
Les journalistes africains participant au programme 2026 du Centre international de la presse et de la communication de Chine -CIPCC-, ont visité, mercredi 03 juin dernier, la Grande muraille de Chine située à près de 70 kilomètres de la ville de Pékin. Une visite qui a constitué une véritable expérience unique entre découverte culturelle, effort physique et immersion dans l’un des plus grands symboles de la Chine. Dès les premiers mètres sur la section de Badaling, la plus fréquentée de la muraille, les visiteurs, aussi bien africains que ceux venant d’autres sphères mondiales, réalisent que l’expérience exige autant les jambes que les yeux. Devant eux, la Grande muraille de Chine déroule son impressionnant ruban de pierre à travers les montagnes. Chaque montée réclame visiblement de l’énergie, chaque palier offre une récompense: un panorama spectaculaire sur les reliefs verdoyants qui entourent la ville de Pékin. Du coup, l’ascension se transforme rapidement en un exercice d’endurance. Il faut parfois reprendre son souffle avant d’atteindre la tour suivante. Certains visiteurs ralentissent le rythme, d’autres multiplient les pauses photos pour récupérer quelques forces.
Les marches sont hautes, parfois irrégulières, et les pentes peuvent surprendre même les visiteurs les plus aguerris. Pourtant, personne ne songe à s’arrêter. Sous les encouragements mutuels, tous partagent la même fascination devant cette œuvre gigantesque bâtie par la main de l’homme. «On vient ici pour voir un monument historique, mais on repart aussi avec l’impression d’avoir accompli un véritable exploit sportif», a confié un journaliste africain essoufflé mais souriant après plusieurs centaines de marches gravies. La Grande muraille de Chine n’est pas seulement un chef-d’œuvre architectural. Elle est aussi un livre d’histoire à ciel ouvert.
Selon le guide commis à notre compagnie, son origine remonte à plus de deux mille ans, lorsque les premiers royaumes chinois ont commencé à ériger des fortifications pour se protéger des incursions venues du Nord. Après l’unification de la Chine en 221 avant Jésus-Christ, l’empereur Qin a ordonné la liaison de plusieurs tronçons existants afin de créer une ligne de défense continue. «Au fil des siècles, différentes dynasties ont contribué à son extension, à sa rénovation et à son renforcement. Toutefois, c’est sous la dynastie Ming, entre les XIVème et XVIIème siècles, que la Grande muraille a pris l’apparence qui lui est aujourd’hui associée», a-t-il expliqué. Construite en pierres et en briques, dotée de tours de guet, de bastions et de fortifications, la Grande muraille de Chine est devenue un remarquable système de défense militaire. Avec une longueur totale estimée à plus de 21.000 kilomètres, elle demeure la plus longue construction humaine jamais réalisée au monde. Elle traverse montagnes, plaines et déserts, témoignant de l’ingéniosité et de la détermination des générations qui l’ont bâtie.
Le sport au service du tourisme
La Grande muraille de Chine est devenue, au-delà de sa valeur historique, une destination privilégiée pour les amateurs du tourisme actif. Selon les statiques fournies sur place, chaque année, près de 10 millions de visiteurs viennent y marcher, grimper et repousser leurs limites physiques. Soit 55.000 visiteurs par jour, surtout pendant les périodes de forte affluence. Gravir cette muraille, est un parcours de combattant. L’effort est réel. Entre les escaliers rudes, les dénivelés importants et les longues distances à parcourir, la visite se rapproche parfois d’une séance de randonnée sportive. Par ailleurs, les bénéfices sont nombreux: amélioration du souffle, sollicitation des muscles des jambes, renforcement cardiovasculaire et dépense énergétique importante. Cette dimension sportive ajoute une autre saveur à la découverte. Ici, le visiteur n’est pas seulement spectateur, il devient acteur de son expérience.
Classée parmi les nouvelles sept merveilles du monde depuis 2007, la Grande muraille de Chine reste l’un des sites touristiques les plus emblématiques de la planète. Des dizaines de milliers de personnes s’y pressent quotidiennement. Le cas des journalistes africains du CIPCC qui, eux aussi, ont goûté à cette aventure. Une visite qui restera, sans nul doute, l’un des temps forts de leur séjour en Chine. Après avoir écouté des récits historiques, contemplé des paysages majestueux et déployé l’effort physique nécessaire pour atteindre les hauteurs de la muraille, chacun repart avec le sentiment d’avoir vécu une expérience complète. Car gravir la Grande muraille de Chine, c’est à la fois marcher sur les traces de l’histoire, mesurer l’ampleur du génie humain et découvrir que le tourisme peut aussi être une école d’endurance, de persévérance et de dépassement de soi.
Olitho KAHUNGU, depuis Pékin
