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Plus de six mois impayés: qui en veut à Florent Ibenge?

Depuis que le jeune entraîneur préside aux destinées de la nationale RD-congolaise, les Léopards sont revenus dans le carré d’as: médaillés de bronze en janvier 2015 en Guinée Equatoriale avec la troisième place décrochée à la phase finale de la CAN, médaillés d’or au CHAN Rwanda 2016
Après une longue période d’éclipse, l’équipe nationale de football de la RD-Congo a retrouvé ses marques jusqu’à reprendre sa place au soleil parmi la fine fleur du sport continental. Il a fallu du temps, beaucoup de temps pour que les Léopards parviennent à se re-propulser dans le peloton de tête. Les feux d’artifices qu’ils ne cessent d’allumer sur maints terrains des pays africains, voire européens inspirent désormais confiance et respect.
Les RD-Congolaises et RD-Congolais longtemps sevrés de victoires retentissantes sur la scène africaine, se permettent désormais de bomber le torse. Les Léopards qui ont jadis fait trembler tout le continent africain, sont sur la bonne voie pour rééditer les exploits de leurs aînés qui se sont fait coiffer la couronne des lauriers par deux fois à Addis-Abeba en 1968 devant l’empereur Hailé Sélassié et au Caire en 1974. A cela s’ajoute leur participation à la phase finale de la Coupe du monde de football organisée en Allemagne Fédérale en 1974.
Florent Ibenge propulse les Léopards dans le peloton de tête
Depuis que le jeune entraîneur Florent Ibenge Ikwange préside aux destinées de la Nationale RD-congolaise, les Léopards sont revenus dans le carré d’as.
Médaillés de bronze en janvier 2015 en Guinée Equatoriale avec la troisième place décrochée à la phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations. Médaillés d’or au début de cette année 2016 au Rwanda en Championnat d’Afrique des Nations réservée aux joueurs évoluant dans leur pays sur le continent.
En passant, les Léopards ne se sont pas privés de fixer tous les ambassadeurs sportifs des pays limitrophes en inscrivant à leur tableau de chasse la peau des Diables Rouges du Congo, des Palancas Negras d’Angola et des Amavubi du Rwanda. Les souvenirs des liesses populaires d’une très forte intensité sur toute l’étendue du pays sont encore vivaces dans la mémoire individuelle et collective des RD-Congolaises et RD-Congolais.
Ce que les opérateurs politiques, toutes tendances confondues, s’époumonent de réaliser sans jamais réussir, les poulains de Florent Ibenge Ikwange l’ont obtenu en mouillant à l’unisson leurs vareuses, culottes et bas. Du coup, leurs productions ont planté le décor pour le retour de l’unité nationale, la cohésion nationale, la communion d’esprit tant réclamées par tous.
Aujourd’hui, les Léopards se trouvent à deux doigts de la qualification pour la phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations prévue en janvier 2017 au Gabon. Mais l’obtention du blanc-seing passe par une victoire devant l’équipe nationale centrafricaine le 3 septembre 2016 dans le chaudron du stade des Martyrs à Kinshasa.
C’est un virage serré car très souvent, les Léopards ne semblent pas très à l’aise quand ils évoluent intramuros où des gens malintentionnés se plaisent toujours à leur placer des bâtons dans les roues par des pratiques surannées. Suivez mon regard.
Des arriérés de salaire de plus de six mois!
Les férus du ballon rond se demandent si ce décor ne serait pas planté au regard de la dernière sortie médiatique de l’entraîneur national, ce procurateur de la joie que de grosses pointures planquées dans l’ombre s’acharnent à déstabiliser.
Aussi curieux que cela puisse paraître, Florent Ibenge Ikwange se plaint d’accumuler des arriérés de salaire de six mois, se contentant uniquement des primes. Sans blague! Et pourtant, la vague est venue de loin. En scrutant le passé tumultueux des encadreurs de l’équipe nationale de football, force est de relever une constante.
Chaque fois que la direction de cette formation regroupant les meilleurs artilleurs du pays, est confiée à un digne fils de la RD-Congo, le paiement de ses émoluments pose toujours problème.
Autant, les gestionnaires du sport national s’empressent de libérer les salaires des entraîneurs expatriés, quelquefois après le boucan des journalistes sportifs, autant ils traînent les pieds quand il s’agit d’honorer les engagements pris vis-à-vis de leurs compatriotes entraîneurs.
Les Akwete Beni Malonga, Thambwe Leya, Prof Watunda Liyolo, Médard Lusadisu, Jean Santos Muntubile Ndiela… en gardent d’amers souvenirs. Aujourd’hui, c’est au tour de Florent Ibenge Ikwange de boire la tasse.
L’opinion se souviendra que lors de la campagne rwandaise, le coach national et ses collaborateurs ont travaillé dans des conditions extrêmement difficiles exacerbées par le chauvinisme de certains dirigeants et journalistes sportifs.
Ceux qui avaient la responsabilité de délier le cordon de la bourse, sont entrés dans la danse au point de mettre à rude épreuve le moral de l’équipe nationale. Fort heureusement, le coach congolais a monté un groupe solide et soudé qui est parvenu à transcender les multiples coups bas administrés au départ du pays.
 
Quand le chef de l’Etat reconnaît les difficultés et les mérites du coach national
Le Chef de l’Etat Joseph Kabila Kabange a eu l’élégance de reconnaître les difficultés et les mérites du sélectionneur congolais et de son staff lorsque les Léopards lui ont fait l’honneur de lui présenter les trophées ainsi que les médailles remportés à Kigali.
Le Président de la République est passé à l’acte en octroyant à ces vaillants fils du pays des cadeaux appropriés. Le go donné par le premier des citoyens devrait servir d’exemple à tous les échelons.
Qu’est-ce qui fait que l’entraîneur des Léopards demeure encore dans le collimateur des argentiers de l’Etat qui se plaisent à thésauriser ses émoluments comme si c’était une faveur? Malgré la faible hauteur de son salaire rabattu au tiers de celui accordé par l’expatrié qui l’avait précédé, le travail de titan abattu par le coach Ibenge est là porteur de fruits, palpable, tangible, digne d’éloges.
Ibenge coachez! Partout ailleurs sur le continent, des offres alléchantes ne cessent de lui être proposées. Mais en vrai patriote, il préfère avant tout servir sous le drapeau national. Jusques à quand l’impunité va couvrir les actes des financiers de la République ? Il est anormal que les droits des personnes soient tout le temps transformés en faveurs.
L’entraîneur national ne réclame pas l’aumône, mais plutôt le fruit de la sueur de son front conformément au contrat qui le lie aux instances sportives du pays.
Suivre l’exemple des Nations engagées dans l’Euro 2016
Les Léopards entendent concentrer tous leurs efforts sur le rendez-vous de septembre 2016.
Les résultats du match contre la République centrafricaine vont certainement booster leurs chevauchées pour la suite des rencontres éliminatoires de la Coupe du Monde prévue en Russie en 2018.
Il va de soi que toutes les dispositions soient prises pour placer les internationaux et leur staff dirigeant dans les meilleures dispositions morales, matérielles et financières. Les images des rencontres disputées par les équipes nationales européennes dans le cadre de l’Euro 2016 en France sont encore fraîches dans les esprits.
Les gouvernements des Nations engagées n’ont pas lésiné sur les moyens. Les engagements pris ont été respectés, même après l’élimination des unes et des autres. Si cela peut éclairer la lanterne des dirigeants congolais dont la plupart, sans avoir contribué à quoi que ce soit, n’attendent malheureusement que les résultats pour sabler le champagne et oublier royalement les procurateurs de cette liesse populaire à l’échelle nationale…
Tino MABADA

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