Politique

Turbulences à l’Union sacrée: Bahati, la prochaine cible?

La thèse d’un plan visant à exclure quiconque pourrait gêner la candidature du Président Tshisekedi en 2023 court…

L’Union sacrée de la nation -USN-, plateforme politique initiée par le Président Félix Tshisekedi pour se soustraire de la coalition FCC-CACH, est en train de transverser une zone de turbulence. Raison: des ténors de cette coalition seraient disposés à exclure toute candidature susceptible d’empêcher la réélection de Félix Tshisekedi en 2023, selon plusieurs analystes accrochés à l’évolution de l’actualité politique en République Démocratique du Congo.

Après Moïse Katumbi, dont la démarche d’une éventuelle exclusion à la prochaine présidentielle aurait été enclenchée avec la Loi Tshiani, à en croire la menace brandie par son parti, c’est peut-être le tour de Modeste Bahati Lukwebo, président du Sénat. Il n’est peut-être pas important de rappeler le cas Kamerhe, cueilli par la justice en dépit de son statut de Directeur de cabinet du Président de la République, et condamné au motif d’avoir détourné les fonds destinés à certains travaux du programme d’urgence de 100 jours du Chef de l’État.

Une condamnation largement remise en question par l’opinion publique, estimant que c’est un stratagème politique pour rendre VK non éligible en 2023. Il n’est pas non plus important d’évoquer le cas Matata Ponyo qui, au terme d’un long feuilleton, a finalement vu ses immunités voler en éclats. Et si Matata est un adversaire étranger à l’Union sacrée, la thèse d’un plan d’élimination progressive de toute concurrence directe à la candidature du Président Tshisekedi en 2023 court… Et chaque détail compte désormais.

Selon des médias parus le week-end à Kinshasa, parallèlement à la démarche ciblant Katumbi, c’est maintenant au tour de Bahati Lukwebo de faire son chemin de la croix. Dauphin constitutionnel du Chef de l’État, le speaker de la Chambre haute fait l’objet de toutes les suspicions parfois prises tellement au sérieux que le leader de l’AFDC-A est perçu comme un élément encombrant, mieux comme l’adversaire de Fatshi en 2023.

Selon le site “observateurindépendant.net”, il est “reproché à Bahati de n’avoir pas observé les consignes du Chef de l’Etat lors de l’examen du réquisitoire du Procureur portant levée des immunités d’Augustin Matata Ponyo, accusé de détournement des fonds destinés au projet Bukanga Lonzo”. Au site de renchérir que ce jour-là, les sénateurs, en toute conscience et liberté, ont choisi de ne pas autoriser les poursuites judiciaires contre Matata Ponyo, posant la question de savoir où se trouve la faute de Bahati.

L’interrogation, au-delà de valoir son pesant d’or, tente tacitement et explicitement de faire comprendre que Bahati n’en est pour rien, tant il ne lui appartient pas de surveiller les différents partenaires de l’USN au moment des votes les plus significatifs au Parlement. Faut-il mettre à l’actif du speaker de la Chambre haute du Parlement l’inconstance et la maffia déjà décriées par le Président Félix Tshisekedi au sein de l’Union sacrée?

Pas politiquement correct quand l’on sait que son bureau a autorisé la Cour constitutionnelle de poursuivre Matata Ponyo dans le dossier relatif aux indemnisations des victimes de la Zaïrianisation. Et ce, en dépit du fait que la session ordinaire a déjà été clôturée. Cet acte, selon certains observateurs, est la preuve de la franche collaboration qui caractérise le Sénat vis-à-vis des autres institutions du pays, notamment la justice.

Pourtant, dans certains états majors alliés, l’on n’entend pas les choses de cette oreille, tellement les attitudes des militants sur les réseaux sociaux laissent supposer une détermination à caporaliser tout le monde, sinon à anéantir politiquement quiconque entreprend de jouer à l’électron libre. Selon les mêmes médias, il se constate Pour ce faire, il se constate cependant une campagne de diabolisation contre un personnage qui aura été d’un apport manifeste pour renverser la coalition FCC-CACH, réputée gênante pour la matérialisation du programme de gouvernance du Président Félix Tshisekedi. Qu’adviendrait-il à l’USN si aujourd’hui Bahati en arrivait à claquer la porte?

Nombreux sont ceux qui craignent le pire estimant qu’une majorité mise en place sur base des arrangements politiques peut à tout moment éclater si le respect des engagements et des partenaires n’est pas garanti.

Laurent OMBA

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