
Le président Donald Trump venait de remporter sa réélection et profitait des nombreuses visites de félicitations à Mar‑a‑Lago. Un jour de novembre 2024, un vieil ami et un visiteur venu pour la première fois furent reçus en privé par Trump. Ils voulaient quelque chose, et ils apportaient quelque chose. Charlie Kirk -un proche apprécié de Trump qui venait de conduire avec succès une opération de mobilisation des jeunes électeurs- accompagnait le PDG de TikTok, Shou Zi Chew. Une loi interdisant TikTok, propriété chinoise, aux États‑Unis devait entrer en vigueur la même semaine que l’investiture de Trump.
Ils voulaient qu’il retarde l’interdiction, puis qu’il l’annule. Sachant que Trump réagit mieux aux stimuli visuels, Kirk avait préparé pour la société quatre pages d’infographies, «Trump on TikTok», montrant les dizaines de milliards de vues de sa campagne sur l’application menacée. Un graphique de la première page a particulièrement attiré l’attention de Trump, qui s’était pourtant précédemment prononcé pour une interdiction de TikTok.
«Je suis plus populaire que Taylor Swift», s’est‑il vanté, et plusieurs personnes de son entourage rapportent qu’il a aussitôt appelé Barron, son plus jeune fils, pour savourer cette statistique. Dès le premier jour de son second mandat, Trump a signé un décret exécutif reportant l’application de l’interdiction de TikTok.
Pourquoi cela importe: la réunion de Mar‑a‑Lago a constitué une victoire décisive pour plusieurs proches de Trump, qui cherchaient à neutraliser l’opposition farouche à TikTok des faucons anti‑Chine au Congrès et dans son orbite politique, invoquant des risques pour la sécurité nationale. Ces proches ont par ailleurs contribué à convaincre l’équipe de campagne de Trump d’ouvrir un compte TikTok en juin 2024, alors qu’il cherchait à contourner les médias traditionnels.
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