Société

José Mabiala défend le métier du cambiste

Résidant dans la commune de Mont-Ngafula à Kinshasa, José Mabiala exerce le métier de cambiste depuis 13 ans. Il a son bureau de change sur l’avenue Mobutu, au quartier Mama Yemo. Avant de se lancer dans le métier de cambiste, José Mabiala a été chômeur pendant un long moment de sa vie. Se refusant de courber l’échine, il a fait le choix de tenter dans le change de monnaies communément appelé à Kinshasa «Cambisme». Au cours d’un entretien à son lieu de travail avec «AfricaNews», il a abordé les spécificités de ce métier. «J’ai choisi ce métier, c’est parce que je n’avais pas fini mes études, mais grâce à ce métier, je m’en sors pas mal et je suis responsable», a-t-il fait savoir. Interview.
Ça fait 13 ans que tu exerces dans ce métier. L’avez-vous choisi?
Je suis un débrouillard! J’ai fait le change de monnaies. En grandissant, mes parents n’avaient pas assez de ressources pour me payer la scolarité. Ainsi, je n’avais jamais eu l’opportunité d’achever mes études. Dès lors, j’ai multiplié les efforts pour m’offrir une vie meilleure. Et ce métier m’a ouvert les voies de la réussite. Grâce à ça, je suis marié et devenu père de six enfants, j’ai construit ma villa et j’aide aussi ma famille à la limite de mes moyens. Ce métier m’a rendu responsable. Je ne me plains pas.
Comment avez-vous atterri à ce métier?
Ce depuis 13 ans que j’exerce le métier de cambiste dans la commune de Mont-Ngafula. Avant de devenir cambiste, j’ai été chômeur pendant un long moment de ma vie. Parvenu à ma faim, j’ai fait un choix celui d’être cambiste pour m’assurer une vie meilleure. Ce sont les circonstances de la vie et le pragmatisme qui m’ont poussé à opter pour cette profession. Vous savez,toute personne apte doit se fixer des objectifs dans la vie et cherche toujours l’efficacité dans ce qu’elle fait. Pour y parvenir, elle doit se débrouiller pour s’offrir une vie meilleure. J’ai commencé ce métier avec mes propres fonds, personne ne m’a donné un coup de main. Avec le peu d’argent que j’avais, je l’ai fructifié. Aujourd’hui, je me sens bien avec ce travail.
Votre métier nourrit-il son homme?
A chaque métier correspond les peines et succès. Lorsque j’ai commencé ce travail, tout roulait parfaitement bien. Mais, depuis un temps, les choses ne sont plus comme autrefois. Je reconnais que le métier est quand même rentable. J’arrive à m’en sortir dans la vie et je suis fier de mon travail. Preuve, je ne le changerai pour rien! En termes de bénéfices, je gagne en fonction des nombres de clients qui arrivent dans ma cabine. Par exemple, je gagne 2500 Francs congolais par billet de USD 100. Le calcul d’intérêt est simple. Moi, j’achète la monnaie à USD 93 et fais le change à USD 91. Et je bénéficie de 2500 Francs congolais.
Avez-vous de la clientèle?
Oui, j’ai une clientèle fidèle. Si je n’en avais pas, j’aurai déjà fermé mon bureau. Le principe dans ce métier est le sérieux et honnêteté sans lesquels personne n’aura confiance en toi. Il arrive de fois que nous gardions l’argent de particulier. Ces gens-là n’auront confiance que si tu leur montres la transparence et l’honnêteté. Voici les clefs du métier de cambiste.
Pensez-vous faire carrière dans ce métier?
Le métier du cambiste est comme tous les autres métiers. Aussi longtemps nous vivons de ce boulot, je pense sincèrement que c’est une bonne profession. L’économie de notre pays se cherche encore et il existe beaucoup de métiers qui ne garantissent pas une vie meilleure. Mais, le cambiste, lui, vit de son métier. Après, faire carrière, c’est une autre affaire. Il y a beaucoup de contraintes dans ce travail. Il arrive des jours où les autorités l’interdisent ou nous imposent de documents onéreux. Bon, tant qu’il paiera bien, je n’abandonnerai pas cette profession. Je vous rappelle que j’ai construit une maison et assume les besoins de ma famille grâce aux bénéfices engrangées par le change de monnaie.
Tout n’est pas rose dans ce métier! Dites-nous quels sont les difficultés et risques que vous rencontrez?
Nous rencontrons plusieurs difficultés notamment les braquages. Certaines personnes de mauvaise foi nous extorquent parfois avec des armes et finissent par tout nous ravir. D’autres aussi nous amènes des billets de la contrefaction. Il faut être attentif pour ne pas tomber sous le coup de l’escroquerie. Oui, le métier du cambiste présente beaucoup de risques.
Arrivez-vous à épargner pour le futur?
Ce métier ne demande pas de garder l’argent. Dès que vous avez quelque chose, il faut vite la fructifier. Nous ne faisons pas l’épargne classique, mais plutôt le «Likelemba», traduit par ristourne, pour économiser. Les épargnes à la banque, ce n’est pas mon truc.
Payez-vous de taxe de l’Etat?
Non, je ne paye aucune taxe à l’Etat.
Gracia SUMBI

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