
À Kinshasa, le malaise grandit dans les grandes surfaces. Des consommateurs dénoncent des écarts entre les prix affichés et ceux facturés à la caisse, mais aussi l’absence de petites coupures entraînant parfois un rendu en bonbons ou en chewing-gums. Face à ces pratiques qu’ils jugent abusives, les clients appellent les supermarchés à revoir leurs méthodes et à garantir un service plus transparent.
La tension monte dans les allées des supermarchés de la capitale RD-congolaise. De plus en plus de clients accusent certaines grandes surfaces de pratiquer des tarifs différents entre les rayons et les caisses, dénonçant également la multiplication des frais liés aux emballages et le manque de monnaie lors des transactions. Le dimanche 19 juillet 2026, plusieurs Kinois ont exprimé leur mécontentement, appelant les responsables des enseignes commerciales à aligner les prix affichés avec ceux réellement payés et à disposer de suffisamment de petites coupures pour éviter les solutions de remplacement jugées inappropriées.
Dans un supermarché de Lemba, certains écarts de prix sont pointés du doigt. Un paquet de cinq lames Gillette vendu à 1 500 FC dans un marché de proximité serait proposé à 2 500 FC dans une grande surface. D’autres produits de consommation courante, notamment l’eau, les produits laitiers, les surgelés ou encore les articles de beauté sont également concernés par ces critiques. «Certains produits fabriqués localement deviennent subitement très chers lorsqu’ils arrivent dans les supermarchés. C’est gagner davantage tout en pénalisant le consommateur», déplore Fanta Alime. Au-delà des prix, la question des emballages suscite aussi des réactions. Certains clients estiment que les sachets utilisés pour transporter les achats devraient être fournis gratuitement par les commerces.
Des factures qui surprennent à la caisse
La principale source d’indignation reste toutefois le passage en caisse. Plusieurs consommateurs affirment avoir constaté une différence entre le montant calculé en rayon et celui annoncé au moment du paiement. «J’avais évalué mes achats à 40 000 FC, mais à la caisse, on m’a demandé 63 000 FC. Heureusement, j’avais fait le calcul sur mon téléphone», témoigne un client. Pour plusieurs Kinois, cette situation alimente un sentiment de méfiance envers certaines grandes surfaces, où ils réclament davantage de contrôle et de transparence.
Des bonbons à la place de la monnaie
Autre sujet de frustration: le rendu de monnaie en friandises. Faute de petites coupures, certains caissiers proposent des bonbons ou des chewing-gums pour compléter la différence. Une pratique qui ne convainc pas tous les clients. «Chacun a ses réalités. Certaines personnes ne consomment pas de sucreries et avaient besoin de cet argent pour d’autres dépenses», explique Papy Lonzo. Alors que les supermarchés occupent une place de plus en plus importante dans les habitudes d’achat à Kinshasa, les consommateurs appellent ces enseignes à respecter les principes fondamentaux du commerce: affichage clair des prix, facturation conforme, disponibilité de monnaie et amélioration de l’accueil. La confiance entre les grandes surfaces et leur clientèle dépend désormais de leur capacité à répondre à ces attentes.
Deborah MATEYI
