Société

Caritas Kinshasa forme les maraîchères sur le risque de l’utilisation des pesticides

Caritas Kinshasa a organisé, le mercredi 05 juin 2024, une conférence sur les questions de risque d’utilisation des pesticides chimiques dans la pratique de l’horticulture. Financée par Médecins du monde, l’activité a été programmée à l’intention des maraîchères de N’Djili Brasserie, Masina rail et Tshwenge ainsi que les étudiants de la Faculté des Sciences agronomiques de l’Université de Kinshasa -UNIKIN. «Notre objectif est d’outiller les maraîchères et les étudiants de Kinshasa sur les questions de risque d’utilisation des pesticides chimiques dans la pratique de l’horticulture en RD-Congo, en vue de les aider à mettre en place un club pour protéger l’environnement», a déclaré Patrick Lusaka, coordonnateur du programme santé et environnement de l’ONG Médecins du monde.

Organisée en marge de la commémoration de la Journée mondiale de l’environnement célébrée le 5 juin de chaque année, cette conférence a eu pour thème: «Impact d’utilisation des pesticides chimiques sur l’environnement: cas pratique des maraîchères de Kinshasa».

Patrick Lusaka a fait savoir que la performance de la production agricole repose essentiellement sur l’apport en matières organiques car, cet apport est d’autant plus important que les sols très sablonneux de Kinshasa ont naturellement une faible teneur en argile et humus, ce qui se traduit par une faible capacité de rétention des éléments nutritifs. «On relève aussi le coût élevé des intrants, notamment les engrais, les semences et les pesticides. En général, les consommateurs demandent des légumes propres, sans tâches ni perforations visibles causées par des agents pathogènes», a-t-il souligné.

Il a, à cet effet, indiqué que les maraîchères utilisent, à 94%, toutes sortes de produits phytosanitaires qui sont interdits, périmés ou mal stockés, homologués ou non, ou encore fournis en ventes frauduleuses par des commerçants ambulants qui approvisionnent auprès des trafiquants transfrontaliers. Le coordonnateur du programme santé et environnement de l’ONG Médecins du monde a également déploré que les vendeuses des pesticides et les utilisateurs ne soient pas formés à l’application correcte de ces produits ni aux mesures de protection nécessaires lors de leur utilisation.

Par ailleurs, il a expliqué les trois axes suivants: «Informer les utilisateurs sur les risques liés à l’utilisation des pesticides pour eux-mêmes et pour les consommateurs de leurs produits et l’environnement; encourager les mobilisations des parties prenantes, afin de faire évoluer la législation et la politique publique sur l’importation et l’utilisation des pesticides ainsi qu’inciter les maraîchères à faire une utilisation raisonnée des pesticides et passer progressivement à l’agroécologie et améliorer l’accès à des services de santé à proximité des sites des maraîchères et la formation du personnel de santé».

Patrick Lukusa a, en outre, signalé que cette célébration est consacrée à la question environnementale au niveau mondial.  «Il a été décidé de parler de la désertification des terres et du  risque dans le monde. Personne n’est à l’abri, nous devons nous mobiliser pour barrer la route aux pesticides. Aujourd’hui, il y a un problème à nos frontières. Les produits qui arrivent ne sont pas contrôlés et la population est exposée du danger», a-t-il signifié, avant d’inviter la population à la vigilance pour protéger et sécuriser son environnement. Il a aussi ému le vœu de voir la population s’informer et se former pour lutter contre les pesticides chimiques. Pour sa part, Philippe Butshayi, président des étudiants à la Faculté des Sciences agronomiques et environnement à l’Université de Kinshasa, a salué cette initiative louable d’organiser cette activité visant à sécuriser et à protéger l’environnement contre les produits toxiques.

Mymye MANDA

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