enjeux contemporains, qu’il s’agisse du changement climatique, de la régulation de l’intelligence artificielle ou de la santé publique, exigent une coopération internationale accrue. Le journalisme ne doit pas se limiter à exposer les divergences, mais doit identifier les points communs et stimuler des débats constructifs. Une communication équilibrée et inclusive peut ainsi consolider la collaboration face aux défis globaux. Enfin, le vice-président Ren a rappelé le rôle des médias en tant que «gardiens» de la vérité factuelle. À l’en croire, dans un environnement saturé d’informations et d’algorithmes, la rigueur, l’objectivité et la responsabilité sont plus précieuses que jamais. «Les journalistes doivent défendre l’éthique professionnelle, préserver la confiance du public et promouvoir un discours constructif capable de rapprocher les esprits et les sociétés», a-t-il conseillé.
Et de souligner que la communication internationale efficace ne consiste pas seulement à diffuser des informations, mais à encourager le dialogue authentique, à stimuler la créativité et à renforcer l’empathie entre les cultures. Par ailleurs, Ren Mengshan a assuré que son établissement universitaire s’inscrit pleinement dans cette dynamique. «Depuis plusieurs années, l’Université de la Communication de Chine développe des partenariats internationaux, favorise la recherche en communication interculturelle et modernise son enseignement du journalisme. Les étudiants sont formés à devenir des professionnels dotés d’une vision globale, d’une sensibilité humaniste et de compétences de pointe. La CUC ambitionne également d’élargir les plateformes de coopération afin de faciliter les reportages transfrontaliers, les projets journalistiques conjoints et la formation continue des professionnels des médias», a-t-il précisé.
Le Salon des journalistes internationaux est ainsi conçu comme un lieu d’échanges et de réflexion où journalistes, enseignants et jeunes professionnels peuvent partager leurs expériences, leurs idées et leurs bonnes pratiques. Pour Ren Mengshan, dans un monde de plus en plus interconnecté, la diversité des civilisations représente une richesse, mais également un défi.
«Le dialogue plus que la confrontation; la compréhension plus que le malentendu; et la coopération plus que l’isolement sont les piliers d’une société mondiale harmonieuse. Le rôle des médias est central pour construire cette vision. En donnant aux journalistes les moyens et la responsabilité d’agir comme des ponts entre les peuples, l’humanité se dote d’outils puissants pour renforcer la paix, la solidarité et le développement global. Les civilisations s’enrichissent par leur dialogue. Les médias doivent en être les artisans, les messagers de l’amitié et les bâtisseurs de la paix mondiale», a conclu Ren Mengshan.
À l’issue de ce salon mondial des journalistes, les participants ont exprimé leur volonté de continuer à tisser des liens interculturels solides, à partager leurs expériences et à co-construire un journalisme ouvert sur le monde. Une série de visites a clôturé ce colloque, notamment au campus de la CUC, à l’Institut de recherche sur la communauté de destin pour l’humanité, au Lac du Piano et au Musée des médias.
Olitho KAHUNGU, depuis Pékin
