Société

Fronde à l’Hôpital du Cinquantenaire contre des gestionnaires indiens

Le personnel RD-congolais travaillant au sein de l’Hôpital du Cinquantenaire n’en peut plus. Excédé, il monte au créneau. Pour manifester leur mécontentement, ces agents sont allés, depuis lundi 11 juillet dernier, en grève. Ils dénoncent leurs conditions de travail.
A en croire la radio onusienne, ces travailleurs fustigent le non-respect par les gestionnaires indiens du Code de travail en vigueur en RD-Congo. Pour ces grévistes, l’administration de cet hôpital les fait travailler comme des sous-traitants alors qu’ils ne le sont pas.
Contre toute attente, ces grévistes révèlent que les agents commis à la sécurité de cet établissement hospitalier sont impayés depuis plusieurs mois et que le personnel soignant n’a même pas droit à la pause. Ne sachant pas trop à quel saint se vouer, ces grévistes interpellent les ministres de l’Emploi, travail et prévoyance sociale; de la Santé publique ainsi que l’Inspecteur du travail.
Les conditions de travail à l’Hôpital du Cinquantenaire laissent à désirer. Les non-paiements et le non-respect du Code de travail y font la loi. N’ayant plus d’autres choix, le personnel RD-congolais de cette structure médicale décide d’observer un mouvement de grève. Pour eux, c’est leur moyen de se faire entendre et de manifester leur mécontentement.
Alors que les textes légaux et les lois en vigueur en RD-Congo ne prévoient pas la sous-traitance dans ce secteur, un des grévistes interrogés par «Radio Okapi» révèle qu’ils sont traités comme des sous-traitants. «Nous sommes soumis tous à une sous-traitance, du médecin à un agent inferieur.
Ce qui n’existe dans aucun hôpital. Et puis la soi-disant sous-traitance n’est même pas connue de nos lois», affirme-t-il. Et de renchérir, craignant pour son boulot: «on vient de licencier une centaine d’agents. Et le processus de licenciement est déjà en cours».
Impayés depuis plusieurs mois, un médecin, révolté, lance, sur les antennes de «Top Congo FM»: «l’impression que donne cet hôpital d’être l’un des plus grands et le mieux organisé des hôpitaux de Kinshasa contraste avec la réalité. Ce n’est qu’une très fausse apparence. Car, de l’intérieur, il n’y a rien de sérieux. Surtout en termes de gestion confiée aux ressortissants indiens». Conscients de leur rôle dans la société, ces médecins et infirmiers offrent tout de même un service restreint pour une prise en charge minimum des malades. Déterminés, ils promettent de radicaliser ce mouvement de grève au cas où leurs préoccupations n’étaient pas satisfaites.
Exercice illégal
Le bras de fer entre les RD-Congolais et les Indiens gestionnaires de l’Hôpital du Cinquantenaire, remontent de très loin. Déjà au mois de mai 2015, l’Ordre des médecins avait traduit en justice ces médecins indiens pour exercice illégal en RD-Congo. Pour cet Ordre, les lois régissant ce secteur demandent à tous les médecins d’être inscrits à l’Ordre avant toute prestation.
Alors que ces médecins indiens ont pratiqué leur métier en RD-Congo sans figurer dans l’Ordre des médecins. Une irrégularité tant décriée. L’opinion n’a pas encore oublié le décès au mois février 2015 dans des circonstances floues et non encore élucidées, d’une patiente à cet hôpital.
La mort de Julieta Firmino, étudiante en 3ème graduat à la faculté de Droit à l’Université protestante au Congo -UPC-, a suscité une vive tension entre étudiants et l’Hôpital du Cinquantenaire. Des tensions qui ont même poussé quelques personnalités du pays dont le député national Clément Kanku à qualifier l’hôpital d’éléphant blanc.
Le moins que l’on puisse dire est que tous ces faits et autres contribuent à ternir l’image de cet hôpital qui a déjà mauvaise presse au sein de l’opinion. Aux autorités de faire tout leur possible pour sauver ce qui peut l’être.
Barick BUEMA

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