Société

FPC: Le Dg Omari en campagne auprès de la Rawbank pour le dossier crédit

La délégation syndicale du Fonds de promotion culturelle -FPC- n’est pas allée par quatre chemins pour s’exprimer sur la gestion de cet établissement public de l’Etat. Dans une correspondance adressée, le 28 septembre 2020, au Directeur général du FPC et ayant pour objet: «Remerciement», les délégués syndicaux écrivent: «la délégation syndicale du Fonds de promotion culturelle vous saisit en ce jour pour vous exprimer les remerciements des cadres et agents du Fonds pour les efforts que vous ne cessez de déployer en payant régulièrement le salaire pendant cette période difficile de la pandémie à Covid-19».

La lettre de la délégation syndicale est signée par Messieurs Kabasele Niemboe et Muleba Kabembele, respectivement président de la délégation syndicale pour la ville de Kinshasa et président du bureau national. Pour une sanction, en tout cas celle des délégués syndicaux à l’endroit de leur Directeur général en est une. Mais positive cette fois. De mémoire d’observateurs, en effet, il est rare qu’un dirigeant d’entreprise ou d’un service et/ou établissement public soit à ce point congratulé par les syndicalistes, toujours prompts à la critique et à la contradiction. L’essence même de la profession syndicale reste de cette nature.

Le Directeur général du FPC est-il donc un manager hors du commun? Les syndicalistes du FPC, euxmêmes, donnent de la voie pour appuyer leur prise de position. «En effet, plusieurs entreprises éprouvent d’énormes difficultés pour le paiement des salaires de leurs agents alors que le fonds se démarque dans le bon», écrivent-ils. Avant de faire part à leur autorité de leur souhait de prendre langue avec le gestionnaire des crédits accordés aux agents auprès des banques commerciales dans la perspective d’un nouvel échelonnement de remboursement. «Nous tenons à vous informer que nous allons échanger avec le gestionnaire des crédits qui nous a conseillés de pouvoir solliciter la restructuration des crédits en vue d’alléger la situation des agents ayant un crédit».

Il nous revient de source crédible au FPC que le Directeur général du FPC, Christian Omari Shadari, a résolu d’accompagner la délégation syndicale dans cette démarche auprès de la Rawbank. Notre source renseigne qu’une lettre a été adressée aux responsables de la dite à cet effet. De là à conclure à un mariage Direction générale-syndicat, il n’y a qu’un pas vite franchi.  Le FPC, hier et aujourd’hui Pour les analystes et autres experts du ministère de la Culture et des arts, la cotation de la gestion du FPC telle que faite par les délégués syndicaux constitue une appréciation objective du management et du leadership actuel au niveau de cet établissement public de l’Etat. En effet, les sources bien renseignées au sein du FPC soulignent que la gouvernance actuelle de cet établissement ne cesse d’étonner à ce jour. Non sans raison.

A la suite des analystes et autres experts du ministère de la Culture et des arts, les observateurs indépendants soulignent que le cas du FPC mérite bien le satisfecit de la délégation syndicale. Car, précisent-ils, dans beaucoup de circonstances déjà vécu et déploré en RD-Congo mais surtout avec un management d’à peu près, le Fonds de promotion culturelle ne serait aujourd’hui que l’ombre de lui-même. «Mais sa situation actuelle encourage plus qu’elle n’étonne», souligne-t-on. Ceux parmi les observateurs qui tiennent à dire les choses avec précision n’hésitent pas à saluer le leadership du FPC sous l’actuel Directeur général, Christian Omari Sharadi. Classé dans la catégorie des dirigeants habituellement désignés sous le vocable «fils-maison», Christian Omari, rapportent ceux qui connaissent son mode de gestion, a su relever le défi et maintenir le service dans un standing qui force l’admiration.

Un tableau reluisant peint du FPC mais qui contraste avec la réalité sur le terrain de ses activités où il se remarque que les fonds à générés par le FPC connaissent plusieurs empiétements de la part d’autres services mobilisateurs des recettes, notamment celles non fiscales. Il est rapporté qu’à la création du FPC comme service spécialisé du ministère de la Culture et des arts et suivant les prescrits de l’OrdonnanceLoi n°87-013 du 03 avril 1987, le législateur lui avait donné, comme source de revenu, une redevance ad valorem à percevoir auprès des opérateurs culturels et économiques. «En clair, ces opérateurs sont des intermédiaires qui sont tenus d’insérer les 5% de la redevance ad valorem sur toutes leurs factures de prestations».

Non sans surprise, en 2004, l’Etat RD-congolais décide de céder l’encadrement des recettes du FPC à savoir l’ordonnancement et le recouvrement de cette redevance à la DGRAD. Et à la place, il lui est réservé une simple rétrocession de l’équivalent de 5% des recettes collectées pour servir au paiement des primes d’encouragement pour les agents. Et rien pour servir au financement des projets culturels et artistiques. Le coup était dur pour le FPC et les horizons très sombres. La mission première, celle de valorisation de la culture RD-congolaise, à l’origine de sa création, a connu et connait encore des difficultés pour son accomplissement faute des ressources nécessaires. Lorsqu’en 2011, le gouvernement décide de transformer le FPC en établissement public, beaucoup d’espoirs étaient permis notamment en ce qui concerne la rentabilisation de ses moyens en application des dispositions générales applicables aux établissements. Hélas et très vite, ces espoirs se sont envolés.

Mais que le service se soit maintenu, et même valorisé, il fallait certes de l’imagination pour relever le défi. Dans les milieux des syndicalistes du FPC, en effet, il est rapporté qu’hier, l’établissement a fonctionné en tâtonnant. «La rétrocession de 5% servant uniquement au paiement de la prime d’encouragement pour les agents, il était difficile au FPC de faire face à toutes les autres charges permanentes». A ce jour, les choses se passent autrement. Tenez, de 11 agents à la création du FPC en 1987, l’établissement en compte plus de 450 à ce jour. En plus des succursales opérationnelles sur l’ensemble du territoire national. Cependant et fait rarissime, c’est avec les mêmes moyens, la rétrocession ad valorem de 5%, que la gouvernance actuelle arrive non seulement à payer régulièrement les salaires, la prime d’encouragement pour les agents et résout en même temps tous les problèmes liés aux soins médicaux des agents tant dans la capitale que dans les succursales en provinces.

Autant qu’elle soutient, tant que faire c’est peut, les opérateurs culturels dans leurs différents domaines d’action. On note également sur le chapitre des réalisations une des plus historiques depuis l’histoire du FPC à savoir la mise à la retraite des agents ayant atteint l’âge et ce, dans des conditions honorables. C’est peut-être pour toutes ces raisons que les délégués syndicaux ont décidées objectivement de saluer le management de leur Directeur général.  La faiblesse la Loi Pendant que les dirigeants du FPC, les cadres et agents se soudent et mobilisent leurs efforts pour redorer l’image de cet établissement public, plusieurs obstacles demeurent et se positionnent comme étant un goulot d’étranglement pour sa bonne marche. Ce, en empêchant au FPC de tirer le maximum des ressources financières pour remplir correctement ses missions à savoir promouvoir et financer les activités culturelles et/ou artistiques nationales. Au nombre de ces obstacles, les sources proches de la délégation syndicale notent la faiblesse de la loi portant création du FPC elle-même.

En effet, il nous revient que les ressources financières du FPC sont déterminées à l’article 2 de l’Ordonnance-Loi de 1987 portant création du FPC et à l’article 9 du Décret n°011/30 du 16 juin 2011 faisant de lui un établissement public. Mais, à ce jour, aucune de ces dispositions ne sont ne sont d’application. Cette situation de non prise en compte et de l’inexécution des dispositions légales a eu des répercussions sur le fonctionnement du FPC. Ce que les sources proches de la délégation stigmatisent et parlent du non-respect des textes. La conséquence logique reste que le FPC est privé depuis sa création comme établissement public, de sa dotation en application des dispositions générales applicables aux établissements publics rendant ainsi son fonctionnement difficile. Avec pour conséquence directe l’absence d’un bâtiment en propre pour abriter ses services, le manque d’un charroi automobile et des infrastructures culturelles et/artistiques pour son rayonnement.

A ces difficultés, les sources proches de la délégation syndicale indiquent que la trésorerie du FPC ne sait être florissante par manque des dispositions légales contraignantes pouvant permettre au Fonds de s’attaquer aux récalcitrants et de les pousser à s’acquitter de la redevance due. Sans oublier le blocage, par le pouvoir central, de la subvention d’équipement prévue également comme étant une des ressources financières du FPC. Cette situation, souligne-t-on au Fonds, dure depuis plus de cinq ans aujourd’hui.

Avant de poursuivre: «dans les provinces, le conflit de compétence bat son plein entre les services percepteurs chargés de percevoir la taxe sur l’autorisation de dépôt, des panneaux et affiches publicitaires dans les lieux publics et le FPC qui devrait percevoir la redevance sur les prestations publicitaires sous toutes ses formes». Ce qui, à en croire les experts, ne permet pas à l’établissement de maximiser ses recettes. Relever la pente Au cabinet du ministre de la Culture et des arts, certains spécialistes approchés sont conscients des problèmes qui rongent le bon fonctionnement du FPC et tous militent pour que la pente soit relevée afin de redorer l’image de la culture RD-congolaise.

Contactés séparément, les experts au cabinet du ministre de la Culture et des arts sont d’avis que seule l’actualisation et la relance, l’examen et l’adoption par l’Assemblée nationale du projet de Loi portant sur la publicité reste une solution durable pour le bon fonctionnement du FPC. Ce projet de Loi déposé depuis trois ans pose les jalons d’un meilleur FPC aujourd’hui et demain tel que voulu par la vision qui a prévalu à sa création. Mais en attendant, plusieurs autres propositions palliatives méritent d’être proposées, soulignent les experts au cabinet du ministre de la Culture et des arts.

C’est notamment le déblocage de la dotation initiale ainsi que de la subvention conformément aux dispositions générales applicables aux établissements publics. Ce qui permettra au FPC non seulement d’acquérir, à court, moyen et long terme, des infrastructures culturelles et/ou artistiques pour son autofinancement, mais également de faire face aux difficultés liées aux dépenses d’investissement. Sans oublier la première de ses missions qui est la revalorisation et la promotion de la culture ainsi que le soutien aux opérateurs culturels.

Il est rappelé que le missions du FPC sont: favoriser l’éclosion de l’édition littéraire, de l’industrie cinématographique, des arts plastiques et scéniques, de l’industrie musicale et de toutes autres disciplines culturelles et artistiques par le financement des projets spécifiques; octroyer aux artistes, écrivains et hommes de culture méritants des financements de création pour leur permettre d’achever des travaux ponctuels; contribuer à l’autofinancement des activités culturelles et artistiques pour la rentabilisation des secteurs appropriés et orienter ces efforts vers le développement national; financer la collecte, la restauration et la promotion des œuvres d’art traditionnel; appuyer une diffusion adéquate et une représentation efficiente de la production littéraire et artistique nationale.

Une grosse machine qui nécessite d’être relancée dans l’intérêt du rayonnement de la culture RD-congolaise. Une relance qui passe par l’activation de la Loi sur la publicité et la mise en œuvre de l’article 9 du Décret 011/30 du 16 juin 2001 portant statut du FPC et qui en détermine ses sources de financement. Affaire à suivre.

Tino MABADA

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