Société

Alerte à l’affaissement d’un building à Gombe

La vue d'un 'immeuble qui s'est affaissé dernièrement au quartier GB
La vue d’un ‘immeuble qui s’est affaissé dernièrement au quartier GB
Alors qu’ils avaient obtenu l’autorisation de bâtir un immeuble à deux étages dans le quartier SOCIMAT, Maduma et consorts ont résolu de passer à six niveaux sans en référer aux services compétents. L’ouvrage viole les normes urbanistiques et constitue un risque d’écroulement susceptible de causer mort d’hommes et préjudicier l’environnement. Avis de Bisimwa Kaboyi, chef de la Division urbaine de l’Urbanisme de Lukunga, qui sonne le tocsin et ordonne la suspension des travaux
Bisimwa Kaboyi entend non seulement anticiper. Il veut aussi et surtout faire appliquer l’autorité de l’Etat en stoppant net la démesure de Maduma et ses amis. D’où sa décision, laquelle constitue aussi une alerte en direction entre autres du ministre de l’Aménagement du territoire, Urbanisme et Habitat, Infrastructures, Reconstruction et Travaux publics, du gouverneur de la ville de Kinshasa, du procureur près la Cour d’appel de la Gombe, du procureur près le Tribunal de Grande instance de la Gombe, le bourgmestre de la commune du même nom et, bien entendu, la population.
Expert en urbanisme, l’ingénieur Bisimwa a dû frémir à la suite des plaintes des voisins. Les plaignants ont notamment dénoncé le fait que Maduma réalise les travaux en marge de l’autorisation de bâtir d’un immeuble à deux étages lui délivrée depuis 2007. Maduma a passé outre les instructions de l’autorité compétente. Depuis, il s’est mis à réaliser une tour à six étages sans en avoir demandé l’autorisation. «Cette situation viole, par conséquent, les prescrits de l’article 20 du décret du 20 juin 1957 sur l’Urbanisme», avise le chef de Division Bisimwa Kaboyi. Puis, plus inquiétant: «Le même immeuble viole l’intimité de vos voisins et constitue un risque d’écroulement qui pourrait préjudicier tout l’environnement».
Puis encore, usant de son autorité: «Cela étant, et en vue d’éviter une éventuelle catastrophe, et compte tenu de la plainte formulée par vos voisins, je vous demande de suspendre, dès réception de la présente lettre, tous les travaux de construction en cours de réalisation dans la parcelle ci-dessus, d’évacuer tout le personnel du chantier, hormis le service de gardiennage…»
Soucieux de disposer de tous les éléments susceptibles de déterminer une décision définitive, le chef de Division Urbaine de l’Urbanisme de Lukunga enjoint à Maduma de lui transmettre la note de calcul de stabilité et de structure des éléments porteurs de la partie ajoutée, les études de redimensionnement de la fondation par rapport aux étages supplémentaires, l’autorisation de bâtir renouvelée -étant donné que la première a expiré- et la note de perception justifiant le paiement de la taxe de bâtisse des étages supplémentaires.
Faute de fournir ces détails, Maduma s’exposera à des poursuites judiciaires, prévient Bisimwa, non sans demander au bourgmestre de la Gombe de veiller à la stricte application de cette mesure préventive.
A l’Urbanisme et au gouvernement provincial de Kinshasa, l’heure n’est plus à la complaisance depuis qu’un immeuble de six étages s’est affaissé le 14 octobre dernier, dans le même quartier de SOCIMAT, toujours à Gombe, pour non-respect des normes de construction. Le gouverneur de la ville, André Kimbuta Yango, a récemment décidé de suspendre les travaux de construction d’un immeuble hors normes dans le quartier Bon Marché, commune de Barumbu. L’autorité urbaine a aussi interdit la circulation aux alentours de l’ouvrage dangereux en attendant de procéder à sa destruction.
En juin 2009, un autre immeuble en construction sur un terrain marécageux, s’était englouti dans la boue à Barumbu, non loin de la prison militaire de Ndolo, faisant des morts et des blessés graves.
Tino MABADA     

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