
Sous haute tension. À N’Djili Brasserie, des carrières illégales creusent sous les pylônes. La SNEL tire la sonnette d’alarme: un pylône qui tombe, c’est Kinshasa qui s’éteint. Elles creusent. Elles chargent. Elles vendent. Et sous leurs godets, 220.000 volts ronflent. À N’Djili Brasserie, la SNEL ne parle plus de perturbations. Elle parle de survie. La Société Nationale d’Électricité sonne le tocsin. Plusieurs sociétés, dont des entreprises chinoises, ont érigé leurs carrières de sable et de pierres directement sous les pylônes haute tension. Illégalement. Sans titre. Sans garde-fous.
Résultat: les fondations des ouvrages se vident. Le sol qui retient les pylônes s’effrite à chaque pelletée. La SNEL est claire : cette occupation illégale menace la sécurité des personnes, des biens, et la stabilité du réseau électrique national. Un pylône qui cède, c’est une ligne qui s’effondre. Et des millions de Kinois plongés dans le noir.
Les règles enterrées avec le sable
Le code est sans appel. L’emprise d’une ligne haute tension est une zone protégée. Interdit d’y creuser. Interdit d’y bâtir. Interdit d’y exploiter. À N’Djili Brasserie dans la commune de N’Sele, ces règles sont enterrées avec le sable. Excavations répétées à même les pieds des pylônes. Circulation d’engins lourds sous les câbles. La SNEL dénonce une violation flagrante des dispositions sur la protection des infrastructures électriques. Chaque camion qui passe rapproche un pylône de la chute.
Kinshasa otage d’un sable rentable
Le business est juteux. Le sable de la capitale se vend cher. Les carrières tournent jour et nuit. Mais le prix, la SNEL le paie en fiabilité. Chaque excavation fragilise l’ossature métallique. Chaque charge de sable rapproche la ville d’un black-out. Face à ce danger, la SNEL ne négocie pas. Elle exige. Départ immédiat des occupants illégaux. Respect strict de l’emprise. Protection des ouvrages stratégiques.
Le DG aux commandes
Sous l’impulsion de son Directeur général Teddy Lwamba, la SNEL réaffirme sa détermination. Protéger ses installations. Protéger son patrimoine. Protéger l’intégrité du réseau. L’entreprise assure qu’elle ne restera pas passive. Toutes les démarches seront engagées pour faire respecter la réglementation. L’appel aux autorités est direct : intervenez. Délogez. Sanctionnez. Faites appliquer les textes sur l’exploitation des carrières, l’aménagement du territoire, la protection des infrastructures stratégiques.
En attendant, la SNEL tient. Elle garantit la continuité du service public. Mais elle le dit sans détour : sous les pylônes, Kinshasa joue avec le feu. Le verdict est simple. Ou on dégage les carrières. Ou un jour, la ville paiera l’addition dans le noir.
