La mise à sac du stade des Martyrs le 9 septembre dernier après la défaite des Léopards face aux Lions du Sénégal représente, aux yeux du professeur Evariste Boshab, un symptôme d’une crise sociale, morale et institutionnelle profondément enracinée. Dans une tribune transmise à AfricaNews, Boshab, qui a été directeur de cabinet du chef de l’État, président honoraire de l’Assemblée nationale et vice-premier ministre chargé de l’intérieur, appelle la communauté nationale, y compris lui-même, à prendre conscience de ce saccage qui va bien au-delà d’un simple acte de vandalisme. Il affirme clairement que cet événement malheureux symbolise le profond malaise qui gangrène la société RD-congolaise, marqué par la pauvreté, la désorientation et l’échec des institutions.
Ce geste de contestation, souvent attribué à une jeunesse en détresse, témoigne d’un rejet des symboles de l’État et d’une fracture entre la population et ses gouvernants. Dans un cadre où le chômage, l’insécurité et le désespoir dominent la vie quotidienne, les jeunes se présentent à la fois comme des victimes d’un système défectueux et comme des acteurs d’une protestation croissante. Au-delà de ce simple incident sportif, Boshab souligne que cette situation révèle une crise des valeurs: affaissement des repères traditionnels, montée de l’individualisme et perte de confiance envers les institutions publiques.
Selon lui, en République Démocratique du Congo, la société semble être entraînée dans un cycle où la survie l’emporte sur le civisme, et où l’État a du mal à établir son autorité. En tant que scientifique, leader d’opinion et acteur politique de premier plan, Boshab considère que ce triste épisode doit servir de signal d’alerte: sans réformes profondes et sans un réel projet social inclusif, la République Démocratique du Congo risque de sombrer dans un climat de défiance et d’instabilité, compromettant ainsi son avenir. Lisez plutôt cette pertinente tribune.
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