Société

Kikwit: 200 détenus confrontés à une grave pénurie alimentaire: le directeur lance un appel à l’aide

Déjà privés de liberté, les détenus de la Prison centrale de Kikwit font face à une seconde épreuve: la faim. Plus de 200 pensionnaires vivent dans des conditions humanitaires alarmantes en raison d’une pénurie alimentaire persistante, conséquence de l’absence prolongée des subventions de l’État destinées à leur prise en charge. Consulté sur cette situation, le directeur de l’établissement pénitentiaire, Gabriel Mputu, a indiqué, le dimanche 31 mai 2026, que le gouvernement central n’a débloqué aucune subvention depuis quatre trimestres pour assurer l’alimentation et les soins médicaux des détenus. «La situation est grave. Depuis un an, nous ne recevons plus de fonds pour nourrir les détenus ni pour leur fournir des médicaments. À ce jour, ils ont déjà passé cinq jours sans manger», a-t-il déclaré. Face à cette situation, l’administration de la prison affirme compter essentiellement sur l’appui des églises et des commerçants locaux pour obtenir quelques vivres. Selon la direction, certains détenus ne bénéficient parfois que d’un ou deux repas par semaine. Gabriel Mputu souligne également avoir alerté les autorités locales, sans obtenir de réponse satisfaisante.

Le maire intérimaire de Kikwit aurait invoqué l’insuffisance des ressources financières de la ville pour faire face à cette urgence. Les conséquences sanitaires sont déjà visibles. Plusieurs détenus présentent des signes de malnutrition avancée et nécessitent une assistance immédiate, rapporte la direction de la prison. Face à cette situation préoccupante, les autorités pénitentiaires espèrent une mobilisation rapide des partenaires humanitaires et des acteurs sociaux afin d’améliorer les conditions de vie des détenus. En attendant des réponses concrètes, le respect de la dignité humaine et des droits fondamentaux des personnes privées de liberté demeure un impératif que tous les intervenants sont appelés à garantir.

Deborah MATEYI

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