Société

Les Africaines lancent un appel pour un féminisme transformatif

Changer la narrative pour que la femme africaine puisse transformer sa situation en abolissant le patriarcat qui ne cesse de l’assujettir en étouffant son leadership Les femmes leaders de l’Afrique de tous les secteurs de la société à des divers postes de décision se sont réunies durant deux jours, du 24 au 25 août 2016 à Nairobi au Kenya dans le somptueux Safari Park Hotel. African women leaders symposium -AWLS-a été organisé sous le haut patronage du ministère des Affaires étrangères du Kenya. AWLS a offert un cadre de redynamisation du rôle de la femme pionnière à travers les dinosaures du mouvement féministe et l’exploration des jeunes femmes de talents.
 
L’objectif poursuivi par cette rencontre est de changer la narrative pour que la femme africaine puisse transformer sa situation en abolissant le patriarcat qui ne cesse de l’assujettir en étouffant son leadership. Environ 200 femmes africaines parmi lesquelles dont certaines sont venus des Etats- Unis et la Grande-Bretagne. Cette initiative régionale, première du genre, est boostée par le regroupement des plusieurs plateformes des femmes africaines dont l’organisme Développement des femmes africaines et réseau de communication -Femnet, Akili Dada et State of Union- Sotu- avec l’appui financier des divers partenaires tels que Oxfam, PNUD et UN Women.
 
Les femmes leaders africaines estiment qu’il faut un leadership transformatif qui doit découler de l’implication de la femme aux différents postes de décision. On doit allouer beaucoup de ressources aux femmes pour son hégémonie dans le secteur économique. A travers, leurs histoires personnelles, les participantes au Symposium des femmes leaders d’Afrique, candidates présidentes de la République, chefs d’entreprises, scientifiques, responsables des organisations des droits de la femme, ministres et parlementaires ont exploré les réalités actuelles auxquelles sont confrontées.
 
Ces assises ont connu la participation des femmes de renom à l’instar des ministres kenyans femmes des Affaires étrangères et de la Défense, Dr Amina Mohamed et Raychelle Omana, la directrice exécutive d’Oxfam international, Winnie Byanyima, et la cofondatrice du Fonds africain de développement, Bisi Adeley. Le forum a tourné autour des questions épineuses de la situation de la femme. Il s’agit notamment de la violence perpétrée contre les femmes dans les zones de conflits à l’instar de la RD-Congo, du Sud-Soudan, du Burundi, de la Somalie et du Tchad. On a noté la nécessité d’un financement pour assurer le renforcement des systèmes de prévention, de l’élimination de la violence contre les femmes et les filles.
 
Un constat amer s’est dégagé des différents tours de table sur l’impact des nouvelles guerres dont les champs de bataille ont été étendus aux corps des femmes. Lors des discussions qui se sont déroulées dans des différents panels, les femmes ont relevé les facteurs qui soutiennent et ceux qui entravent l’accès au pouvoir, et à l’autonomisation économique. Dans son mot d’ouverture, la ministre des Affaires étrangères du Kenya a déclaré que beaucoup de progrès ont été réalisés pour le leadership féminin, mais des défis à relever constituent encore des barrières. Elle a demandé aux femmes de mettre leurs talents en avant-plan pour atteindre une efficacité optimale dans le développement, tout en soulignant qu’il faut 118 ans de lutte à la gente féminine pour combler la lacune économique. Les femmes leaders ont lancé un appel aux jeunes filles pour la pérennisation du combat de leadership féminin. De leur côté, les jeunes femmes africaines présentes au Symposium de Nairobi ont souligné la nécessité d’un encadrement pour la durabilité des droits des femmes et l’impulsion créative dont fait montre la jeunesse.
 
Face au manque d’emplois décents pour les jeunes femmes et les jeunes hommes, les jeunes femmes ont ouvert la voie aux idées les plus novatrices qui combinent à la fois l’entrepreneuriat social et la création d’emplois sur le continent. Dans son intervention, Winnie Byanyima, directrice exécutive d’Oxfam et première femme ingénieur africaine dans l’aviation, a haussé le ton et a, d’une part, marqué son indignation sur ce qui se passe aujourd’hui en Afrique. Elle a invité les femmes à prendre le courage d’interpeler les hommes pour leur faire savoir que les choses ne marchent pas. D’autre part, elle a souligné l’élan positif qui consacre 25% des participations féminines au niveau parlementaire après deux décennies de lutte. D’une façon unanime, les femmes leaders, présentes au Safari Park Hotel, ont inscrit, chacune, sur des affiches plantées sur la façade de la salle de congrès, leurs stratégies en termes de contribution concrète pour changer leur trajectoire. En outre, dans son mot de clôture, Raychelle Omamo, ministre de la Défense du Kenya, a déclaré que la somme d’efforts fournis sera déterminante pour consolider le mouvement des femmes.
 
Christiane MUNOKI EKAMBO
Depuis Nairobi

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