Société

Alda Lembadikani: «La femme à un grand rôle dans la société, elle ne doit pas se sous-estimer»

Membre et comptable de l’ONG Organisation des femmes pour le développement intégrale et communautaire -OFEDICO-, Alda Lembadikani a, dans un entretien avec «AfricaNews», appelé la femme RD-congolaise à capitaliser le mois de mars, entièrement dédié à la femme, et à comprendre la quintessence de la Journée internationale de la femme, tout en prenant conscience de ses capacités de faire avancer les choses. Alda Lembadikani, tout en déplorant les abus constatés le 8 mars dernier lors de la célébration de cette journée, est d’avis que la femme a un grand rôle à jouer dans la société et ne doit donc pas se sous-estimer. Elle a estimé que la femme pourra y parvenir si elle sait «suivre des formations et s’informer afin de devenir performantes et compétitives pour occuper aussi des postes décisionnels». Interview.
Quelle est votre mission entant que membre et comptable de l’ONG OFEDICO?
L’ONG OFEDICO est une association sans but lucratif qui s’occupe des femmes. Elle a pour mission de les sensibiliser à l’auto-prise en charge, les sensibiliser face aux violences faites à la femme. Aux jeunes filles, nous conscientisons à reprendre le chemin de l’école. Pour atteindre ses objectifs, notre ONG organise des ateliers, des échanges ainsi que des journées de partage d’expérience entre femmes pour que les plus fortes puissent aider les faibles.
Quel sens accordez-vous au mois de mars dédié à la femme?
Le mois de mars est un moment favorable permettant à la femme de réfléchir sur son développement et de dégager ce qu’elle peut faire pour aller de l’avant. Et la Journée internationale de la femme trouve son origine dans la détermination des femmes du monde d’affirmer leur dignité, de se prononcer et de soutenir l’égalité des droits entre tous les humains pour arriver à la parité entre homme et femme. La femme doit prendre son temps pour revoir tout ce qu’elle a déjà fait et voir ce qu’il faudrait encore faire pour apporter sa contribution au développement de son pays. Pour la femme RD-congolaise, ce mois devrait l’aider à comprendre le grand rôle qu’elle a à jouer dans son pays, son ménage, son milieu de travail, bref dans son milieu de vie.
Pensez-vous que la femme RD-congolaise a-t-elle compris le sens de la journée du 8 mars?
A mon avis, la femme RD-congolaise n’a pas encore compris le sens de cette journée. La plupart de femmes sont encore dans la distraction et voient encore la journée du 8 mars comme une occasion pour le port de pagne, pour aller dans des terrasses, prendre la bière et se réjouir. Pourtant, elle est une journée de réflexion pour trouver une issue en vue de construire la RD-Congo. J’étais personnellement choquée quand, le 8 mars dernier, j’ai vu certaines femmes se souler dans des bistrots et d’autres porter des pagnes avec indécence et à moitié nues. Cela montre à suffisance que certaines femmes RD-congolaises n’ont pas encore compris le sens de cette célébration.
Quelles pistes de solution vous proposez pour récupérer ces femmes?
Il faut une sensibilisation intense pour conscientiser ces femmes qui s’adonnent aux futilités au lieu de réfléchir. Aux ONG et associations œuvrant pour la promotion de la femme, je les conseille d’organiser beaucoup plus de journées de sensibilisation en faveur de la femme. Pour notre part, nous avons déjà organisé des journées de sensibilisation et nous prévoyons encore d’autres jusqu’à la fin de ce mois de mars. De préférence, ces moments de sensibilisation peuvent intervenir bien avant le mois de mars afin de préparer la femme à mieux embrasser ce mois. Il faut aussi passer par les médias pour atteindre la majorité des femmes. J’exhorte enfin le ministère du Genre, famille et enfant à la sensibilisation intense afin que pareil scène désolant ne se reproduise plus dans l’avenir surtout pas lors de la Journée de la femme.
Que prodiguez-vous comme conseil à la femme RD-congolaise?
Si les hommes ont pu honorer la femme en lui dédiant tout un mois, c’est parce qu’ils reconnaissent au moins de quoi cette dernière est capable de faire pour l’évolution du monde. Mais, la femme elle-même s’ignore. Raison pour laquelle j’appelle la femme RD-congolaise à s’ouvrir dans tous les domaines de la vie, comprendre sa mission pour mieux l’accomplir, savoir son rôle dans la société. J’invite la femme RD-congolaise à ne pas se sous-estimer et à prendre les choses en main pour booster son pays. Pour y parvenir, ces dernières doivent suivre des formations et s’informer afin de devenir performantes et compétitives pour occuper aussi des postes décisionnels. C’est de cette manière que nous rendrons possible l’égalité de sexe.
Propos recueillis par Mymye MANDA

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