Société

Économie: le Cercle des économistes de développement lutte contre le sous-développement en RD-Congo

Le Cercle des économistes de développement -CEDEV-, structure née de la Faculté des sciences économiques et de gestion de l’Université de Kinshasa, a organisé une conférence-débat le samedi 31 janvier 2026 à 10 heures, au local 22 de la même faculté, sous le thème: «Analyse explicative du sous-développement en République démocratique du Congo et pistes de solutions face à ce fléau».

Par cette rencontre, le CEDEV affirme sa volonté de briser le cercle vicieux de la pauvreté qui accable la population RD-congolaise depuis des années, d’améliorer ses conditions de vie, de stimuler une croissance économique durable pouvant entraîner une meilleure éducation, l’accès à la santé, de promouvoir la stabilité politique et de favoriser l’autonomisation des populations vulnérables. Au cours de cette conférence, quatre brillants orateurs se sont succédés, chacun dans son domaine, démontrant le niveau socio-économique de la RD-Congo.

Le premier intervenant, le chef des travaux Olivier Makolo, a pris la parole sur le sous-thème: «Système socio-économique congolais: diagnostic et voie de sortie». Dans son allocution, il a présenté la crise de la RD-Congo à travers une carte, affirmant que: «l’origine du sous-développement congolais remonte à l’État indépendant du Congo et aux souverains belges, qui ont instauré une économie de pillage de nos ressources naturelles et incarné le rôle de possesseurs de nos terres, avec le financement de la Société générale des Belges. Aujourd’hui, ce sont les RD-Congolais qui en subissent les conséquences».

Il a expliqué que: «l’écart de production mesure la différence entre le réel produit par l’économie et son niveau potentiel. L’économie peut fonctionner en sous-régime ou en surchauffe. Un écart positif entraîne de l’inflation lorsque la demande dépasse la capacité de production, créant des pressions inflationnistes; un écart négatif survient lorsque la production est inférieure à la capacité maximale, souvent lié à une demande faible et à un chômage élevé».

Le deuxième intervenant, l’assistant Christ Aidini, a abordé l’administration publique, talon d’Achille du développement en RD-Congo. Il a souligné que l’État RD-congolais souffre de faiblesses structurelles malgré ses grandes richesses, négligeant l’essentiel: assurer la cohésion sociale de la population sur tous les plans.

«Le développement dans notre pays se heurte à des faiblesses majeures qui entravent la croissance, malgré les immenses richesses naturelles du pays. Il s’agit principalement de la corruption, de l’instabilité politique, des conflits armés, des infrastructures insuffisantes et de la mauvaise gouvernance. La RD-Congo possède un fort potentiel de développement, mais ces faiblesses, véritables talons d’Achille, empêchent la matérialisation de sa prospérité économique», a-t-il précisé.

Le troisième orateur, l’assistant Benjamin Kongolo, a présenté des politiques pour lutter contre la crise en RD-Congo. Il a proposé des pistes concrètes. «Pour mettre fin à cette crise qui gangrène la population, il faut une politique de bonne gouvernance et de réforme de l’État, incluant la lutte contre la corruption, la transparence budgétaire et fiscale, le renforcement de l’État de droit, et la réforme de l’administration publique; une politique d’investissement massif dans le capital humain, telle que l’éducation et la formation professionnelle, la santé publique, la nutrition, la recherche et l’innovation, ainsi que l’autonomisation des jeunes et des femmes; une politique de diversification et de transformation économique, visant la sortie de la dépendance minière, le développement de l’agriculture et de l’agro-industrie, et la promotion des PME et de l’industrie locale; une politique d’infrastructures incluant le réaménagement des routes et chemins de fer, l’électricité, l’eau potable et l’assainissement; et enfin, une politique agricole et rurale», a-t-il détaillé.

Enfin, l’assistant Nathan Menji Mukuna a analysé le sous-développement de la RD-Congo et proposé des solutions. «Pour sortir de la pauvreté, nous devons mettre en place des stratégies durables pour élever le niveau de vie de notre population, encore inférieur à celui d’autres pays, en passant de la subsistance à la prospérité. Il s’agit d’agir sur une croissance économique inclusive, la création d’emplois via le secteur privé, l’éducation, la santé et la protection sociale», a-t-il expliqué.

Pour clôturer la conférence, Kabeya Tshikuku, Professeur à la Faculté de l’Économie, a lancé un message d’éveil à la population RD-congolaise. «Il faut que nous soyons RD-Congolais de naissance et de conviction. Notre rapport à la terre est altéré; il faut poursuivre nos destins individuels et collectifs. La relation individuelle à la communauté RD-congolaise doit être redéfinie dans le sens de la solidarité. Seul un changement de mentalité peut accompagner cette vision», a-t-il conclu.

Le Cercle des économistes de développement a été créé le 4 juin 2013 par Deo Gratias Bukhembo, au sein de l’Université de Kinshasa, plus précisément dans la Faculté des Sciences économiques et de gestion, afin de promouvoir la recherche en matière de développement socio-économique de la RD-Congo et de l’Afrique subsaharienne.

Deborah MATEYI

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