
Grâce à un Matthieu Epolo de grand jour, les Léopards de la RD-Congo ont obtenu leur première victoire de l’histoire sur terres zimbabwéennes, 1-2. Pour son deuxième match officiel, le capitaine du Standard de Liège s’est montré impérial sur sa ligne, retardant au maximum l’échéance avant d’encaisser la réduction du score dans les dernières minutes. Avec cette victoire très importante, le onze national de la RD-Congo fait le plein des points et se retrouve déjà à plus ou moins quatre points de la qualification pour la prochaine Coupe d’Afrique des nations, alors qu’il reste encore 4 matchs à jouer.
À 21 ans, Epolo, troisième gardien dans la hiérarchie lors du Mondial dernier, a profité d’un concours des circonstances pour se retrouver titulaire. Lionel Mpasi blessé et Timothy Fayulu sans club, l’ancien Diablotin a saisi sa chance. À Kinshasa, déjà lors de la première journée jeudi dernier, Epolo a sorti le grand jeu et s’est offert un cleansheet pour son premier cap. Façonnée année après année dans le football belge, Epolo, né le 15 janvier 2005 à Bruxelles de parents RD-congolais, se prend très tôt de passion pour le poste de gardien de but. En 2010, alors qu’il est âgé de seulement 5 ans, il chausse ses premiers crampons au KVK Wemmel.
Un an plus tard, il rejoint le FC Brussels pour affiner ses réflexes et sa technique de base. Connu pour son physique et son calme remarquable digne d’un vrai leader, Epolo semble en avance par rapport à son temps. Pensionnaire de l’académie du RSC Anderlecht entre 2013 et 2019, le jeune portier y a côtoyé les meilleurs de sa génération, goûtant notamment au sein de la fabrique des Mauves à l’exigence du très haut niveau.
En 2019, il traverse chez les grands rivaux du Standard de Liège. Un choix payant puisqu’il intègre la réserve du club trois ans plus tard. Très vite, Epolo prend ses marques. Après deux saisons et 40 rencontres disputées, il fait ses débuts en équipe A lors de la saison 2023-2024. La saison suivante, il est propulsé titulaire et explose au grand jour. Du haut de ses 1,89 mètres, Epolo réalise un début de championnat remarquable en réussissant 6 cleansheets lors de ses 8 premiers matchs et s’affirme tout de suite comme l’une des valeurs sûres de la Jupilar Pro Ligue, le championnat belge.
«Le chat», un surnom qui rappelle Tubilandu
Après avoir représenté les Diables rouges dans toutes les catégories de jeunes -des U17 jusqu’aux U23-, Epolo prend un virage inattendu à la fin de l’année 2025 et choisit de revenir au pays de ses ancêtres, convaincu par le projet de Sébastien Desabre. Il est du voyage marocain pour la CAN mais dans la peau du numéro 3, coiffé par Mpasi et Fayulu. Propulsé titulaire, Epolo a séduit le public kinois réputé très exigeant. Pour son baptême de feu au stade des Martyrs, Epolo a sorti deux arrêts de grande classe, avant de récidiver à Harare, justifiant parfaitement le surnom de «chat» qui lui colle à la peau depuis ses 14 ans.
«Ses entraîneurs et coéquipiers l’ont surnommé ainsi dès son plus jeune âge en raison de son agilité hors norme et de ses réflexes sur sa ligne, qui compensaient sa croissance tardive», se rappelle son entourage. En RD-Congo, ce surnom n’est pas sans rappeler feu Albert Tubilandu, illustre gardien des Léopards entre les années 1970 et 1980 et qui était surnommé «le grand niawu» [grand chat, NDLR] pour les mêmes raisons. Mais l’éclosion de Matthieu Epolo dans la tanière renforce l’embarras de Desabre pour le poste de gardien de but.
Avec un Mpasi impérial lors du dernier Mondial mais actuellement à l’arrêt suite à une blessure et un Dimitri Bertaud qui reprend confiance outre-Atlantique, le technicien français a désormais un problème de riche quand on sait que Fayulu, héros de la qualification face au Nigéria n’a toujours pas dit son dernier mot. Cette abondance dans l’arrière-garde des Léopards est cependant une aubaine pour une sélection qui a définitivement changé de dimension et qui lorgne d’un coin de l’œil le titre continental. Une ambition qui nécessite un grand gardien.
Mardochée LEMFU






