Société

Après l’accident routier du 2 mars 2017: à Selembao, les commerçants réclament l’érection d’un marché

Au regard des accidents de circulation auxquels sont exposés les vendeurs sur l’avenue de la Libération, ex-24 novembre, près de la maison communale de Selembao, les principaux intéressés réclament l’implication des autorités politico-administratives pour la construction d’un marché public répondant aux normes. Dans l’entretemps, les commerçants continuent d’exercer leurs activités en vendant le long de cette avenue, étalant leurs produits à même le sol, si pas en pleine chaussée.
La commune de Selembao est dépourvue d’un marché public moderne où les habitants peuvent s’approvisionner en produits de première nécessité. Un groupe d’entre eux sollicitent l’implication des autorités politico-administratives de la ville province de Kinshasa pour la construction urgente d’un marché, comme c’est le cas dans d’autres communes de la capitale. A Selembao, une des municipalités populaires de la partie occidentale de la ville de Kinshasa, nombreux sont ceux qui ne vivent que du petit commerce et de la débrouillardise. Faute d’un marché public répondant aux normes, ils étalent leurs marchandises le long de l’avenue de la Libération, ex-24 novembre, parfois à même le sol. En plus des risques de circulation encourus dans cette voie à grand trafic empruntée le plus souvent par des chauffeurs ignorant tout du code de la route, ces commerçants s’exposent également à l’insalubrité des lieux envahis par des eaux stagnantes et boueuses.
Carence d’un marché moderne à Selembao    
Des accidents routiers sont régulièrement signalés sur cette avenue. Certains sont même à la base de nombreuses pertes en vies humaines. Force est noter qu’une fois l’émotion de l’événement meurtrier passée, tout le monde plonge dans l’oubli, au lieu de chercher les voies et moyens de combattre le mal à la racine. «Nous n’avons pas beaucoup de choix. Soit nous vendons, soit nous mourrons de faim, n’ayant pas d’autres activités pouvant soutenir nos familles», a déclaré Marie Hélène, vendeuse de fruits saisonniers, réitérant l’appel à l’érection d’un marché afin de prévenir les risques d’accidents. «Nous n’avons pas un marché public dans la commune de Selembao, où nous pouvons écouler nos marchandises comme c’est le cas dans d’autres municipalités de Kinshasa. Et pourtant, c’est ce marché qui accueille le gros des produits vivriers en provenance du Kongo Central. L’aménagement de ce lieu de négoce nous évitera la commercialisation des denrées de première nécessité sur la voie publique et, partant, nous épargnera des surprises désagréables liées aux accidents de circulation», a plaidé Maman Mymy, vendeuse d’épices et avocats.
Grave accident de circulation du 2 mars 2017 relégué dans les oubliettes
Le 2 mars 2017, un accident de circulation a occasionné la mort d’une quarantaine de personnes ainsi que plusieurs blessés graves sur l’avenue du 24 novembre, non loin d’une station de distribution d’essence à un moment de grande affluence. Madame Lukeni, rescapée de cet accident a témoigné : «J’ai échappé in extremis à cet accident de circulation causé par un camion de la société de panification UPAC en provenance de l’UPN. Comme ce véhicule avait des ennuis techniques, il a dévalé la pente à grande vitesse pour terminer sa course sur les vendeurs qui avaient étalé leurs produits à même la chaussée. Bilan, plusieurs morts et des blessés graves». Elle a renchéri: «la commune de Bumbu dispose d’un petit marché dont la capacité ne peut pas résorber la forte demande des petits commerçants. Si quelques années plus tôt, le nombre de vendeurs était dans des proportions compatibles avec l’espace disponible, tel n’est plus le cas aujourd’hui où tout le monde s’est lancé dans la débrouillardise au point de nous répandre même sur la grande avenue du 24 novembre sans tenir compte des risques que cela comporte», a conclu Madame Lukeni. Il sied de noter que ce n’est pas hier que cette avenue a commencé à accueillir les commerçants. Certains vendeurs sont là depuis des années. Ils se disent satisfaits d’exercer leur commerce à cet endroit, en dépit des difficultés rencontrées sur place notamment les accidents de circulation, les actes de banditisme, l’insalubrité, etc. «Je suis là depuis 1996. Après la mort de mon époux en 2002, le commerce des épices m’a aidée à subvenir aux besoins quotidiens de ma famille. Avec CDF 30.000 que je gagne par jour, je peux payer entre autres le loyer, la scolarité de mes 6 enfants», a indiqué Madame Lukombo.
Les vendeurs s’acquittent des taxes en bonne et due forme
Elle a toutefois ajouté qu’en plus des accidents de circulation, les vendeurs sont exposés aux intempéries car ils ne disposent pas d’endroit convenable où s’abriter. «La police nous somme régulièrement de quitter le lieu. Mais nous trouvons toujours un terrain d’entente car nous n’avons nul autre endroit où exercer nos petites activités. Par ailleurs, nous payons nos taxes en bonne et due forme», a-t-elle poursuivi. Madame Kisita, une autre vendeuse, a débuté son commerce de jus de fruit et d’avocats sur cette avenue en 2002. Grâce à ce commerce, elle a pu soutenir les études de sa deuxième fille à l’université, quatre ans après la mort de son époux. Elle regrette simplement que les autorités administratives n’aient pas tiré les leçons de ces accidents mortels pour placer les vendeurs dans de meilleures conditions de travail dans un site sécurisé et répondant aux normes urbanistiques. Quant à Sipi Bina Kunana, secrétaire communal de cette municipalité, son vœu est de voir les autorités de la ville doter sa commune d’un marché public moderne. Les recettes réalisées ne permettent pas de résoudre cette situation. D’où la nécessité de voir la commune de Selembao figurer en bonne place dans le plan de développement de la ville province de Kinshasa en termes d’infrastructures de base.
Grâce NGANGU
 
 

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