Tribune

Petite missive aux érudits réunis à Lubumbashi

Sans être babillard, je voudrais entamer cette babillarde par m’incliner devant votre grande qualité de personnes triées sur le volet pour aller remettre les pendules à l’heure dans un secteur qui aurait dû être le vigile de la société toute entière. Mais je n’ai aucune intention de m’attarder sur ce qui aurait dû être. Je souhaitais partager avec vous deux petits soucis parmi les centaines qui me donnent mal à l’estomac. Accepter mon ton un tout petit peu anarchique. Il est dû à de nombreuses frustrations des milliers de personnes comme moi et dont je ne suis qu’un porte-voix très illégitime.

D’abord cette grosse question: pourquoi vous nos érudits, gérez si mal nos universités, et plus haut notre pays? Pourquoi nos facultés, départements et sections sont si peu gouvernés, au sens de la cybernétique, à savoir: guider, conduire vers l’objectif le plus noble? Qu’un ministre en fasse publiquement écho devant tous, en vous regardant droit dans les yeux, me paraît tout simplement scandaleux (https://www.radiookapi.net/2021/09/11/actualite/societe/rdc-les-etablissements-publics-de-lesu-sont-pour-la-plupart-mal-geres). J’espère que vous allez relever le défi de le contredire dès votre retour dans nos universités par des actes concrets inversement proportionnels aux pratiques décriées.

Ma deuxième préoccupation est celle de comprendre pourquoi vous, si hautement placés, acceptez que vos collaborateurs, Chefs des travaux, Assistants et personnel administratif vivent si démunis ? Que vous coûte-t-il, j’aurais dit combien vous coûte-t-il d’exiger l’amélioration générale de la situation de nos universités ? Vous vous apprêtez à recevoir encore une fois des véhicules automobiles, en plus des promesses d’augmentation de votre prime professorale. Et rien, alors rien pour les autres catégories du personnel de l’ESU qui, pourtant, sont recrutés parmi les meilleurs étudiants. Comment faites-vous pour désigner vos anciens étudiants comme figurant parmi les meilleurs et qu’une fois engagés, vous, toujours vous, puissiez les laisser vivre comme des personnes sans dignité ? Vous avez compris, chers érudits, de quoi je parle. Ces écarts artificiellement créés par l’un de vous, ce qui ne fait guère votre fierté, vont-ils perdurer après les États généraux ?

Très honnêtement, sauf votre respect, si vos assises n’arrivent pas à résoudre ces deux grandes contradictions, nous serons encore là, 25 ans plus tard, à tourner en rond. Et même votre réforme pompeuse dite pudiquement LMD ne sera que du saupoudrage, de la poudre de perlimpinpin. Bon travail chers érudits. Nous, la base, vous attendons ici.

Un indigné de l’ESU

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