Société

Pour relancer la production nationale, l’Office national du café s’en remet au gouvernement RD-Congo

Albert Kabongo a du pain sur la planche. Le directeur général de l’Office national du Café -ONC- doit relancer cette structure nationale oubliée et, au bord ou presque, de la faillite. Démuni de tout, l’ONC sollicite un appui financier du gouvernement RD-congolais. A en croire le DG Kabongo, son entreprise n’a jamais été prise en compte dans les différents budgets nationaux.
 
Le directeur général Albert Kabongo est déterminé à relancer les activités de l’ONC, que la plupart de RD-Congolais ignore son existence. Confronté à une trésorerie précaire, Kabongo remue ciel et terre pour redonner à cette structure son prestige d’antan. Alors que la RD-Congo figurait au Top 10 mondial de la production du café, à ce jour, l’exportation officielle du café ne représente que 10.000 tonnes en moyenne par an, avec une tendance à la baisse. D’après plusieurs spécialistes, cette situation est consécutive à plusieurs facteurs notamment le contexte sociopolitique, le manque d’application des bonnes politiques agricoles, le non accompagnement des politiques agricoles par des mesures incitatives.
La descente aux enfers de cet office est aussi due au découragement des petits producteurs du café, au désintéressement des acteurs, à la multiplicité des taxes, aux tracasseries à l’exportation, à l’abandon des plantations, à la mobilité réduite des agronomes, aux difficultés d’accès à la terre, à l’utilisation du matériel non sélectionné et à la mauvaise qualité du produit. Bref, rien n’a été vraiment mis en place pour relancer la production de cette plante. «Le vieillissement des caféiers et l’absence d’entretien, le niveau de taxation et les coûts de transaction plus élevés par rapport aux pays voisins sont également parmi les causes de ce dégringolade», déclare Albert Kabongo.
 
Son heure de gloire
 
La production RD-congolaise du café avait connu aussi ses années de gloire. De 1948 à 1960, aucun pays africain n’avait produit plus du café que l’ex-Congo Belge. Cette performance résultait d’une politique agricole réfléchie. Les autorités publiques avaient mis en place les différents offices agricoles, qui avaient permis d’opérer des changements notables dans la production du café et l’amélioration de sa qualité. Ces offices avaient la même mission que celle de l’ONC: assurer la promotion de la culture du café, son traitement et sa commercialisation.
Conséquence de cette politique avant-gardiste, une augmentation exponentielle de la production RD-congolaise de café. «La production du café avait augmenté durant cette période au cours de laquelle le café RD-congolais était compétitif sur le marché extérieur. Sa vente s’effectuait sur base de la confiance et non par échantillon à cause de sa qualité qui était bien plus meilleure que les autres», se souvient avec amertume Albert Kabongo. Puis d’ajouter: «le Congo Belge a été durant longtemps le seul pays africain producteur de café qui, outre l’analyse du café vert, pratiquait l’analyse du café torréfié et la dégustation».
Créé par Ordonnance présidentielle n°8764 du 7 mai 1979, l’ONC a été transformé en établissement public à caractère scientifique et technique. Il est doté d’une personnalité juridique et a pour objectif de promouvoir la culture et développement des débouchés intérieurs et extérieurs des produits agricoles d’exploitation et leurs dérivés. L’ONC a également pour mission de fournir une aide technique aux planteurs sur la vulgarisation, l’encadrement, le contrôle de la qualité, le traitement, l’usinage et  conditionnement de ces produits notamment le café, le thé, le cacao, le pyrèthre, l’hévéa, le quinquina, la totaquina, la papaïne, la noix de cola, etc.
 
Bijou KULOSO

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