
La commune de Matete a perdu sa splendeur. Ses avenues autrefois magnifiques sont aujourd’hui envahies par des nids de poules, et ses quartiers brillants jonchés de tas d’immondices. L’air frais a cédé la place aux odeurs nauséabondes des latrines mal entretenues, des fosses septiques parfois vidées sur la voie publique et des rues pavées de sachets et de bouteilles en plastique. La commune se meurt, et sa population ne sait plus à quel saint se vouer.
Une beauté héritée des Belges qui disparaît
Construite selon les normes urbanistiques par les Belges, Matete, à l’instar des autres communes de Kinshasa, perd jour après jour sa véritable beauté. La municipalité est devenue si sale que les habitants ne savent plus où poser leurs pieds, surtout quand il pleut, exposés à des risques graves tels que l’électrocution, la noyade et un cortège de maladies liées à l’insalubrité.
Les habitants témoignent
Dans le quartier Kinsaku, un vendeur d’épices explique que le manque d’hygiène, doublé de l’absence d’éradication systématique des immondices -provenant le plus souvent des déchets ménagers- aggrave la situation. «Face à cet environnement lamentablement pollué, nous sommes exposés au paludisme, à la diarrhée, à la fièvre typhoïde et au choléra», déplore-t-il, poursuivant que «toutes ces maladies pourraient être vaincues par des actions concrètes menées par le service de l’hygiène publique, qui pourrait s’organiser pour trouver des solutions adéquates».
Les habitants des quartiers Mpudi et Debonhomme vivent dans l’insalubrité depuis plusieurs années. Les déchets des articles vendus sur les marchés de fortune traînent dans les rues, exposant la population à de nombreux risques sanitaires. Un habitant du quartier Debonhomme souligne: «La cause principale, c’est nous, les Matetois. Tout passe par la mentalité. Nous devons acquérir des notions sanitaires à perpétuité pour lutter contre l’insalubrité et éliminer les immondices qui s’accumulent autour de nous. Que cette politique de communication demeure en nous afin de rendre notre commune salubre».
Des Matetois interpellent les autorités de Kinshasa pour établir une politique de communication privilégiant le dialogue, afin de vulgariser les règles d’assainissement et améliorer l’environnement de la commune de Matete.
Deborah MATEYI