Société

Angel Waleli, couturière de carrière, se fait chantre de l’entreprenariat féminin

En près de décennies de carrière dans la couture, Angel Waleli Tube,
ancienne employé à l’UTEXAFRICA, aujourd’hui propriétaire d’un atelier
de couture portant son prénom «Angel» n’est pas à présenter au camp
UNIKIN, quartier du personnel de l’université dans la commune de
Lemba. Dans un entretien avec «AfricaNews» à la faveur du mois de la
femme, elle se fait chantre de l’entreprenariat féminin: «j’invite les
mamans qui sont assises dans leurs maisons sans rien faire à se lever
et apprendre un métier. Parce qu’il n’est jamais trop tard pour
apprendre. Il suffit juste d’aimer ce que l’on fait et de mettre un
peu de volonté pour y parvenir. La femme ne doit pas être mendiante,
elle doit plutôt se rendre utile en exerçant un métier». Interview.
Angel Waleli Tube, dites-nous comment vous vous êtes retrouvées dans ce métier?
Tout a commencé quand j’étais petite. J’envisageais être médecin ou
couturière. La couture a pris le dessus. Je l’accepte et j’aime ce
métier. Pour la petite histoire, j’ai suivi une formation en Coupe et
couture, à l’époque, au Centre féminin Maman Mobutu à la 13ème rue
Limete. D’ailleurs, les gens nous surnommaient «les pigeons verts» à
cause de notre tenue: une longue jupe et une camisole verte frappée de
l’effigie de maman Antoinette Mobutu. J’ai fini première de ma
promotion à la fin de la formation et j’ai obtenu un certificat avec
la mention la plus élevée. Du coup, je me suis rendue compte que la
couture était un atout pour moi. Pour m’enraciner dans le métier, j’ai
suivi une formation auprès d’une coutière sur l’avenue du Commerce à
Gombe, avant d’aller travailler pendant 18 ans à UTEXAFRICA. Après la
faillite de l’entreprise, j’ai décidé de coudre chez moi à la maison
jusqu’à ce que j’aie pu ouvrir mon propre atelier de couture. Dans mon
atelier, je forme des jeunes filles pour leur permettre de se prendre
en charge.
En autant d’années d’expérience en couture, quels sont selon vous les
avantages que procure ce métier?
A travers ce métier, je nourris ma famille, je réponds à certains
besoins dans mon foyer, mes enfants sont scolarisés avec mon travail.
Avec la situation sociale dégradante en RD-Congo, la femme a intérêt à
se positionner à travers un métier précis afin de survivre. La coupe
et couture est un métier d’une grande valeur, elle nécessite de
l’intelligence parce que pour bien coudre un habit il faut savoir
lire, écrire et calculer. Je m’oppose catégoriquement aux personnes
qui minimisent la coupe et couture, un métier qui aide énormément.
Quelles difficultés rencontrez-vous dans ce métier?
Le fait de rester assise pendant un long moment a des conséquences
néfastes sur la santé de la femme. La fatigue et les coupures
d’électricité sont également des contraintes qui nous empêchent de
bien avancer avec le boulot. Et par conséquent, il y a des
incompréhensions avec les clients. D’où il faut beaucoup de maitrise
pour bien faire ce travail.
Comment faites-vous pour fidéliser vos clients?
Je me sacrifie énormément pour finir en temps convenable les habits
des clients. De fois, je passe la nuit devant ma machine juste pour
tenir parole et satisfaire mes clients. Je m’arrange à mettre ma
touche particulière pour que les modèles de mes clients soient
toujours beaux, ainsi je les incite à revenir une prochaine fois. Ils
sont toujours satisfaits par mon travail.
C’est le mois de mars, mois dédié à la femme, vous entant que
couturière quel rapport faites-vous entre le pagne et la femme?
Le pagne donne de la valeur à la femme. Quand une femme est habillée
en pagne c’est beau à voir. Elle est différente des autres. J’invite
les mamans à inciter leurs filles au port du pagne parce que le pagne
est la vraie identité de femmes africaines. Elles doivent le mettre
avec conscience et non vaille que vaille.
Toujours en rapport avec ce mois de la femme, quel conseil donnez-vous
aux femmes RD-congolaises?
J’invite les mamans qui sont assises dans leurs maisons sans rien
faire à se lever et apprendre un métier. Parce qu’il n’est jamais trop
tard pour apprendre. Il suffit juste d’aimer ce que l’on fait et d’y
mettre un peu de volonté pour y parvenir. La femme ne doit pas être
mendiante, elle doit plutôt se rendre utile en exerçant un métier.
Gloria NSEYA

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