
Le Parti communiste chinois -PCC- a célèbré, le 1er juillet dernier, ses 105 ans d’existence. Il a été créé en 1921, dans le contexte d’une Chine déchirée par les guerres, la misère et les divisions internes. Au fil des décennies, le PCC est devenu l’architecte de la transformation spectaculaire du pays, aujourd’hui classé deuxième puissance économique mondiale. Ainsi, la Chine a connu un parcours en temps record, marqué notamment par la planification économique, l’éradication de la pauvreté extrême, la modernisation des infrastructures et l’ouverture au monde. Cette trajectoire exceptionnelle de la Chine continue de susciter beaucoup d’intérêt, surtout en Afrique où tous les pays cherchent leur propre chemin vers le développement. Un des secrets de cette réussite, c’est la capacité de la Chine à inscrire son développement dans une vision de long terme. Depuis la fondation de la République populaire de Chine en 1949, les plans quinquennaux sont le squelette de la stratégie nationale. Ils fixent les priorités économiques et sociales, guident les investissements et assurent une continuité dans l’action publique. Ceci a permis à la Chine de tenir le cap malgré les crises mondiales, les chocs financiers et les bouleversements géopolitiques.
Selon de nombreux observateurs, cette stabilité institutionnelle représente l’une des principales forces du modèle chinois. Les grandes orientations nationales ne sont pas remises en cause à chaque changement de contexte, mais adaptées progressivement aux nouvelles réalités. Les réformes engagées à partir de la fin des années 1970 illustrent cette capacité à conjuguer vision stratégique et pragmatisme, faisant de l’adaptation permanente un moteur du développement. Par ailleurs, l’un des résultats les plus marquants de cette gouvernance reste la lutte contre la pauvreté. En 2020, la Chine a annoncé avoir sorti près de 100 millions d’habitants ruraux de l’extrême pauvreté, atteignant ainsi avec dix ans d’avance l’objectif fixé par l’Agenda 2030 des Nations unies en matière d’extrême pauvreté.
Pour certains experts, ce résultat est attribué à une combinaison de croissance économique soutenue, d’investissements massifs dans les infrastructures rurales, d’amélioration des services publics et de politiques ciblées en faveur des populations les plus vulnérables. En dehors des chiffres, cette politique s’inscrit dans une philosophie que les autorités chinoises résument par l’expression «le peuple au centre». Dans cette approche, la performance de la gouvernance ne se mesure pas uniquement à la progression du produit intérieur brut -PIB-, mais aussi à l’amélioration concrète des conditions de vie. L’accès à l’éducation, aux soins de santé, aux transports, au logement ou encore à un environnement plus sain constitue désormais un indicateur essentiel de l’action publique chinoise. Cette vision a également contribué à renforcer la résilience du pays face aux multiples défis de dernières décennies. Face aux ralentissements économiques mondiaux, aux catastrophes naturelles ou aux crises sanitaires, la Chine a démontré une capacité de mobilisation rapide de ses institutions, soutenue par une planification de long terme et une coordination entre les différents niveaux de gouvernance.
Pour les pays africains engagés dans des politiques de transformation économique, l’expérience chinoise nourrit de nombreuses réflexions. Elle met en évidence plusieurs enseignements. Notamment l’importance de la stabilité des politiques publiques, la nécessité d’une vision stratégique de long terme, l’investissement dans les infrastructures, la valorisation du capital humain et l’articulation entre croissance économique et inclusion sociale. Ces dernières années, cette expérience nationale s’est progressivement projetée sur la scène internationale. Le cas de la coopération sino-africaine qui s’est considérablement renforcée à travers les infrastructures, l’énergie, l’agriculture, la santé, les technologies numériques, la formation professionnelle et les échanges universitaires.
La Chine est aujourd’hui le premier partenaire commercial de l’Afrique, tandis que les mécanismes de coopération se diversifient au rythme de nouveaux défis du développement. À l’heure où le monde est confronté aux incertitudes économiques, aux tensions géopolitiques et aux défis climatiques, les relations entre la Chine et l’Afrique prennent une dimension stratégique croissante. Les deux parties affichent leur volonté d’approfondir leur coopération dans des domaines d’avenir tels que l’industrialisation, la transition énergétique, l’économie numérique, l’intelligence artificielle, la sécurité alimentaire et le développement des compétences.
Hormis l’aspect commémoratif, le 105e anniversaire du Parti communiste chinois constitue également l’occasion de regarder le chemin parcouru par la Chine depuis un siècle et de comprendre ce qui a permis son ascension. Certes, chaque pays doit tracer sa propre route, selon son histoire, sa culture et ses réalités. Mais l’expérience chinoise rappelle qu’une vision de long terme, des institutions stables et un vrai souci du développement humain peuvent changer le destin d’une nation. Dans un monde qui se recompose, l’expérience chinoise continuera sans doute à nourrir les réflexions sur la gouvernance, le développement durable et l’avenir de la coopération entre la Chine, l’Afrique et le reste du monde.