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L’ultime offensive

Une armée requinquée selon la stratégie de Kabila
Une armée requinquée selon la stratégie de Kabila
L’hydre pro-Kigali totalement démantelée, le gouvernement annonce la traque imminente des forces négatives, affirmant qu’il n’y a plus de place dans notre pays pour quelque groupe armé irrégulier. Les FDLR rwandais, l’ADF-NALU et la LRA ougandais, les FNL burundais ou les groupuscules Maï-Maï RD-congolais sont dans l’œil du cyclone
Les rebelles du M23 sont bien vaincus! Grâce à la synergie entre les Forces de la Brigade spéciale d’intervention de l’ONU et les FARDC, auxquelles le Président Joseph Kabila a redonné du lustre. Le job a été brillamment accompli. Et plutôt bien. L’hydre pro-Kigali totalement démantelée et ses derniers résidus contraints de déposer les armes, la flamboyante coalition Casques bleus-FARDC se donne désormais un ultime défi: l’éradication des forces négatives qui écument encore l’Est du pays, les FDLR rwandais en tête! Le porte-parole du gouvernement RD-congolais, Lambert Mende Omalanga, l’a fait savoir mardi 5 novembre à la faveur d’un point de presse. C’est non seulement l’état d’esprit du moment.
C’est surtout question d’appliquer totalement l’Accord-cadre d’Addis-Abeba. ONU, Union européenne, Union africaine, Conférence internationale pour la région des grands lacs -CIRGL-, SADC…, toutes attendent que les parties signataires concrétisent les engagements pris dans la capitale éthiopienne le 24 février 2013. S’ouvre désormais le processus de la recherche d’un billet retour au Rwanda pour les FDLR. S’ouvre le processus de l’avenir démocratique à Kigali. Ou la rébellion rwandaise, souvent à la base des troubles d’ordre sécuritaire à la frontière entre le Rwanda et la RD-Congo, accepte de se faire éliminer cruellement, militairement, comme le M23. Ou ses hommes sortent de leurs cachettes, déposent les armes et se muent en mouvement politique. Du coup, Kigali se doit de collaborer, d’appliquer sa part des obligations contenues dans l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, en acceptant d’une part de prendre langue avec la rébellion hutue, de cesser d’alimenter les rébellions RD-congolaises et de servir de terre d’accueil des criminels de guerre. Et d’autre part, d’ouvrir le jeu démocratique.
L’offensive contre les FDLR est imminente. Sur le papier, l’enjeu est immense. La nouveauté, c’est que la voix du Rwanda devient de plus en plus inaudible, Paul Kagame perd de plus en plus ses soutiens et son prestige sur la scène internationale. La plus grande  nouveauté, c’est l’intérêt que l’Afrique du Sud, la plus grande puissance en Afrique, voue pour le projet Inga 3. Pretoria et Kinshasa ont signé mardi 29 octobre, en présence de Jacob Zuma et Joseph Kabila, le contrat d’achat par l’Afrique du Sud de 2500 MW d’électricité, soit la moitié de la production de ce nouveau barrage estimée à 4800 MW. Des milliards de dollars sont sur le point d’être injectés. Lisez bien injectés pas jetés! Ils doivent être sécurisés.
La Belgique est aussi intéressée par ce projet, apprend-on, alors que, récemment mandaté aux Etats-Unis par le Président Kabila, le Premier ministre Augustin Matata Ponyo a demandé aux autorités américaines de revoir la copie de leur projet d’électrification de l’Afrique de l’Est en y faisant figurer en bonne place la RD-Congo, pays doté des diverses cours d’eau et d’un grand barrage hydro-électrique, sans doute le plus puissant sur le continent. L’USAID s’est montrée favorable. Les guerres reposent toujours sur des intérêts éminemment économiques. Et celle de la RD-Congo n’échappe pas à cette règle. En témoignent les rapports de l’ONU et des ONG internationales évoquant des centaines de milliers voire les millions de dollars que les rebelles du M23 et leurs mentors rwandais ont amassés dans l’exploitation illégale des ressources naturelles de l’Est de la RD-Congo.
Derechef, la donne change. L’entrée en lice de la République Sud-africaine, attirée par le projet Inga 3, présage un sale temps pour les groupes armés encore en activité à l’Est. Principale cible: les FDLR. A en croire Mende, l’effectif de cette rébellion rwandaise a été déjà réduit de 80% grâce aux campagnes organisées par les FARDC seules. «Il n’y a donc pas lieu de douter de la volonté ni de l’efficacité de la RD-Congo contre cette force négative en provenance du Rwanda qui cause aujourd’hui bien plus de dommage aux populations RD-congolaises qu’à leur pays d’origine», a-t-il souligné. Et les FARDC ont le moral pour glaner une nouvelle victoire militaire. Après quasiment vingt mois de virée meurtrière à l’Est de la RD-Congo, précisément au Nord-Kivu, le M23 vient de disparaitre.
«Après la bataille pour Mbuzi, nos troupes ont amorcé leurs progressions vers les deux autres réduits d’où provenaient les tirs aveugles et meurtriers. Dans le but d’économiser les vies humaines RD-congolaises  qui reste un leitmotiv… une unité commando a saboté le dépôt du M23 de Chanzu dans lequel s’entassaient un nombre très impressionnant d’armes et de munitions en provenance de l’étranger», a expliqué Mende.
A la suite de cette opération, le général M23 Ruzangiza alias Sultani Makenga et ses éléments, conscients de leur défaite, ont mis le feu à tout ce qu’ils ne pouvaient emporter dans leur fuite. C’est une victoire militaire indéniable que les FARDC viennent de remporter. Il y a de quoi se réjouir! Prudence cependant! «La RD-Congo refuse de s’enivrer de ce succès militaire. Beaucoup reste encore à faire pour stabiliser de manière durable la situation dans cette partie du pays qui vient d’être totalement libérée du joug des forces négatives», a souligné Mende, faisant savoir que le gouvernement entend plonger sérieusement dans la revisitation des causes profondes des violences à l’Est du pays. «Seule la poursuite des volets politique et diplomatique des efforts en vue de la résolution de cette crise peut permettre d’y parvenir», a-t-il affirmé avant d’enchainer: «C’est la raison pour laquelle, …, le gouvernement de la RD-Congo tient à parachever les contacts déjà entrepris dans ce sens aussi bien à Kampala avec les éléments de ce qui est devenu, à en croire le communiqué de Bertrand Bisimwa, l’ex-groupe armé M23 qu’à l’intérieur du pays avec la mise en œuvre des recommandations des Concertations nationales qui se sont tenues à Kinshasa à l’initiative du Président de la République».
Une mauvaise nouvelle pour les FDLR et compagnies
Ces efforts fournis par le gouvernement sont reconnus et encouragés par la Communauté internationale. Le communiqué final du dernier sommet conjoint de la SADC et de la CIRGL tenu le lundi à Pretoria en République Sud-africaine félicite les FARDC et la Brigade d’intervention de la MONUSCO pour avoir repris de mains de maitres les derniers bastions des forces négatives du M23 et avoir ainsi contribuer à la restauration de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire RD-congolais. Et en même temps, les Chefs d’Etats de ces deux organisations régionales ont exhorté les Etats membres à œuvrer pour le rapatriement des forces négatives dans leurs pays d’origine dans le cadre de la lettre et de l’esprit de l’Accord-Cadre d’Addis-Abeba. «Il n’y a plus de place dans notre pays pour les groupes armés irréguliers», a tapé Mende. Une mauvaise nouvelle pour les rebelles rwandais des FDLR qui montre d’un cran dans la liste rouge des groupes armés à éradiquer du pays.
A en croire Mende, l’effectif de cette rébellion rwandais a été déjà réduits de 80% grâce aux campagnes organisées par les FARDC seules. «Il n’y a donc pas lieu de douter de la volonté ni de l’efficacité de la RD-Congo contre cette force négative en provenance du Rwanda qui cause aujourd’hui bien plus de dommage aux populations RD-congolaises qu’à leur pays d’origine», a-t-il souligné. A côté des FDLR, la traque continuera contre l’ADF-NALU et LRA, et burundaise des FNL. Avec les forces négatives étrangères, des groupes armés nationaux dont les Maï-Maï sont aussi dans les viseurs de la coalition MONUSCO-FARDC.
AKM

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